La Chine, le "nouvel acteur" des Jeux paralympiques désormais attendu

La Chine, le "nouvel acteur" des Jeux paralympiques désormais attendu
La Chine, le "nouvel acteur" des Jeux paralympiques désormais attenduPhoto par LAN HONGGUANG / XINHUA / XINHUA VIA AFP

Quatre ans après avoir bouleversé la hiérarchie des Jeux paralympiques d'hiver, la Chine devrait à nouveau truster les podiums à Milan/Cortina (6-15 mars), forte de son héritage, mais désormais suivie de près.

En 2022, à Pékin, le pays-hôte avait surpris son monde avec un bilan saisissant: 61 médailles, dont 18 en or. Une performance jamais vue alors qu'il n'avait jusque-là glané qu'un titre : en curling, en 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud).

"On s'attendait à ce qu'il y ait un essor de la Chine, se remémore Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF), évoquant notamment une progression aux Jeux d'été en 2008 à Pékin, mais pas dans cette ampleur-là".

La surprise avait atteint jusqu'aux plus hautes instances paralympiques, le président de l'IPC, Andrew Parsons, admettant volontiers ne pas s'attendre à "les voir dominer le tableau des médailles et dans autant de sports". "Nous avons un nouvel acteur, qui élève un peu plus le niveau", avait-il ajouté auprès de l'AFP, il y a quelques mois. La Chine avait fortement investi dans le parasport d'hiver en vue d'accueillir les Jeux à domicile.

Selon les chiffres du CASPD (Administration chinoise pour le sport en faveur des personnes en situation de handicap), les dépenses budgétaires liées notamment aux projets pour les Jeux paralympiques d'été de 2021 (Tokyo) et d'hiver 2022 (Pékin) s'élevaient à plus de 530 millions de yuan en 2023, soit environ 77 millions de dollars.

En juillet dernier, le gouvernement central chinois s'était quant à lui félicité d'un fort "développement des sports de glace et de neige pour les personnes en situation de handicap".

"Des machines de travail"

Côté densité, là encore, les chiffres sont marquants: 96 athlètes pour les Jeux de 2022, contre 26 à Pyeongchang. Ils seront 70 athlètes en Italie pour une délégation totale de 167 membres selon le quotidien China Daily.

Nombreux étaient ceux à avoir été décorés de plusieurs titres à l'instar de la jeune Zhang Mengqiu (deux titres) en ski alpin ou de Liu Mengtao en biathlon. Le pays s'était aussi illustré en snowboard avec un peu plus de 40% de médailles possibles (10/24).

"Il a de plus en plus d'athlètes sur le circuit, et on voit qu'elles progressent car ce sont des machines de travail", constate la championne française de snowboard-cross Cécile Hernandez, dont l'ancien entraîneur "est devenu coach de la Chine".

"Avant Pékin, ils s'étaient cachés, complète-t-elle, on ne les a pas vus sur les Coupes du monde et championnats du monde. Mais là on les voit". Et peut-on imaginer une domination toujours aussi importante en Italie ?

"On constate que quand les nations montent suite à certaines éditions, elles ont tendance à rester dans le top, estime Gregory Saint Genies, DTN auprès de la Fédération française handisport, "est ce qu'ils feront aussi bien, ce n'est pas garanti, mais on peut imaginer qu'il y aura toujours l'héritage" pour un pays qui a la capacité "d'accélérer encore plus que les autres" en matière de performances.

"Après ils n'auront pas l'avantage de la connaissance de la piste comme à Pékin, poursuit Marie-Amélie Le Fur, donc on peut, peut-être espérer rivaliser un peu plus".