Interview Flashscore - Ludovic Fabregas : "Faire quelque chose que la France n'a jamais réalisé dans son Histoire"

Ludovic Fabregas lors du Mondial 2025.
Ludovic Fabregas lors du Mondial 2025.JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Avant l'Euro 2026, Flashscore a pu s'entretenir avec le capitaine de l'équipe de France de handball. Tout juste sortant d'un entraînement avec le Barça, le triple meilleur pivot du monde, Ludovic Fabregas, a abordé sa vie en Catalogne, l'exigence que son statut représente, et la compétition internationale à venir.

Flashscore : Comment se passe votre saison 2025/26 avec le FC Barcelone

Ludovic Fabregas : Vraiment super bien. Je suis réellement content, à titre collectif, par rapport aux matchs qu'on a joués, aux résultats qu'on a eus, des titres gagnés cette saison… C'est top. On a pu gagner le Super Globe, le mondial des clubs, qui est une compétition qui nous échappait depuis un petit moment. Ça nous a donné beaucoup de confiance et derrière, on a été capables de s'améliorer dans notre jeu et de garder cette invincibilité de cette compétition là jusqu'à aujourd'hui. C'est de bonne augure pour la suite.

En comparaison à la Starligue, le championnat espagnol semble moins fort mais les gros matchs permettent de conserver cette concurrence et émulation dans le groupe. 

Physiquement, c'est vrai qu'il y a un écart avec ce qui peut se faire en France. Mais, tactiquement, c'est très, très fort. Toutes les équipes jouent très bien. Nous donnons 100% à chaque match. On est très concentrés aussi parce qu'il y a une pression. Le moindre faux pas ou petit accroc, c'est presqu'un échec ici. Gagner au Barça, ce n'est pas suffisant, il faut aussi très bien jouer.

On pourrait dresser un parallèle avec la section féminine de football...

Oui, ça se ressent légèrement au niveau des effectifs, notamment des soucis que peut rencontrer le club. Mais on a trouvé des solutions à long terme pour pouvoir rééquilibrer un peu tout ça. Je parle de l'aspect économique, mais après, sur le terrain, il y a beaucoup de qualité. La formation est vraiment très bonne, les joueurs qui arrivent et qui sont au contact du groupe nous aident aussi. Il y a un bel avenir. Le Barça reste le Barça. Il y a de très grands joueurs. Au quotidien, c'est un plaisir de jouer au haut niveau.

Il manque juste le Real Madrid !

(Rires) Le championnat, il doit s'agrandir et gagner en renommée, comme il le mérite. Il est réellement intéressant. Le Real, ce serait un adversaire particulier. Il y a déjà eu l'Atlético (de 1949 à 1994 puis de 2011 à 2013, ndlr) mais l'idée est que le Barça reste maître en Espagne pendant très longtemps.

Vous parliez de l'exigence que requiert le Barça en championnat. Est-ce que la pression est encore plus grande en Ligue des Champions, notamment cette année alors que vous avez évolué dans un groupe relevé ?

Les groupes sont relevés mais ça reste la Ligue des champions. Il y a du très haut niveau. Tous les matchs sont vraiment difficiles. Il y a une exigence permanente. Nous sommes le Barça, donc on doit jouer le titre chaque année. Ce n'est pas facile. On est vraiment satisfaits des résultats jusqu'à présent. On a juste subi une défaite contre Magdebourg (31-30, ndlr), mais ça nous a permis de grandir, de nous attarder sur les petits détails qui font la différence. Je pense que par la suite, on a réussi à progresser sur les dernières semaines. Il va falloir monter d'un cran après l'Euro et essayer de rejoindre le Final Four de Cologne, qui est notre premier objectif. Une fois là-bas, tout est possible. Mais l'objectif du Barça, quelle que soit la compétition, quel que soit le sport, c'est de toujours être premier.

Ludovic Fabregas avec le Barça.
Ludovic Fabregas avec le Barça.ANDRZEJ IWANCZUK / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Au match aller contre le PSG à Pierre de Coubertin, vous avez fini meilleur buteur de la soirée. Avez-vous des objectifs statistiques ?

Je ne me suis jamais attardé dessus. C'est toujours un plaisir de marquer, mais de défendre aussi. J'accorde beaucoup d'importance à la défense. C'est un rôle que j'ai un peu plus ici depuis mon retour. Mais être au soutien de Luís Frade, le titulaire au poste à l'heure actuelle, ça me permet de m'adapter au collectif et à ce que l'entraîneur demande. Malgré cela, bien sûr, j'essaie de chercher plus de temps de jeu à chaque fois, d'être plus performant. Les matchs qui se jouent en France sont particuliers. Ce sont des matchs qu'on coche dès que le calendrier sort et on a envie de bien figurer quand on rentre au pays.

Performer en France rajoute une pression supplémentaire ?

C'est de l'exigence personnelle, de la motivation, l'envie de donner une belle image. On sait que ce genre de match est regardé par les spectateurs, par les sélectionneurs, et ce sont des moments importants pour rester en équipe de France.

Qu'est-ce qui peut motiver à quitter un club comme le Barça, puis à y retourner ? 

Revenir, ce n'est déjà pas donné à tout le monde. Pour moi, c'était une fierté. Le club ne donne pas souvent cette occasion. J'ai pu regagner la confiance de mes partenaires, de l'entraîneur, du staff, des dirigeants, du président. Ce n'est pas facile dans un club comme ça. Je donne le maximum et je rends cette confiance là à travers de bonnes performances sur le terrain. Ce n'est pas suffisant cependant. Il faut proposer plus. La motivation était aussi de gagner encore. Je compare mes différents passages dans les autres clubs où j'ai été et je n'ai jamais la sensation d'être rassasié. Il y a toujours l'envie de regagner des trophées, d'écrire l'histoire du Barça, d'y participer, et aussi d'écrire ma propre histoire, pour qu'à la fin, elle soit la plus belle possible et que je puisse en être fier. 

C'est un besoin d'aller ailleurs au pic de sa carrière ? 

Ça peut arriver. Moi, je voulais prolonger à Barcelone. C'est un club auquel je m'identifie et où je me sens bien. Ça a donc été difficile de partir. Mais la vie ne s'arrête pas et ma carrière a continué. Il y a eu la possibilité de rejoindre Veszprém. J'y ai réfléchi en famille pour gagner en expérience et maturité. J'ai essayé de me confronter à quelque chose de différent. Ça a été enrichissant. Honnêtement, on y a passé un super moment sur le terrain et en dehors. C'est très contrasté avec Barcelone dans le quotidien, mais on a beaucoup appris. En tant que famille, ça nous a aussi renforcés. On relativise un peu plus et on voit les choses différemment. On est conscient de la chance qu'on a de pouvoir vivre dans une culture sympa, dans un cadre magnifique, et dans un club avec des structures incroyables, où tout le monde est performant. Ça, tu ne le trouves pas ailleurs.

Il y a aussi la proximité géographique. On aurait pu vous imaginer revenir en France. Mais un club comme Veszprém ne se refuse pas facilement... 

Je marche aussi au feeling. Quand j'ai su que je ne continuerais pas ici, l'idée était de trouver un endroit où je sois bien. Et surtout, il fallait avoir ce petit truc qui te dit 'là je serai bien, c'est là qu'il faut aller'. Je l'ai eu avec Veszprém. Si ça n'avait pas été le cas, je n'y serais pas allé. Je marche beaucoup au feeling, au ressenti, même sur le terrain. Pour moi, c'est important de sentir les coups. Tu ne le vis pas de la même façon.

Est-ce qu'après deux ans à Veszprém, c'était le Barça ou rien ? 

J'avais la possibilité de prolonger à Veszprém. Il y avait aussi Montpellier, avec qui il y a eu des échanges. Mais, la décision a été vite prise. Il y a cette attache, ces sentiments, cette identification au club. Le Barça, c'est le Barça. Quelles que soient les conditions, je répondrai toujours présent. C'est un club à part. Avec tout le respect pour les autres clubs pour lesquels j'ai joué, le Barça est mon club. Je nage dedans depuis que je suis tout petit, notamment via ma grand-mère qui suivait le foot. C'est vraiment toute ma vie. Ma grand-mère voulait que je parle le catalan mieux que le français (rires). Maintenant, je fais aussi l'effort ici. Ça montre l'envie de s'intégrer à la culture. Ma femme est catalane, mon fils est né à Barcelone. Pour moi, c'est logique et respectueux.

S'il y avait eu une équipe nationale catalane, vous y auriez joué alors ?

Je suis Français et c'est aussi une fierté de pouvoir porter ce maillot qui m'a fait rêver aussi depuis tout petit. Quand tu vois les anciens, la génération des Experts, tous ces titres gagnés, c'est aussi quelque chose que tu as dans ta tête quand tu es gamin. Tu veux aller au meilleur niveau. Aujourd'hui, c'est aussi une fierté de jouer pour la France et d'en être le capitaine."

Ludovic Fabregas avec la France au Mondial 2025.
Ludovic Fabregas avec la France au Mondial 2025.DAMIR SENCAR / AFP

Qu'est-ce que le fait d'être capitaine a changé dans vos habitudes ? 

La gestion, d'une manière générale. Tu es plus exposé d'un coup. Tu as plus d'échanges avec le staff et la fédération. Dès qu'il y a une info à transmettre, tu passes par ton capitaine. J'ai été concerné par beaucoup de choses. Surtout qu'en plus, c'était l'après-JO 2024, avec notamment cet échec en 1/4 de finale. Il y avait cette pression interne et médiatique qu'il a fallu gérer. Je pense qu'on a répondu sur le terrain en allant chercher une médaille de bronze au dernier mondial et j'espère qu'on va continuer comme ça avec l'objectif d'aller encore plus loin. On a ce devoir de résultats avec le maillot bleu. J'espère qu'on sera capable d'aller chercher un 2e titre européen consécutif.

Pensez-vous que les médias et le grand public qui n'ont pas l'habitude de suivre le handball régulièrement ont été trop sévères après l'élimination en 1/4 de finale des JO, sans se mettre à la place des joueurs ?

C'est difficile de réagir. Même nous, à chaud, on peut mal le faire. Ce n'est pas évident. Il faut gérer. On était les premiers déçus aux JO. On oublie tout et on remet tout sur cette action. Il faut qu'on arrête de ressasser parce qu'après tu te manges le cerveau. Sur le terrain, il faut savoir vivre et rebondir. Dika (Mem, son coéquipier à Barcelone et en équipe de France, ndlr) a géré du mieux possible. Il y a eu la déception de l'action et du résultat. Je trouve que, de manière générale, il faut qu'on soit tous plus positifs. Finalement, c'est du sport. L'idée est de prendre du plaisir sur le terrain et de partager des émotions avec nos supporters. Si on ressasse les mauvais moments, si on est négatifs, on ne donne pas envie à d'autres personnes de nous suivre. Dans le handball, on en a besoin. On doit être suivi et reconnu. Le handball français est capable de gagner des titres, d'avoir des supers joueurs, une belle formation, de belles personnes aux commandes. Il faut positiver. Quand on a beaucoup de matchs, on est exigeants. Mais il faut prendre du recul. On vit de notre passion, c'est magnifique, on donne du bonheur, mais aussi des larmes aux gens.

Il y a aussi eu les critiques sur les réseaux, avec une rare violence

À travers une action, il peut y avoir un jugement très fort. Alors que pour nous joueurs, il y a l'action, il y a toute la compétition, mais il y a aussi le stress, la fatigue et toute la préparation... Les JO, tu te prépares pendant quatre ans pour les vivre. Nous faisons beaucoup de sacrifices et nous nous investissons énormément. C'est vrai que parfois, tu es critiqué, parfois à raison, mais il faut savoir doser car ce sont des moments difficiles. Il faut savoir se mettre aussi à la place de l'athlète. Par moments, tu as des coups de mou, des creux. Les joueurs sont des personnes normales. On a aussi nos faiblesses. On peut vraiment en souffrir.

Les Bleus ont vécu l'inverse lors de cette dernière action contre l'Allemagne aux JO : ce tir improbable d'Elohim Prandi en demi-finale de l'Euro contre la Suède. Est-ce que, lorsqu'on est sportif de haut niveau, on se résout à laisser la chance ou la réussite jouer sa part ? 

C'est ça. Le haut niveau, ce sont des détails. Ça ne se joue à rien. La pièce peut tomber du bon côté. Parfois, tu peux très bien jouer et perdre, parfois tu joues très mal et tu gagnes. C'est un peu nos JO. Quand on doit se faire éliminer, on ne se fait pas éliminer et quand on fait notre meilleur match face à l'Allemagne, on perd. C'est comme ça. Ça fait partie du jeu. Sur le coup, c'est dur à encaisser mais on ne peut pas tout contrôler.

Concernant l'Euro 2026, qu'est-ce qui va faire la différence ?

Je ne joue jamais une compétition avant d'y être (rires). Je vois souvent à très court terme. La préparation arrive, tu te mets déjà dans l'esprit que ça va arriver fort, qu'il va falloir être là physiquement, dès le premier soir. La préparation va être courte, il faut l'optimiser. La majeure partie du groupe a déjà une expérience commune, on a certaines certitudes. On connaît les axes de travail. J'espère qu'on arrivera prêt et qu'on pourra hausser notre niveau au fur et à mesure. Déjà, la phase de groupes n'est pas simple. Ensuite, il y a le potentiel croisement pour le tour principal. Il est très relevé. Ce sera difficile de rejoindre le dernier carré. Si on le fait, ça démontrera le niveau de l'effectif et de performance qu'on aura pu atteindre.

C'est une exigence constante qu'on imagine renforcée depuis un an et demi ?

Bien sûr. Quand on regarde le palmarès sur les dernières années, il y a eu des échecs, mais on arrive très souvent dans les derniers carrés des grandes compétitions. Depuis le changement générationnel, à l'heure actuelle, on n'a perdu qu'un match (la demi-finale contre la Croatie aux Mondiaux 2025, ndlr). De mémoire, on doit être à 16 ou 17 victoires sur 18 matchs. C'est une super performance en jouant contre de grandes nations. C'est à prendre avec des pincettes parce qu'il y a eu des amicaux, mais nous nous sommes reconstruits. En peu de temps, on a pu afficher un super niveau, redistribuer des responsabilités et continuer à performer pour que l'équipe de France joue les premiers rôles sur les années à venir.

A quel point avez-vous la pression ?

Je dis toujours que la pression, on se la met nous-mêmes. On a envie de démontrer qu'on est capable de faire comme les générations passées. On a cette envie-là. On n'a pas forcément des joueurs qui ont eu une image aussi forte que les Niko Karabatic, Thierry Omeyer ou Daniel Narcisse, mais on est un collectif beaucoup plus profond, une équipe plus redoutable avec des qualités plus homogènes tout en ayant de la variété et je pense que c'est une réelle force. C'est sur quoi on doit jouer pour rivaliser face aux meilleures nations. Notre idée, c'est d'être champions d'Europe, ce n'est pas d'arriver dans le dernier carré et voir. L'an dernier, il y avait cette fierté d'avoir bien terminé et d'être récompensé par les efforts produits, notamment en amont, sur l'après-Jeux. Tout le monde était concerné. On ne voulait pas passer inaperçu pendant le Mondial. On va garder cette ambition.

Une force que vous partagez avec les féminines. 

Quand tu as des absents, comme chez les filles, des joueurs qui n'ont pas été appelés depuis longtemps qui veulent prouver à nouveau aussi. On normalise beaucoup la présence des joueurs, mais ce n'est pas garanti en équipe de France. Là, au mois de janvier, ça peut très bien être ma dernière compétition parce que l'année suivante, le sélectionneur peut ne pas m'appeler. Il faut donner le maximum pour vivre une super aventure avec les mecs et aller chercher une médaille, quelle que soit la couleur. L'équipe de France n'a jamais été garantie, mon rôle de capitaine ne l'est pas non plus. C'est un challenge permanent. Cette envie que j'ai, les gars aux portes de la sélection l'ont aussi. Tu dois tout faire pour ne pas être mangé par la concurrence.

Ludovic Fabregas et l'équipe de France.
Ludovic Fabregas et l'équipe de France.ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Est-ce que l'échec des JO a vraiment pesé sur le Mondial ? 

Il y a un cadre et un contexte... Jouer la Croatie en Croatie, ce n'est pas facile car il y a une ambiance particulière. Même si on se connait, ça reste un effectif en construction. Quand tu traverses un moment difficile, tu ne sais pas trop comment réagir. Il y a eu une belle réaction, mais ça n'a pas été suffisant pour recoller. Ça fait partie de ce qu'on doit vivre. Il y a des nouveaux joueurs qui arrivent, tu ne peux pas avoir tout te sourire et être Champions du monde dans la foulée. Les Jeux, oui, ça reste un échec. Moi j'ai tourné la page, mais je ne veux pas revivre ce genre d'échec. Ce moment-là, il faut l'avoir en tête et se dire qu'on ne va pas le revivre. On était prêts à payer une défaite comme en janvier 2025 pour se dire qu'on doit s'améliorer et progresser. L'envie et la motivation seront encore très fortes cette année.

En sélection comme en club, vous avez côtoyé de grands joueurs charismatiques. En tant que capitaine, de qui vous êtes-vous inspiré ? 

Quand tu es enfant, tu as toujours une ou deux idoles. Je regardais beaucoup Didier Dinart. Après tu t'intéresses à d'autres joueurs qui n'ont pas ton profil. J'essaye de m'inspirer de plus en plus de joueurs qui sont différents de moi car le handball évolue rapidement. Il faut apporter quelque chose de nouveau. Plus tu es complet, plus tu es utile au collectif. Parfois, je regarde des demi-centres, leur façon de prendre la place et de se déplacer. Pas parce que je veux jouer demi-centre (rires), mais parce que je peux apporter quelque chose de plus à mon arc. C'est important de le faire, à la fois sur l'aspect technico-tactique mais aussi sur leur comportement en dehors. Je peux me dire 'ok, ça je le prends de lui, et puis ça non, parce que ça colle pas avec ma personnalité'. Pour le faire, il faut bien se connaître, se rendre compte de ce qui peut être utile.

En espérant que cela ne prenne pas 10 ans encore pour regagner un Euro ! 

J'y pensais l'autre jour : l'équipe de France n'a jamais gagné l'Euro deux fois d'affilée. Certes, il y aura peut-être des joueurs qui étaient absents en 2024, mais peu importe. L'idée est que l'équipe de France brille. Nous ne sommes que de passage. Alors si on peut faire quelque chose que l'Équipe de France n'a jamais réalisé dans son Histoire... 

La France partait de rien dans les années 80 et depuis 35 ans, elle est devenue gloutonne de génération en génération.

C'est comme dans la vie, quand tu t'habitues à bien manger... (rires). J'ai toujours retenu cette phrase de Claude Onesta : "à l'époque quand un jeune entrait en équipe de France, il se demandait s'il allait gagner. Maintenant, quand un joueur entre, il ne se demande pas s'il va gagner, mais quand il va gagner". L'équipe de France avait tellement une forte probabilité de l'emporter... C'est toujours vrai, mais il y a un pourcentage un peu plus bas. Les Experts gagnaient tout. Quand je suis arrivé en Bleus, je me suis dit 'wow, je peux gagner un Championnat du monde, l'Euro, les JO' et  j'ai eu la chance d'y parvenir. Les jeunes qui arrivent actuellement se disent ça aussi. On a aussi cette responsabilité. Tu as ton objectif personnel, mais tu joues aussi avec l'objectif des autres générations. Il faut leur permettre de réaliser leur rêve, comme les anciens l'ont fait avec nous.