Dimanche, l'Olympique de Marseille a achevé la phase aller sur une déroute à domicile contre Nantes, 17e au coup d'envoi (0-2). Un véritable non-match alors que vendredi soir, Lens s'était imposé contre Toulouse (3-0), ce qui rendait la victoire encore plus essentielle. Alors que se profile le Trophée des Champions ce jeudi, l'OM est déjà dans une période délicate. Encore plus que les joueurs, c'est Roberto de Zerbi qui semble aculé.
Trop tendre
32 points, c'est quasiment un rythme de champion comme on pouvait le dire avant que le PSG devienne quasiment omnipotent. Mais c'est 8 unités de moins que les Sang-et-Or, 7 que le PSG et à peine deux de plus que Lille, Lyon et Rennes.
Cela est dû à de multiples facteurs mais, au-delà des sempiternelles blessures et suspensions qui touchent tous les clubs, c'est au niveau tactique que la situation inquiète. Hormis le Classique disputé avec 24 heures de retard un soir de remise de Ballon d'Or à Ousmane Dembélé (1-0), l'OM a perdu contre Rennes (1-0), Lyon (1-0), Lens (2-1) et Lille (1-0). Ainsi, contre le Top 6, le club ne s'est imposé qu'une seule fois pour mettre fin à 15 ans de disette contre le PSG à domicile, principalement grâce à une cagade de Lucas Chevalier. Face au Top 10, le bilan n'est guère plus reluisant : Monaco a été battu avec une bonne dose de réussite, Strasbourg est tombé in extremis après s'être saboté, tandis que Toulouse et Angers ont pris un point au Vélodrome dans les arrêts de jeu.

En Ligue des Champions, l'OM a manqué le coche contre le Real Madrid qui a terminé à 10 (2-1), a perdu contre le Sporting CP après qu'Emerson a été exclu comme un bleu (2-1), et contre l'Atalanta au Vélodrome dans le temps additionnel (0-1). Et s'il en est sorti contre Newcastle après avoir été mené d'entrée (2-1), la réussite a été olympienne contre l'Union Saint-Gilloise (2-3).
Peu importe les analyses qui peuvent être faites quant aux décisions arbitrales favorables ou défavorables : De Zerbi n'arrive pas à trouver la bonne formule, à commencer par savoir s'il doit aligner une défense à 3 ou 4. Plus globalement, les chiffres offensifs de l'OM sont parmi les meilleurs d'Europe mais, quand l'équipe joue contre des concurrents directs, l'attaque fébrile avec à peine 2 buts contre les autres membres du Top 6, donc un csc. En somme, quand l'adversaire est intrinsèquement moins fort (Lorient, Metz, Nice en championnat, Ajax en C1), les buts peuvent vite défiler. Mais même lors des larges succès contre le Paris FC (5-2) et Le Havre (6-2), les Phocéens se sont faits des frayeurs quand Ilan Kebbal a été proche d'égaliser pour le promu et quand les Normands ont mené 1-0 avant l'expulsion de Gautier Lloris.
Deux mois sous haute tension
Le Transalpin a beau invoquer toutes les notions hors-tactiques, cela ne suffit pas pour bien jouer. Capable d'encenser ses joueurs avant de les envoyer à la cave et de multiplier des envolées populistes, De Zerbi s'en est sorti la saison dernière en partie par l'incapacité des concurrents directs à être réguliers et grâce à un calendrier très abordable. Cela sera-t-il le cas cette saison ? À l'arrivée du printemps, l'OM était dans un moment délicat mais avait réussi à relever le curseur pour disputer la Ligue des Champions. Ce qui était la moindre des choses dans une saison sans Coupe d'Europe à disputer.
Si le résultat prime pour un club qui a un besoin vital de disputer la C1, combien de temps les supporters seront encore derrière RDZ si le jeu ne suit pas ? Car en arrivant à Marseille, c'est avant tout pour sa hype tactique qu'il était attendu. 18 mois plus tard, le compte n'y est pas du tout, alors même que le club a réalisé de nombreux gros investissements sur le marché des transferts et sur sa masse salariale. De Zerbi ne trouve pas les ressources pour que son équipe joue bien et gagne quand ça devient difficile.
Gagner le Trophée des Champions serait un bonus alors que les cols s'enchaîneront rapidement : Liverpool (21-01), Lens (24-01), PSG (08-02), Strasbourg (15-02), Lyon (01-03), sans oublier les barrages de Ligue des Champions.
Le management de De Zerbi fait de plus en plus grincer les dents, surtout que dans une saison post-victoire en C1 du PSG, une porte semblait s'ouvrir pour conquérir le titre en Ligue 1. Au soir du Classique au Parc des Princes, la porte pourrait être définitivement fermée. Alors il sera déjà temps de dresser le bilan et de se demander si cela vaudra bien le coup de poursuivre un an de plus. Et s'il est encore trop tôt pour basculer vers une telle hypothèse, l'impression actuelle est celle d'une forme de lassitude croissante, voire d'une certaine crispation.
