Pas de Lamine Yamal ni de Nico Williams : pour débuter la compétition, Luis de la Fuente a misé sur Ferran Torres associé à Mikel Oyarzabal, avec la surprise Gavi ailier gauche. L'Espagne a buté contre le bloc compact et assidu du Cap Vert qui disputait son tout premier match de Coupe du monde.
Le bilan, c'est le premier 0-0 de la compétition, un résultat magnifique pour les Requins bleus et un besoin immédiat de remise en question côté espagnol. Mais après tout, en 2010, la Selección avait perdu d'entrée contre la Suisse (1-0), avec l'épilogue que l'on connaît.
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Vozinha écoeure la Roja
Sans surprise, l'Espagne a pris possession du ballon, sans intention de le céder au Cap Vert. Le travail de sape n'a pas provoqué d'occasions tranchantes durant le premier quart d'heure, hormis sur un centre aérien de Marcos Llorente à destination d'Oyarzabal, trop court (12e), et un tir écrasé à 20 mètres de Pedri (15e).
Les débordements de Llorente ont fait craquer Sidny Lopes Cabral, quitte pour un carton jaune après avoir arrêté le latéral avec une main dans le visage (16e). Les circuits de passes se sont intensifiés après la désormais traditionnelle pause hydratation. Fabián Ruiz a été contré (29e) puis le néo-Merengue Marc Cucurella a mis beaucoup de force mais pas assez de précision avec son mauvais pied (30e). À ce moment-là, Oyarzabal est entré dans l'histoire du Mondial : depuis 1966, aucun joueur n'avait passé une demi-heure sans toucher le moindre ballon, preuve que les connexions offensives étaient délicates pour la Roja.
Si le drapeau s'est levé, la Selección a choisi la voie des airs pour désarçonner le bloc des Requins bleus. Pedri a trouvé a trouvé Cucurella qui a centré de la tête et, sur le second ballon, le Canarien a contraint Josimar Vozinha à une belle claquette (37e). Le patron était trouvé. Pour la deuxième occurrence, c'est Rodri qui a cherché la remise de Cucurella : Ferran a placé une reprise du droit à bout portant sur la transversale avant qu'Oyarzabal, de la tête ne soit frustré par Vozinha (40e).
Le côté gauche était privilégié. Cette fois, c'est sur un centre au sol que Cucurella a trouvé Ferran mais son tir du gauche a été capté par un Vozinha attentif (45e). Sur un corner sortant de Pedri, Aymeric Laporte a cru ouvrir le coffre-fort mais... Vozinha a sauvé son équipe du bout du gant (45e+3). Sur une dernière initiative, Oyarzabal n'a pas pu cadrer un centre piqué de Llorente (45e+4).
Lamine Yamal ne peut pas tout faire
Le début de deuxième période a été scandé par deux frappes hors cadre de Ruiz (47e, 50e) qui ont trahi une forme de précipitation de la part du Parisien, surtout sur la deuxième tentative après une récupération haute de Pedri.
Oyarzabal a fait passer un frisson dans les gradins d'Atlanta sur un centre-tir du gauche moitié volontaire-moitié churro qui, s'il avait été cadré, aurait trompé Vozinha qui avait anticipé sa sortie au large (53e).
Les ouvertures aériennes de Pedri constituaient une alternative pertinente mais Ruiz n'a pas pu appuyer sa tête alors qu'il avait pris la défense capverdienne à revers (57e). Laporte a aussi voulu donner une indication : frapper de loin pouvait aussi être une option, à condition de cadrer cependant (58e).
Après dix minutes de passes sans guère d'interêt, de la Fuente a profité de la deuxième pause hydratation pour faire entre Lamine Yamal et Mikel Merino, pour Gavi et Ruiz (71e). Dès les premiers crochets, salués par des supporters enfin sortis de leur torpeur, Lamine a créé un décalage pour Llorente et conclu par Merino, directement sur Vozinha (73e).
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Pour les dix dernières minutes, Dani Olmo a remplacé Ferran, guère performant pour son entrée en matière (81e). La stratégie était simple : tout sur Lamine. Le centre du Catalan prolongé par Merino a fini au second poteau sur Cucurella qui a mis plus de cheveux que de front dans sa reprise de la tête (82e).
Après une frappe du gauche nettement hors-cadre (85e), Rodri a cédé sa place à Williams pour enfin arriver à conclure un mouvement offensif digne de ce nom (87e). Cela a failli être le cas quand Lamine a lancé de l'extérieur Olmo mais la volée du droit d'Oyarzabal a été détournée in extremis par le dos de Roberto Lopes (88e).
À force de gâcher, l'Espagne a joué avec le feu. Sur une rare opportunité de contre, probablement la seule réellement menée, Kevin Lenini a tenté à 25 mètres, contré par Olmo. Sur le corner qui a suivi, Diney Borges s'est élevé plus haut que tout le monde et Unai Simón a été tout heureux de se trouver sur la trajectoire (90e). Ryan Mendes a tenté le shoot au buzzer, mais il a dévissé (90e+4).
Sur un dernier corner obtenu par Lamine Yamal, évidemment, Oyarzabal a coupé au premier poteau mais sans assez de force, et sans trouver Pau Cubarsí au second poteau (90e+5). Une allégorie parfaite d'un match manqué dans les grandes largeurs par la Roja, tandis que les Requins bleus ont pris un point historique amplement mérité obtenu avec beaucoup d'abnégation et qui prouve qu'ils ne sont pas là par hasard.
