Le Real Madrid est sans doute l'un des adversaires les plus coriaces de cette phase de ligue. Y a-t-il des joueuses que vous observez de près avant ce match ?
Comme vous le dites, c'est une équipe incroyable. On les a vues jouer, on a regardé leurs vidéos. Pour ma part, affronter des joueuses comme Linda Caicedo, c'est... C'est une joueuse incroyable, donc je la regarde de près. Mais c'est toute leur ligne offensive qui est incroyable. Je suis aussi très contente de retrouver mes compatriotes néerlandaises Lineth Beerensteyn et Lotte Keukelaar, qui réalise de bonnes performances avec elles. J'ai vraiment hâte de les voir. Ce sera un bon match, je l'espère.
Un duel individuel avec Linda Caicedo pourrait se dessiner cette semaine. Qu'en pensez-vous ?
J'ai hâte. Je fais mes devoirs, mais je suis vraiment ravie de jouer contre elle. C'est une joueuse enthousiasmante. Elle est encore si jeune et réussir aussi bien dans un club comme Madrid, c'est impressionnant. J'ai vraiment hâte.
Felicia Schröder est l'une des attaquantes les plus en forme du moment : elle a marqué dans tous les matches qu'elle a disputés avec le Real. Que savez-vous d'elle et comment comptez-vous l'arrêter ?
Je sais beaucoup de choses sur elle. Heureusement pour moi, elle joue en pointe : étant latérale, ce n'est pas à moi de m'occuper d'elle, puisqu'elle évolue dans l'axe. Mais c'est un talent excitant. Vu ce qu'elle avait fait en Suède, quand je l'ai vue partir à Madrid, j'ai su qu'elle allait réussir. Ce sera une grosse tâche de l'empêcher de marquer contre nous, ce qui ne lui est pas encore arrivé cette saison. On va devoir tout faire pour la museler.
"Gagner ce combat physique avant tout"
Vous avez évoqué la nécessité d'être plus courageuses et plus physiques. Concrètement, à quoi cela ressemble-t-il face au Real Madrid ?
Le Real est une équipe très rapide, et c'est ce qui sera essentiel pour nous. Leurs joueuses offensives veulent créer beaucoup de choses, sont très vives et à l'aise balle au pied. Leurs latérales aussi aiment se projeter. Gagner ce combat physique en premier lieu est donc le plus important, pour imposer ce genre d'intensité. Souvent, quand on y parvient, le football vient tout seul et on réussit plutôt bien.
Manchester City est invaincu depuis la saison dernière. Comment abordez-vous ce match face au Real ?
On se sent confiantes. Comme vous le dites, on réalise de bons résultats récemment, et c'est le plus important. La préparation est la même que pour n'importe quel autre match. On aborde tous les matches de la même façon : que l'on joue le Real Madrid à domicile ou Charlton à l'extérieur, cela ne change rien. On essaie d'élaborer le meilleur plan de jeu possible. Je suis très heureuse de jouer contre le Real, je pense que c'est une équipe excitante et j'espère que ce sera un très beau match. J'ai hâte.
"C'est le seul trophée que nous n'avons pas encore gagné"
À quoi ressemblerait une campagne réussie en Ligue des champions pour ce City ?
Le grand objectif, c'est de pouvoir jouer toutes les compétitions le plus longtemps possible. C'est notre première fois dans une phase de ligue, qui n'est pas simple, comme vous le dites. On a affaire à beaucoup d'équipes incroyables. Notre premier objectif sera donc de nous qualifier pour les phases à élimination directe, et on verra ensuite.
Vous êtes championnes d'Angleterre, mais Manchester City n'a plus fait partie de la compétition ces dernières années. Ressentez-vous le besoin de faire mieux en Ligue des champions ? Voulez-vous retrouver les heures glorieuses du club ?
Bonne question. On ne se met pas forcément beaucoup de pression. On a gagné le championnat l'an dernier, mais c'est une nouvelle saison, rien n'est garanti et rien ne reste identique, et c'est ce qui est amusant dans le football. On se concentre donc sur l'instant présent. Aller loin en Ligue des champions est clairement un objectif : c'est le seul trophée que nous n'avons pas encore gagné, et c'est quelque chose que l'on veut vraiment remporter. Mais pour y arriver, il faut avancer match après match, étape par étape. Comme je le disais, se qualifier pour la phase finale est la première étape pour, je l'espère, obtenir le meilleur résultat possible cette saison. Prendre les choses étape par étape, c'est le plus important.
Vous avez toutes l'expérience des Coupes du monde, des Championnats d'Europe, voire de la Ligue des champions avec d'autres clubs. Vous ne vous sentez pas novices sur une telle scène, si ?
Non, enfin, je ne peux parler que pour moi, mais certainement pas. On affronte des clubs incroyables tout le temps. Dans le championnat, il y a beaucoup de clubs incroyables et d'équipes difficiles. Avec nos sélections nationales, on a joué de très gros matches et on a dû se montrer à la hauteur de grands rendez-vous. C'est agréable d'accumuler un peu plus de ce vécu en tant que joueuse, mais ce n'est absolument pas nouveau pour nous, ni comme équipe ni comme joueuses.
"Cela fait partie de notre métier"
Vous avez marqué contre votre camp face au Bayern Munich, et cela a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux. Avez-vous le sentiment qu'on en parle davantage parce que c'est du football féminin ? Ça arrive dans toutes les compétitions, mais on dirait qu'on en parle plus quand il s'agit d'un match de femmes.
Ce genre de choses arrive tout le temps. On sait ce qui va se dire en ligne, ce sera mis en avant, cela fait partie de notre métier et c'est à nous de le gérer. Mais on passe à autre chose et on se concentre sur le match suivant, ce que j'ai plutôt bien fait, je pense. C'est comme ça, ça fait partie du métier.
Que représente pour l'équipe votre entraîneur suédois, Andrée Jeglertz ?
Beaucoup pour nous en tant qu'équipe. C'est son travail de nous faire tourner, et il le fait très bien. Il est donc très important pour nous : c'est lui qui élabore nos plans de jeu, nous lui faisons totalement confiance et nous les suivons. À ce titre, il est inestimable pour notre équipe.
Chaque fois que le Real Madrid et Manchester City s'affrontent chez les hommes, il y a beaucoup de pression et d'attentes. Cela se ressent-il aussi dans cette rivalité chez les femmes, ou vous concentrez-vous simplement sur votre performance ?
Je n'y avais pas pensé avant maintenant. C'est vrai qu'ils se retrouvent face à face chaque année, et j'ai vu les mèmes à ce sujet. Mais non, je n'y ai pas pensé pour nous. Évidemment, on les a déjà affrontées : lors de notre première saison, on a malheureusement manqué la Ligue des champions à cause d'elles. Donc oui, j'ai hâte de les retrouver et j'espère repartir avec les trois points, ce serait bien.
La dernière fois que City a reçu le Real Madrid, c'était en août 2022, peu après votre arrivée à Manchester City. Le Real l'avait emporté. Quatre ans ont passé : l'équipe a-t-elle progressé, et cette fois, cela pourrait-il tourner en faveur de City ?
Je pense que nos deux équipes sont complètement différentes aujourd'hui, ce qui est déjà amusant à voir en soi. On a clairement progressé, et j'ai très hâte de voir comment on va s'en sortir dans ce match.
"C'est super de voir qu'il y a beaucoup de Néerlandaises qui jouent en Ligue des champions"
Vous connaissez bien les joueuses néerlandaises du Real Madrid. Cela vous aide-t-il dans la préparation ?
Je pense que cela aide dans la préparation de l'équipe. On sait comment Janou (Levels) joue, comment Lotte (Keukelaar) joue, ce que fait Lineth (Beerensteyn) et où elles sont fortes. Je pense que cela ne peut être qu'une valeur ajoutée.
Est-ce aussi un plaisir supplémentaire de jouer la Ligue des champions et de pouvoir affronter des compatriotes ?
Oui, c'est toujours bien de jouer ces matches. C'est simplement super. Et c'est super de voir qu'il y a beaucoup de Néerlandaises qui jouent en Ligue des champions. C'est une belle représentation pour l'équipe nationale néerlandaise. Voilà pourquoi je suis vraiment ravie.
Pour la première fois en quatre ans, aucun club néerlandais n'est présent en Ligue des champions. Cette évolution vous inquiète-t-elle pour le football néerlandais ?
C'est vraiment dommage. J'aimerais que les clubs néerlandais soient en Ligue des champions. Je pense que c'est un témoignage de la vitesse à laquelle les choses évoluent. Il y a bien des clubs néerlandais en Ligue Europa, ce qui est bon pour la compétition. Je ne paniquerais pas. Je pense que les clubs néerlandais vont y arriver : Feyenoord va gagner, le PSV va gagner. Je pense que ce sera positif.
Beaucoup de joueuses évoluent dans des championnats étrangers, et les grands talents néerlandais partent vite, très jeunes, vers de grands clubs. Quelle importance cela a-t-il pour l'équipe nationale des Pays-Bas ?
Je pense que ce sera très amusant, et on verra ce qui est le mieux pour elles. Pour moi, ce fut une bonne étape : j'avais 21 ans, et jouer ce genre de match de Ligue des champions sous pression, contre d'aussi bonnes équipes, ça ne peut que vous faire progresser. Je pense que c'est une bonne chose pour le football néerlandais, même si, bien sûr, on aimerait garder le plus de joueuses possible aux Pays-Bas.
Quelle est la meilleure chose de la Ligue des champions du point de vue d'une joueuse ?
J'adore jouer le plus de matches possible, c'est le point essentiel, et c'est quelque chose qui m'avait beaucoup manqué l'an dernier. Je trouve aussi que ces soirées européennes au Joie Stadium, avec nos supporters, sous les projecteurs, sont vraiment spéciales. L'atmosphère est unique, j'adore ça et cela me donne beaucoup d'énergie.
