Décidément, le poste de gardien de but est un sacré sac de nœuds au PSG. Depuis de nombreuses années, aucun titulaire n'a pu travailler avec un minimum de tranquillité. Même Gianluigi Donnarumma, deux fois Prix Yachine, n'a pas souvent eu la paix mais quand il l'a vraiment eue, le PSG est devenu champion d'Europe.
Luis Enrique a fait son choix : ciao Gigio, bienvenue Lucas Chevalier. Pour le gardien français, ce départ suivait une certaine forme de logique. Élu meilleur gardien de Ligue 1 par ses pairs en 2025, le Nordiste a démontré sur la durée ses aptitudes avec Lille, faisant preuve d'une grande maturité. Ses premières convocations avec les Bleus et son rapide passage de numéro 3 à doublure Mike Maignan relevaient de la logique.
La C1 avec le PSG, un rôle à appréhender
Mais c'est comme s'il y avait toujours eu un doute le concernant depuis son arrivée au PSG. Malgré une séance de tirs au but réussie contre Tottenham en Supercoupe d'Europe, Chevalier n'a pas connu la sérénité, au point que Matveï Safonov s'est converti en véritable menace. Le Russe, qui n'avait déjà aucun problème à se comparer à Donnarumma, n'a pas renoncé à la place de numéro 1. Et si Luis Enrique a pris la défense du Français plusieurs fois, la moindre hésitation est montée en épingle. C'est une pression que Chevalier ne connaissait pas et elle s'est amplifiée à la fois en raison de la victoire de son nouveau club en Ligue des champions, mais aussi parce qu'il a coûté 55M€.
S'il a certes encaissé 13 buts en 16 journées de championnat, Chevalier a réalisé 8 cleansheets, soit 50 % de ses sorties. Or, en réalité, ce n'est pas sur la scène domestique que le bât blesse. En C1, le bilan est précaire : une seule cleansheet lors du premier match contre l'Atalanta (4-0) et 11 buts encaissés lors des 5 autres parties. Si cela peut être atténué quand le PSG gagne, c'est beaucoup plus visible quand il y a une défaite. Ce fut le cas contre l'OM en septembre en Ligue 1, contre le Bayern et le Sporting CP en Ligue des champions. De quoi relancer le débat avec Safonov, étincelant lors de la séance de tirs au but en finale de la Coupe intercontinentale contre Flamengo. Sans une blessure, précisément lors de cette séance, le Russe aurait peut-être conservé sa place. Mais ce serait aussi oublier ses atermoiements la saison dernière, notamment contre le Bayern en phase de ligue.
Est-ce un manque de leadership et de personnalité dans un vestiaire victorieux qu'il a incorporé après une saison exceptionnelle ? Ou est-ce simplement un miroir grossissant ? Chevalier débute un nouveau chapitre de sa carrière qui peut potentiellement l'amener à être titulaire de l'équipe de France après la Coupe du monde. La particularité du poste fait que les hésitations sont immédiatement perçues, commentées et amplifiées. En l'espèce, si Chevalier est sur la corde sensible, c'est aussi parce que le PSG a connu des blessures, notamment celle d'Achraf Hakimi, des méformes généralisées, une charnière moins souveraine.
Dans un collectif en quête d'un nouveau souffle, Chevalier n'a pas encore réussi à s'affirmer, comme s'il était encore sur la pointe des pieds, principalement sur la scène continentale, un niveau qu'il ne découvre pas mais qu'il doit encore appréhender dans un contexte tout à fait différent. Déstabilisé, il doit prouver qu'il a la carrure pour le poste. Question de temps ou quête vaine ? C'est à lui de répondre.
