Interview Flashscore - Pablo Carreño Busta : "J’ai disputé des Challengers, j’espère que ce seront les derniers"

Pablo Carreño, avec l’Espagne lors de la Coupe Davis à Bologne 2025
Pablo Carreño, avec l’Espagne lors de la Coupe Davis à Bologne 2025TIZIANA FABI / AFP / Flashscore

Pablo Carreño Busta (34 ans) est l’un des tennismen espagnols de référence. Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 après avoir battu Novak Djokovic, il a remporté la Coupe Davis en 2019 et atteint les demi-finales de l’US Open en 2017 et 2020. Avant la finale - perdue- contre Pablo Llamas lors de l'ATP Challenger 100 Alicante Montemar, il s'est confié pour Flashscore.

Quelles sensations ressentez-vous à Alicante après avoir disputé plusieurs matches en trois sets ? 

Oui, c’est vrai que je ne me sens pas aussi à l’aise que la semaine dernière à Murcia, où j’avais terminé avec de très bonnes sensations. Ici, c’est un peu plus compliqué. Je pense que je fais un très bon travail mentalement, je tiens le coup, je parviens à gagner les matchs. C’est difficile de jouer en trois sets. Mais finalement, j’enchaîne une bonne dynamique, j’accumule les victoires, et c’est aussi important.

Quelle importance a ce tournoi pour la suite de la saison sur terre battue ? C’est un prélude à ce qui arrive ensuite, avec Monte-Carlo, Barcelone, Madrid, Rome, et pour finir Roland-Garros ?

Oui, bien sûr, c’est très important, évidemment, car en plus de servir d’échauffement pour la tournée sur terre ATP, c’était essentiel pour moi en vue de Roland-Garros. Avant de commencer à Murcia, j’étais autour de la 120e place mondiale, j’avais besoin de gagner l’un de ces tournois pour me rapprocher de la qualification, et le fait d’avoir gagné et d’atteindre la finale ici à Alicante me permet d’assurer ma place. Je pourrai donc jouer plus sereinement, je suppose. Et les sensations pour la tournée sur terre, après ces deux semaines, seront bonnes.

Quel est votre programme pour les prochaines semaines ? Vous étiez inscrit à Bucarest, mais vous n'y allez pas ?

Oui, j’étais inscrit à Bucarest, mais finalement j’ai renoncé car je commence à être un peu à la limite physiquement. Mentalement aussi, je suis un peu fatigué et il reste encore beaucoup de tournois sur terre. Donc, je vais me retirer et me reposer.

Et pour la saison, quels sont vos objectifs ?

Essayer d’intégrer le top 100 pour pouvoir jouer sur le circuit ATP. Ces deux dernières semaines, j’ai disputé des Challengers car j’avais besoin de points, mais j’espère que ce seront les derniers de l’année. Non pas que je ne sois pas content ici, mais c’est dans les grands tournois qu’il y a plus de points et d’argent, et c’est là qu’on aime jouer. J’espère donc pouvoir y être.

Revenons un peu en arrière. On a encore en tête cette grande finale de Coupe Davis, ces quarts, demi-finales et finale à Bologne. Vous avez réalisé un grand tournoi avec l’Espagne. Certes, vous aviez été champion en 2019 à Madrid, mais en 2025, votre participation a été bien plus importante. Comment vous souvenez-vous de cette belle victoire contre Jan-Lennard Struff en demi-finales ?

Oui, je pense que la Coupe Davis de l’Espagne l’an dernier a été un peu… comment dire… Cela a montré que la Coupe Davis est une compétition spéciale, différente, où le classement compte, mais ce n’est pas tout.

C’est une compétition très difficile à jouer. Dès la première rencontre en Suisse, où je n’ai pas pu être présent, mes coéquipiers ont su s’imposer. Ensuite, on a joué à Marbella, où tout était contre nous, et on a fini par renverser la situation grâce à une victoire épique de Pedro Martínez contre Holger Rune. Puis, lors des phases finales, avec le forfait de Carlos Alcaraz à la dernière minute, on avait l’impression que plus personne ne croyait en nous, qu’on n’allait rien pouvoir faire.

Et pourtant, Jaume Munar, Marcel Granollers, Pedro Martínez en double et moi-même, on a tout donné, on a pris beaucoup de plaisir. On n’était pas loin en finale de forcer un troisième match, avec Jaume qui a été tout près. Et ensuite, en double décisif, tout aurait pu arriver avec Marcel, qui est numéro un mondial dans cette spécialité. Je pense que le public a aussi beaucoup apprécié, comme nous, et c’est ce qui fait la beauté de cette compétition.

Pablo Carreño, au Club de Tenis Montemar d’Alicante
Pablo Carreño, au Club de Tenis Montemar d’AlicanteDavid Olivares

Vous avez réussi à raccrocher toute l’Espagne à la compétition. Et puis, il y a eu cette finale contre l’Italie, double tenante du titre et pays hôte. Ce match contre Matteo Berrettini, vous ne l’avez pas gagné, mais vous avez joué à un très haut niveau, non ?

Oui, c’était une finale. Ils jouaient à domicile et, évidemment, ils avaient le soutien du public, ce qui les a aidés à certains moments. Il m’a manqué un petit quelque chose. Berrettini, sur cette surface, en indoor et à la maison, est très à l’aise. Mais bon, c’était un grand match, je n’ai pas pu le gagner. Contre Struff en demi-finales, j’ai réussi à l’emporter. Je suis aussi content d’avoir pu aider l’équipe. On a tous pris du plaisir, le public aussi, qui s’est pris au jeu, et la demi-finale a été incroyable.

En remontant encore un peu plus loin, ces Jeux olympiques de Tokyo, cette médaille de bronze remportée face à Novak Djokovic, est-ce le plus beau souvenir de votre carrière ?

Heureusement, j’ai eu beaucoup de très beaux souvenirs dans ma carrière. Pas toujours en gagnant des tournois. Par exemple, les Jeux olympiques, c’est en perdant en demi-finales, mais en décrochant une médaille contre Djokovic. Oui, sans doute, c’est l’un des meilleurs, je ne sais pas si c’est le plus beau, mais c’est assurément l’un des plus marquants.

D’un point de vue global, comment voyez-vous Carlos Alcaraz ? Après tout ce qui s’est passé à la fin de l’an dernier avec la fin de sa collaboration avec Juan Carlos Ferrero, il a ensuite démarré 2026 de façon extraordinaire, même s’il semble connaître un petit creux actuellement. Qu’en pensez-vous ?

La séparation avec Ferrero a été un peu inattendue, je pense, pour tout le monde, peut-être même pour eux. Mais la vie continue. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que cela arrive. Je pense que Carlos a réalisé un début de saison magnifique, irréprochable. C’est vrai qu’il a perdu en demi-finale à Indian Wells et qu’à Miami, il semblait un peu fatigué mentalement, mais nous sommes des êtres humains. C’est normal d’avoir un petit passage à vide à un moment donné. Mais le début de saison de Carlos est fabuleux et je suis sûr qu’il va retrouver son niveau lors de la tournée sur terre battue.

Pablo Carreño, sert face à Sebastian Ofner lors du Challenger d’Alicante
Pablo Carreño, sert face à Sebastian Ofner lors du Challenger d’AlicanteDavid Olivares

Pour revenir à vous, il reste encore du temps, mais comment voyez-vous cette rencontre de Coupe Davis en septembre contre le Chili, est-ce déjà dans un coin de votre tête ?

Je la vois difficile, honnêtement, car le Chili a de très bons joueurs, et pas seulement un ou deux, mais plusieurs au même niveau. Donc, même si l’un d’eux manque, ils auront une belle équipe. Le Chili est toujours un endroit compliqué pour aller jouer, le public est très impliqué, très proche, et ce sera un vrai défi. David Ferrer aura du travail pour composer l’équipe et surtout pour la mener à bien.

Désormais, en Coupe Davis, vous êtes l’équipe à battre avec l’Italie, non ? Cette finale donne encore plus de prestige à la Roja.

Cela peut donner du prestige. Mais chaque année est différente et je peux vous assurer que les Chiliens viendront pour tout donner.