Fabio Quartararo, la saison s'annonce longue
"El Diablo" arrive dans sa dernière année de contrat chez Yamaha et ce n'est certainement pas en 2026 qu'il retrouvera de la compétitivité. Une semaine avant le lancement de la saison, le Niçois l'assurait déjà haut et fort : l'écurie japonaise n'était pas prête.
Lors des tests hivernaux, outre une chute dès le premier jour, Quartararo avait ensuite appris que son équipe avait renoncé à une journée de roulage à Sepang en raison d'un problème technique. Désormais équipée d'un V4, rompant avec le moteur en ligne historique, la M1 n'est pas au niveau escompté. Lors des derniers tests en Thaïlande, il annonçait la débâcle : "on s'attendait à mieux mais parfois cela ne se passe pas comme prévu. On commence à comprendre dans quelle direction il faut aller, à y voir plus clair. Mais en termes de performance, nous sommes quasiment une seconde plus lent que l'an dernier".
Dans les colonnes de L'Équipe mardi, il ne décolérait pas : "après les tests, j'ai compris qu'il ne pouvait pas y en avoir. Ce qui m'a fait comprendre aussi qu'il fallait que je change un peu d'état d'esprit, que je sois plus cool. Parce qu'au final, on n'a pas vraiment fait d'amélioration depuis septembre, et il est encore plus compliqué d'en faire durant la saison".
16ᵉ sur la grille, 16ᵉ de la sprint, 14ᵉ du Grand Prix : Quartararo ne s'attendait à rien et il est quand même déçu. Samedi, il a terminé à plus de 15 secondes de Pedro Acosta, alors que la course ne faisait que 13 tours. Dimanche, s'il a pris deux points, il a aussi terminé à 30 secondes, ce qui confirme l'écart de chrono.
Johann Zarco, des motifs de satisfaction
Pour sa dixième saison en MotoGP, le Cannois veut conserver son statut de meilleur pilote Honda (12ᵉ en 2025) et, contrairement à son compatriote qui pourrait devenir son coéquipier si Quartararo devenait pilote officiel la saison prochaine, il est très satisfait des efforts fournis par son team : "il n'y a vraiment rien à voir avec la moto d'il y a deux ans, et même avec celle de l'année dernière, a-t-il expliqué dans L'Équipe. C'est beau de voir la somme de travail qui a été faite".
Son objectif est donc d'être content "au moins 17 fois" sur les 22 courses du championnat, en comparaison des "7 ou 8" de 2025. Ce weekend en Thaïlande fera-t-il partie des satisfactions ? Qualifié en Q2 mais finalement 12ᵉ sur la grille, Zarco est sorti frustré de la sprint comme il l'a expliqué après coup : "c'est dur de se battre et de ne marquer aucun point. Ça aurait été possible de marquer un point aujourd'hui, mais j'ai fait des erreurs. Le départ a été bon, le premier virage très correct, le virage 3 sous contrôle, mais au moment de prendre la corde, j'ai élargi et j'ai perdu des places".
C'est la bataille avec la concurrence qui lui a le plus coûté, car il a craint la chute : "j'arrive à être très régulier dans ma vitesse de passage et pour trouver un bon rythme, mais quand il faut que je me batte avec d'autres pilotes, je perds trop de temps par rapport à ce que je pourrais faire".
Dimanche, il a ouvert son compteur avec une 11ᵉ place qui lui a valu 5 points, juste un rang derrière Luca Marini et deux devant son coéquipier chez LCR, le rookie brésilien Diego Moreira. "J'ai eu le contrôle que je souhaitais pendant la course, a-t-il analysé. J'ai eu l'énergie, j'ai essayé d'économiser mes pneus, de contrôler l'écart avec le pilote devant moi. Par contre, il me manquait clairement du rythme. Je le sentais parce que je n'arrivais pas à rester au contact des autres, notamment de Marini au début".
S'il aurait aimé attaquer davantage en fin de course, il s'est finalement fait une raison car, contrairement à Marc Márquez et Joan Mir, il a pu finir et scorer.
