Home-jacking de Donnarumma : trois hommes jugés en septembre, deux adolescents déjà condamnés

Gianluigi Donnarumma avec Manchester City le 19 mai.
Gianluigi Donnarumma avec Manchester City le 19 mai.EDDIE KEOGH/GETTY IMAGES VIA AFP

Trois hommes, dont Ilyas Kherbouch alias "Ganito", seront jugés en septembre devant le tribunal de Paris pour le home-jacking du domicile de l'ancien gardien de but du PSG Gianluigi Donnarumma, a appris ce samedi l'AFP de sources proches du dossier.

L'international italien avait été frappé au visage et ligoté dans la nuit du 20 au 21 juillet 2023, à son domicile parisien avenue Montaigne (VIIIᵉ arrondissement). Sa compagne, enceinte, avait été attachée avec des câbles.

Les cambrioleurs étaient repartis avec de l'argent, des montres, des sacs de luxe, un téléphone, ainsi que des clés de voiture.

"Ces agissements d'une violence inouïe sont à ce jour encore incompréhensibles pour nos clients qui restent profondément choqués", ont réagi les avocats des victimes, Mes Pierre-Louis Dauzier, Annabelle Faci et Thomas Klotz, contactés par l'AFP.

Un premier volet de l'affaire a déjà été jugé devant le tribunal pour enfants : deux hommes, adolescents au moment des faits, ont été condamnés début juillet pour leur participation.

Le procès en septembre se concentrera lui sur les prévenus majeurs, qui comparaîtront pour "vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation" et pour "séquestration suivi d'une libération avant le septième jour" et association de malfaiteurs délictuelle.

Parmi eux, Ilyas Kherbouch, 21 ans, surnommé "Ganito". Il est accusé d'avoir commandité le home-jacking depuis sa cellule en prison.

Détenu depuis ses 14 ans pour de multiples faits de vols aggravés, il a fait parler de lui en mars en parvenant à s'évader, sans heurt, de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en ayant recours à de faux policiers. Il a été interpellé deux semaines après.

Son avocate, May Sarah Vogelhut, n'a pu être jointe par l'AFP.

Concernant le home-jacking de Donnarumma, la juge d'instruction a identifié un second commanditaire, Khyan M., 21 ans, qui aurait aussi donné des ordres depuis sa cellule. Son avocate, Céline Dadouat, n'a pas souhaité s'exprimer.

À leurs côtés comparaîtra aussi un exécutant présumé.

Sous-affaire dans ce dossier déjà très violent : après les faits, cet exécutant avait été aussi séquestré. Les enquêteurs ont retrouvé des photos de lui, dénudé et ensanglanté, sur le portable de "Ganito", selon l'ordonnance de renvoi dont l'AFP a eu connaissance.

"Mon client est symptomatique d'une jeunesse vulnérable et sacrifiée, utilisée comme chair à canon pour servir des projets criminels qui la dépassent", ont déploré auprès de l'AFP ses avocats, Sipan Ohanians et Jeanne Audéon.

Un sixième homme avait été arrêté, mais il s'est donné la mort en détention. Aux enquêteurs, il avait confié sa vive crainte de représailles de la part des commanditaires et les pressions subies, déjà, en prison.