Le sujet revient en boucle : comment rendre plus populaire le championnat de France féminin dont les matches rassemblent en moyenne environ 2 000 personnes, loin des 28 000 de la Ligue 1 ? Pour marcher sur les traces de l'Angleterre, où la Women's Super League est davantage suivie et les enceintes remplies, la Ligue féminine de football professionnel tente de trouver des solutions pour attirer plus de public, essentiellement composé de familles.
Comme la saison dernière, la LFFP fait le pari ambitieux ce week-end de faire jouer les matches de la 4e journée dans les grands stades des clubs. Une autre journée aura lieu en seconde partie de saison.
Samedi, l'OL Lyonnes recevra aini les promues du "Téfécé" au Groupama stadium, Nantes accueillera Montpellier à La Beaujoire, Strasbourg affrontera l'Olympique de Marseille à La Meinau, le Paris FC jouera contre Lens à Charléty et Le Havre recevra Saint-Malo au Stade Océane. Et dimanche, Fleury accueillera le Paris Saint-Germain à l'Essonne Stadium de Bondoufle (près de 19.000 places).
Alors que cette journée avait été une réussite la saison dernière avec près de 70 000 spectateurs dont plus de 35 000 au Vélodrome (record en championnat), cela sera moins le cas ce week-end.
Un stade à dimension adaptée
Cette fois, "on ne va pas battre le record mais nous offrons aux joueuses les conditions qu'elles méritent, car elles valorisent beaucoup de jouer dans des grands stades", explique à l'AFP Andreea Koenig, vice-présidente de la LFFP, qui regrette que les sections féminines ne puissent pas jouer dans des stades avec une dimension adaptée.
Soit leur rencontres ont lieu dans des enceintes de 2 000 personnes, soit dans des stades de plus de 30 000 places et qui sonnent souvent creux, sans juste milieu, dénoncent les acteurs et actrices du milieu. Organiser ces journées dans des stades plus grands, "c'est le début d'un cercle vertueux, les clubs travaillent davantage leur communication, cela créé une ambiance pour revenir et augmente donc la visibilité", selon Andreea Koenig, également présidente du RC Lens féminin.
Chez elle, les matches ont lieu dans une enceinte d'environ 5.000 places mais la moyenne stagne autour de 1 300 spectateurs. Avec un souhait à court terme : le remplir à chaque fois. Cette opération "grands stades" n'est toutefois pas isolée puisque certains clubs ouvrent régulièrement leurs enceintes historiques, comme à Lyon.
Hausse de 40% l'an dernier
Que ce soit les matches européens ou de championnat, les Lyonnaises disputent depuis la saison dernière tous leurs matches à domicile dans l'écrin de 59 000 places situé à Décines-Charpieux, mais au trois-quart vide. La décision a été prise par la propriétaire américaine du club, Michele Kang, pour séduire un plus large public, jusqu'alors limité aux 1 500 places du centre d'entraînement. A terme, son équipe disposera de sa propre enceinte, dont la capacité sera mieux dimensionnée et adaptée à l'attractivité actuelle des compétitions féminines.
"L'affluence est un enjeux primordial de la LFFP, après une hausse de 40% la saison dernière, nous avons pour objectif de connaître une nouvelle hausse de 20% cette saison", souligne à l'AFP Paul-Hervé Douillard, le directeur général de l'instance.
Le prochain choc entre le PSG et Lyon se tiendra aussi au Parc des Princes le 17 octobre. En 2019, cette affiche avait réuni plus de 30 000 personnes à Lyon en championnat et 43 254 spectateurs en Ligue des championnes en 2022. On sera loin de ces chiffres dans quinze jours, alors que Lyon archidomine le championnat.
Malgré des progrès encore attendus, la France se targue de disposer désormais de la troisième meilleure affluence en moyenne dans les stades d'Europe, derrière l'Angleterre et l'Allemagne, mais devant l'Espagne et l'Italie.
