Les Bleus s'étaient quittés sur deux défaites à l'Euro (7e place) à Oslo et avec Guillaume Gille comme sélectionneur. Ils se sont retrouvés avec un nouveau chef et une victoire qu'ils voudront confirmer dimanche à Ciudad Real contre cette même Roja. Celle qui les avait battus à l'Euro (36-32), leur infligeant une leçon tactique alors qu'elle était éliminée, et dont Dujshebaev a porté le maillot.
Ovationné par le public d'Antarès à l'annonce des équipes, l'ancien demi-centre a fait démarrer le capitaine Ludovic Fabregas sur le banc, lui préférant Nicolas Tournat (3/4 comme Fabregas) au poste de pivot et Thibaud Briet en défense, et a procédé à une large revue d'effectif.
Il a ainsi aligné Julien Bos au poste d'arrière droit pendant la majeure partie de la seconde période et changé l'intégralité de ses joueurs de champ en milieu de première période, offrant sa première sélection à Eliott Desblancs, appelé pour la première fois après la blessure d'Aymeric Minne.
Le jeune demi-centre d'Aix-en-Provence (21 ans) a eu droit à une petite tape amicale et paternaliste de la part de Dujshebaev en revenant s'asseoir.
Fidèle à sa réputation
Le champion olympique 1992 et double meilleur joueur du monde (1994 et 1996) a été fidèle à sa réputation, actif devant son banc et rarement assis. "Aujourd'hui, j'ai été très calme. Après seulement cinq entraînements, je ne peux pas en demander trop. Il faut que je sois patient" a déclaré Dujshebaev, qui avait notamment demandé aux Bleus de "bien gérer le rythme pour ne pas offrir trop de munitions" de contre-attaques aux Espagnols, selon Nicolas Tournat.
Ici, il a demandé à Dika Mem de calmer le jeu, là appelé Nedim Remili pour lui donner quelques consignes, pris à témoin son banc face à des choix de ses joueurs ou décisions arbitrales, ou serré le poing après une bonne action.
"A chaque fois qu'il y avait quelque chose à dire, il se retournait vers le banc et n'hésitait pas à nous donner des consignes, faire passer des petits détails qui font la différence" a expliqué Fabregas. "Quand faut-il enterrer le ballon, aller chercher la faute, un penalty, faire tirer en arrière, libérer l'espace: il est très lucide" a apprécié de son côté le meneur de jeu Nedim Remili.
Minutieux, l'entraîneur de Kielce (Pologne) a également fait patienter Valentin Kieffer pour qu'il ne rentre sur le terrain qu'une fois le joueur qu'il remplaçait sorti, sur un jeu sans gardien, afin que les Bleus ne soient pas sanctionnés.
Promu dans la première liste de Dujshebaev au poste de gardien numéro 2 (à la place de Rémi Desbonnet, non retenu), Kieffer (6/17) a signé son entrée pour l'ensemble de la seconde période par un arrêt à bout portant sur son premier tir (33e), participant au 3-0 infligé d'emblée par les Français pour se détacher (19-15).
Ils ne seront pas rattrapés, malgré un retour des Espagnols à un but à un quart d'heure de la fin (23-22) et de trop nombreuses pertes de balle (14), assurant leur succès à 2 min 30 sec du terme sur un but de Thibaud Briet après un arrêt de Kieffer devant Antonio Martinez.
