Interview Flashscore - Panos Katseris : "Le couloir droit, c'est ma maison"

Interview Flashscore - Panos Katseris : "Le couloir droit, c'est ma maison"
Interview Flashscore - Panos Katseris : "Le couloir droit, c'est ma maison"LOIC VENANCE / AFP

Arrivé en janvier 2024 à Lorient en provenance de Catanzaro en Serie B italienne, Panos Katseris a été l'un des hommes importants de la remontée des Merlus. Blessé à la cuisse pendant l'essentiel de la saison, le Grec a fait son retour et a été titularisé à Lille la semaine dernière. Avant d'affronter Lens, le piston droit évoque pour Flashscore son parcours, son rôle dans la rotation et le travail réalisé par Olivier Pantaloni et Yannick Cahuzac.

Flashscore : Vous avez manqué une large partie de la saison et vous êtes revenu dans le XI la semaine dernière à Lille (1-1). Comment vous sentez-vous physiquement ?

Panos Katseris : Je suis de mieux en mieux. J'ai passé une période difficile, c'était la première blessure longue de ma carrière. Depuis, je suis entré en jeu, en championnat et en Coupe et c'était très important pour moi d'être titulaire. Plus tu joues, mieux tu te sens. J'essaie d'oublier cette blessure. 

Quel était l'état d'esprit de l'équipe après ce point pris à la dernière seconde ? 

Nous avons tous montré, les joueurs comme le staff, que nous étions une équipe et que le travail paie. Tout le monde sait que Lille est une grosse équipe et il est difficile d'y faire un résultat. On travaille très fort pendant les entraînements et je crois que nous faisons partie des équipes les plus difficiles à affronter et il n'est pas facile de nous prendre des points. Nous l'avons prouvé : les équipes qui nous affrontent ont des difficultés, aussi bien au Moustoir qu'à l'extérieur. Nous démontrons notre mentalité de gagnant, de la première à la dernière seconde. On a pris des gros points contre Nice, Nantes et Lille.

Vous savez comment Arthur Avom a pu inscrire un tel but ?

(Rires) Aucune idée ! Je suis sorti, j'étais sur le banc et j'ai vu Arthur marquer ce but... On s'est regardé avec Jean-Victor Makengo, on n'y croyait pas. Quel but incroyable ! Et puis on méritait de faire match nul. 

C'était important de vous relever après l'élimination en Coupe contre Nice aux tirs au but ?

Bien sûr. Ça a été une défaite très décevante car la Coupe était un bel objectif après avoir validé notre maintien en Ligue 1. On voulait aller en demi-finale mais l'équipe a su réagir et ne s'est pas laissée abattre. Ça a montré notre caractère et notre faculté à rebondir. 

Ce samedi, vous n'avez rien à perdre contre Lens ?

Ils ont plus de pression que nous, c'est certain mais ça ne veut pas dire qu'on va être là pour perdre. On joue devant nos supporters, on veut gagner et prendre les 3 points. Exactement ce qu'on fait à chaque match. Et puis deux systèmes à trois derrière, ça va être bouillant ! 

Olivier Pantaloni apparaît souvent comme un coach à fort caractère, au point qu'on oublie ses capacités tactiques. Comment travaille-t-il ?

Le plus important, c'est sa capacité à insuffler sa mentalité et de nous faire comprendre que chacun d'entre nous a une opportunité du moment qu'il s'entraîne dur. Je crois que lui et son adjoint Yannick Cahuzac ont une bonne alchimie et, tactiquement, ils montrent qu'ils ont la bonne méthode avec nous. Le plus important, c'est leur base pour avoir les idées claires et nous les retransmettre. La Ligue 1 n'est pas un championnat facile, les équipes sont prêtes physiquement et mettent beaucoup d'intensité. C'est tactiquement que nous montrons que nous pouvons viser la première partie du tableau. 

Le contenu est souvent très attractif.

Chaque match est différent et les tactiques évoluent en conséquence. Cependant, les joueurs comprennent tous les rôles pour chaque position. Les joueurs peuvent changer mais pas le style. C'est le plus important : il a des règles, notamment dans la discipline d'équipe et ça nous rend solide. 

La créativité de l'équipe s'en ressent. 

Bien sûr, nous avons des joueurs en forme, comme Bamba Dieng. Quand un joueur a de telles aptitudes, c'est difficile de ne pas le voir. D'autres joueurs sont en confiance, comme Pablo Pagis, Noah Cadiou, Jean-Victor Makengo par exemple. C'est important de les avoir car ils permettent de franchir des caps. 

Quand vous êtes arrivé en janvier 2024 à Lorient, qui à l'époque jouait le maintien et est finalement descendu, vous aviez étonné. On se demandait où les Merlus vous avaient déniché. 

(Rires) Oui, ils sont venus me chercher à Catanzaro, en Serie B. Ils savaient que j'avais les qualités qu'ils recherchaient. Je suis un joueur généreux, qui aime aller dans l'espace, offensif mais qui multiplie les aller-retours pour défendre. Le 3-4-3 est parfait pour moi. Petit à petit, même si nous avons joué de différentes manières, que ce soit en 3-4-1-2 ou 3-5-2, le couloir droit, c'est ma maison. Je suis vraiment heureux en ce moment, c'est la vérité (sourire). 

L'apprentissage tactique en Italie est toujours loué, c'est même une religion !

(Rires) Quand tu as joué en Italie, tu peux aller jouer partout ailleurs, peu importe l'échelon où tu as évolué. De mon premier à mon dernier entraînement, tout est fondé sur la tactique. C'est un jeu d'échecs. 

Peu de joueurs grecs sont passés par le championnat de France. Michalis Kapsis à Bordeaux, Angelos Charisteas et Angelos Basinas à Arles n'ont pas été des réussites. Comment l'expliquez-vous ?

La Ligue 1 est un championnat avec beaucoup d'intensité, très rapide et il faut savoir s'adapter très vite à ce style, surtout qu'elle devient de plus en plus tactique. On le voit par exemple avec Strasbourg en Ligue Conférence, Lyon en Ligue Europa et évidemment le PSG en Ligue des Champions. Ce n'est pas simple de s'intégrer rapidement à ce championnat. 

Vous êtes natif d'Athènes, une ville mordue de football. Vous avez une équipe favorite ? 

Je ne sais pas si je devrais le dire... Disons que je suis né dans une famille supportrice du Panathinaïkos. Mais la vie d'un footballeur professionnel est telle qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer. Les supporters des grands clubs athéniens, avec l'Olympiakos et l'AEK sont exigeants et bouillants et, pour eux, la deuxième place n'existe pas. Mais cette pression est la même à Salonique, où il y a le PAOK et l'Aris. Tu n'as pas le droit à l'erreur, tu dois toujours gagner. 

Djibril Cissé a forcément dû vous marquer ?

Il a été un très grand joueur du Panathinaïkos et quand je l'ai vu pour la première fois avec Auxerre en début de saison, j'ai demandé une photo avec lui. Je n'ai pas pu m'en empêcher (rires).