"Le football français est un football sur lequel j'ai toujours porté mon regard, parce qu'il me plaît, il m'attire", confie d'emblée Montse Tomé. "Je l'ai découvert parce que nous nous sommes affrontés à de nombreuses reprises avec la sélection française. Elle a un potentiel énorme et je crois qu'elle a aussi un grand sélectionneur", ajoute-t-elle, en référence à Laurent Bonadei.
Un intérêt qui ne s'est pas limité à l'équipe nationale. Ces derniers mois, l'ancienne sélectionneuse s'est déplacée à plusieurs reprises pour suivre des matches de première division féminine française. "Cette dernière année, je me suis déplacée pour voir plusieurs matches de la Ligue française, parce que je crois que c'est une ligue en pleine croissance et qui a progressé cette dernière année", détaille-t-elle. "Je pense qu'elle va aussi franchir une étape importante sur le plan du jeu. Elles ont de plus en plus de joueuses de haut niveau et je vois qu'il y a du potentiel."
"Je crois que le football français a un potentiel énorme"
Le Paris Saint-Germain, qu'elle est allé voir pour sa demi-finale de playoffs d'Arkema Première Ligue, fait partie des équipes qui l'ont marquée. "C'est une équipe que j'ai pas mal suivie et qui a, je crois, un effectif solide, avec surtout des joueuses jeunes qui peuvent faire en sorte que cette équipe performe cette saison", explique-t-elle. "Le Paris FC est aussi une équipe qui est toujours là, qui propose un jeu plutôt bon." Plus largement, elle juge que le football tricolore dispose de réelles armes offensives : "Quand tu regardes les équipes françaises, quand tu regardes la sélection française, c'est une sélection qui a des joueuses avec une grande capacité à aller dans l'espace, qui a de bonnes latérales pour progresser. Je crois que le football français a un potentiel énorme."
Sur le plan structurel, la technicienne espagnole établit une comparaison nuancée entre les deux championnats. "Je crois que la Liga espagnole pratique un football différent, un football distinct, peut-être pas aussi vertical, pas aussi rapide", analyse-t-elle. "Je sens qu'au niveau structurel, la Liga espagnole a peut-être quelques années d'avance en matière de stades." Elle salue toutefois les progrès accomplis outre-Pyrénées : "C'est vrai que cette année, en Ligue française, on a réussi à jouer dans des stades importants, et presque tous en pelouse naturelle. C'est un pas important."
Et de conclure sur ce point avec un message plus général adressé à l'ensemble du football féminin : "Ce que j'espère, c'est que toutes les étapes que chaque ligue doit franchir continuent d'être franchies. Que dans le football féminin, on continue à miser davantage sur les moyens, à avoir de grands professionnels autour, pour que les joueuses soient bien encadrées et bien dirigées. C'est là-dessus qu'il faut continuer à travailler."
Interrogée sur une possible arrivée en France, l'ex-sélectionneure ne ferme pas la porte, bien au contraire. "Pourquoi pas ? Je crois que, comme je le dis, c'est une ligue que j'ai toujours observée, que j'ai toujours beaucoup analysée, ce football et ces joueuses, répond-elle. D'ailleurs, la finale de Ligue des nations qu'on a gagnée, c'était contre la France. Et bon, je connais très bien ce qu'est le football français, la langue aussi, je la maîtrise plus ou moins." Elle résume sa philosophie : "Au fond, je suis ouverte à de bons projets qui veulent bien faire les choses, où l'on est compétitif et où l'on peut gagner."
"Quand ce sera notre tour, on saisira notre chance"
Sur ses envies d'expérience à l'étranger plus largement, elle se montre tout aussi ouverte : "Je me pose la question de pouvoir quitter l'Espagne, c'est évident. Si un projet attractif arrive en Espagne, on est attentifs à tout. Et à l'étranger aussi. Je crois qu'après la sélection, on a acquis un bagage important d'expériences avec des joueuses du plus haut niveau, les meilleures joueuses du monde, et ça, c'est un atout qui, en tant qu'entraîneure et staff, te fait continuer à évoluer."
Sans club depuis son départ de la sélection espagnole, Montse Tomé confirme envisager sérieusement une nouvelle expérience sur un banc : "J'ai déjà envie de recommencer à entraîner. On en est là, cette année plusieurs propositions nous sont arrivées, qu'on a étudiées et analysées attentivement, et on est à un point où bientôt on pourra sûrement être en train d'entraîner." Elle tempère toutefois les espoirs d'un mouvement imminent en France, où le mercato des bancs est déjà largement bouclé : "Je crois qu'en ce moment, en Ligue française, presque tout est déjà acté, et dans presque toutes les ligues les choses sont plus ou moins bouclées. Mais bon, des imprévus peuvent toujours surgir et on sera préparés à tout. Au final, ce monde est un peu comme ça : quand c'est le tour des autres d'attendre, on attend, on souhaite le meilleur aux entraîneurs, et quand ce sera notre tour, on saisira notre chance."
