De la part de quelqu’un qui, très jeune, a choisi de représenter le Gabon pour honorer son père, Yaya, capitaine des Panthers, plutôt que sa France natale, on peut s’attendre à tout. Des choix hors des sentiers battus et classiques, ainsi qu’un engagement tout à fait singulier dans son métier. Pierre-Emerick Aubameyang, l’attaquant de 37 ans du Deportivo La Corogne, est bien plus qu’un avant-centre classique qui vit de ses exploits de buteur.
Son sourire est éternel, contagieux. De ceux qui portent l’Afrique dans chaque ride d’un attaquant expérimenté qui, après seulement un an d’exil en Arabie saoudite, a compris que son véritable habitat naturel était ailleurs. C’est-à-dire en Europe, là où la passion est profonde – cette passion que seule la mer peut transmettre. De la Méditerranée venteuse de Marseille à l’océan tempétueux de Galice (où son père est né), c’est lui qui déclenche les tempêtes.

Partout où il passe, il sème des tempêtes de buts à la vitesse du vent. Toujours rapide et dynamique, l’attaquant né en 1989 a débuté la Liga avec un but par match lors de ses trois premières apparitions avec les blanquiazules, qui ont retrouvé la Liga. Sur la plus grande scène du football espagnol, à La Corogne, on a ressenti le besoin de miser sur un vieux loup capable d’apporter non seulement une étincelle devant le but, mais aussi d’insuffler du caractère à toute l’équipe.
Garantie
Son arrivée sur la côte atlantique, un environnement qu’il n’avait jamais connu, a été rendue possible grâce à un transfert de seulement 1,5 million d’euros. Une somme déjà quasiment récupérée par la direction du Deportivo, qui constate que le vétéran a retrouvé l’enthousiasme de l’adolescent qui, jeune, avait été recruté par le Milan avant d’être écarté trop tôt. Mais Pierre-Emerick était trop enthousiaste et intelligent pour abandonner et il a construit une carrière de haut niveau en partant de zéro.

Une carrière qui, en Europe, lui a d’abord offert une Coupe de la Ligue avec le Saint-Étienne – le dernier titre des glorieux Verts, aujourd’hui en Ligue 2 – en délivrant une passe décisive lors de la finale face à Rennes. Ensuite, au sein de l’un des Borussia Dortmund les plus vibrants et enthousiasmants de l’histoire, il a remporté deux Supercoupes d’Allemagne consécutives. Son transfert à Arsenal lui a permis de vivre deux saisons de très haut niveau entre 2018 et 2020, où, avec 60 buts au total, il a contribué à la conquête d’une Coupe d’Angleterre et d’une Supercoupe anglaise.
Les années un peu anonymes entre Barcelone, Chelsea et l'Olympique de Marseille n’ont pas entamé son enthousiasme sincère et constant.

Et aujourd’hui, il a retrouvé toute son importance dans un contexte espagnol bâti sur l’amour et la loyauté. Quelque chose qui va bien au-delà des trophées, qui n’ont jamais été sa priorité. Meilleur buteur de l’histoire de la sélection du Gabon, avec 40 buts en 83 sélections, il s’est illustré avec trois buts et autant de passes décisives lors de la meilleure performance des Panthères à la Coupe d’Afrique des nations, quand seuls les tirs au but face au Mali ont empêché l’équipe, alors dirigée par Gernot Rohr, d’atteindre les demi-finales.
Aura
"Les supporters me font rire, ils nous soutiennent. Et pour moi, c’est un vrai plus", a-t-il déclaré après son troisième but en trois matchs à l’extérieur face à Valence au micro de Movistar Plus. Tout cela dans un espagnol très fluide, grâce aussi à l’enseignement de sa mère espagnole, qui lui aurait permis de choisir les sélections de jeunes espagnoles à l’époque. Mais Aubameyang porte l’Afrique dans le sang et dans l’âme, ce qui se traduit par un bonheur constant exprimé par son sourire à la fin des matchs.
La célébration acrobatique après un but de champion était sa marque de fabrique. Un moment spectaculaire et aérien d’un joueur de 37 ans qui a largement dépassé les attentes initiales.
Né comme ailier droit, il a ensuite su exploiter sa vitesse extrême, alliée à un sens du placement inné, pour devenir un avant-centre de classe mondiale. Mais toujours avec l’Afrique dans le cœur et dans les jambes. Une Afrique qu’il représente encore aujourd’hui à La Corogne, où son sourire est devenu contagieux pour tous.
