Interview Flashscore - Romane Enguehard : "Elles m'appellent 'Rorodinho' dans le vestiaire !"

Interview Flashscore - Romane Enguehard : "Elles m'appellent 'Rorodinho' dans le vestiaire !"
Interview Flashscore - Romane Enguehard : "Elles m'appellent 'Rorodinho' dans le vestiaire !"HAC Women

Milieu de terrain polyvalente devenue serial-buteuse, Romane Enguehard vit un début d’année 2026 sur un nuage. Avec trois buts lors des trois derniers matchs, la capitaine du HAC porte son équipe dans la course au maintien. Avant de défier le Paris Saint-Germain, elle revient pour nous sur sa nouvelle efficacité devant le but, son record personnel déjà battu et l’état d’esprit conquérant d’un groupe qui refuse de voir la saison comme un sprint, mais comme un marathon.

Flashscore : Comment ça va ? Cette semaine semble être un peu un marathon pour vous.

Romane Enguehard : Oui, très bien ! C'est vrai que c'est une semaine un peu intense, mais la forme est là. On a la chance de jouer nos deux matchs de championnat à domicile, et même notre match de Coupe de France s'est joué chez nous. On évite les déplacements et la fatigue des transports, c'est un petit avantage non négligeable quand l'effectif est un peu court pour enchaîner.

Et entre deux matchs comme ça, assez serrés, c'est plus de la récupération que vraiment du travail de fond ?

Oui, le travail de fond, on l'a fait depuis le 2 janvier là où on a repris l'entraînement, donc on a eu une dizaine de jours pour bien reprendre et faire une mini prépa pour physiquement revenir un petit peu au niveau. Après là entre les deux matchs, ça a été de la récup hier et puis un peu de tactique et aujourd'hui une séance basique. Après, c'est vrai que sur le terrain, on a pas non plus... On a essayé de redonner un peu de jus, mais on a pas trop envoyé comme ça peut être le cas d'habitude.

C’est un calendrier particulier pour une reprise en janvier, non ?

C'est spécial de reprendre après la trêve par deux matchs de championnat en pleine semaine, surtout avec le froid actuel. Mais bon, on aime jouer. On a eu une dizaine de jours depuis la reprise le 2 janvier pour faire une mini-prépa physique et tactique. Tout le monde est disponible pour le match de demain, donc c’est top.

Comment vous vivez cette reprise 2026 après une fin d’année 2025 difficile marquée par cinq défaites consécutives ?

La dynamique est bonne. On savait que la fin d'année serait compliquée au vu du calendrier. Beaucoup nous disaient vous faites un super début de saison, vous allez pouvoir peut-être potentiellement viser plus haut. Mais nous, on a toujours été conscientes qu'en jouant au HAC et avec les moyens et l'effectif qu'on a, notre objectif principal, ça reste le maintien. Et donc, on n'a pas été surprises par ça. Et je pense qu'on a bien travaillé. On n'a pas forcément été récompensées de suite. Mais là, depuis le début d'année, on voit qu'il y a cette solidarité, cet élan qui est positif. De commencer déjà par une victoire en coupe, c'est une bonne chose. Et ensuite, prendre un point contre le Fleury, c'est pareil, hyper bon pour la confiance. Et j'espère que ça va nous lancer idéalement pour cette deuxième partie de saison.

"La saison, ce n'est pas un sprint, c'est un marathon"

Et quand, à la fin de l'année 2025, vous enchaînez quatre défaites, est-ce que c'était un peu dur de rentrer, de fêter Noël, avec ces défaites accumulées ?

On est compétitrice donc on ne le vit pas forcément bien quand on perd mais on a toujours gardé en tête qu'à un moment donné au vu de tous les efforts qu'on fait au quotidien et l'entente qu'il y a dans l'équipe, parce que franchement on a un super groupe... Ça nous a permis de couper on va dire cette trêve hivernale, de régénérer un petit peu les cerveaux. Mais non, après, on sait que la saison, c'est très long. Le coach dit souvent que la saison, ce n'est pas un sprint, c'est un marathon. Et je pense qu'on l'a toutes en tête. Et quand on voit l'année dernière, à la même époque, on avait moins de points et au final, on s'est sauvées. Donc non, il n'y avait pas de doute, juste l'envie d'être récompensée parce que c'est vrai que quand on travaille énormément et que ça ne porte pas forcément ses fruits directement c'est un peu frustrant mais la saison est longue donc on l'a bien vécu et on était toutes contentes de se retrouver le 2 janvier. 

Cette saison on a découvert une nouvelle compétition, la Coupe de la Ligue. Quel bilan en tirez-vous ?

Oui, c'est vrai que ça a permis de donner un peu de temps de jeu à tout le monde. On a un effectif très jeune et un club qui est très porté sur la formation. Donc, on a énormément de jeunes qui s'entraînent avec nous au quotidien. Mais là, le fait d'avoir cette compétition en plus, ça a permis aussi de les voir en compétition. Et c'est vrai que c'était positif pour la dynamique de groupe parce que toutes les joueuses puissent avoir du temps de jeu comme ça et se sentir... On sait qu'on a toutes un rôle et qu'on a toutes notre carte à jouer mais c'est vrai que quand il y en a certaines qui peuvent être un petit peu plus sur le banc ça peut frustrer et je pense que le fait qu'il y ait cette compétition ça a été bénéfique à ce niveau-là. Je pense que c'était vraiment une bonne chose après malheureusement on n'a pas réussi à se qualifier.

Vous y allez avec quels objectifs dans cette nouvelle compétition ?

On est compétitrice donc quand on s'engage dans une compétition, on a forcément envie de la jouer à fond. C'est juste dommage qu'on ait, dès le premier match contre Nantes, perdu 1-0 parce que je pense qu'on avait fait quand même des bonnes choses. Et on a chuté. Après, on sait que Nantes, c'est une très bonne équipe qui le montre là actuellement en championnat. Mais non, on avait l'objectif de se qualifier, ça ne l'a pas fait après, il nous reste encore deux compétitions et si on peut se servir de la Coupe de France comme on l'a fait l'année passée pour entamer une dynamique et pouvoir enchaîner les matchs... Là si on peut aller le plus loin possible en coupe et pourquoi pas égaler, voire dépasser le record de la saison passée ou en tout cas aller en demies, ça serait top pour le club.

Surtout que vous affronterez Nice, qui est un peu en difficulté en D2, donc il y a quand même moyen de passer au tour suivant.

Oui, c'est une équipe de deuxième division. Après, on sait qu'en coupe, il y a toujours des surprises, donc on va le jouer sérieusement, surtout qu'après, on enchaînera avec deux matchs de championnat, deux déplacements à Saint-Etienne et Montpellier, donc je pense qu'on va essayer de se servir de ce match pour préparer déjà le championnat, parce que c'est quand même notre objectif principal. On a vraiment envie d'aller gagner à Nice, de faire ce déplacement et de se qualifier pour la suite.

"On est capable de proposer des choses contre toutes les équipes"

Vous avez accroché Fleury (1-1) mercredi et vous affrontez le PSG demain. Quel est l'état d'esprit ?

Il n'y a pas forcément de match bonus. Hormis Lyon qui est intouchable, on a vu en première partie de saison qu'on était capable de faire bonne figure et de proposer de bonnes choses contre toutes les équipes. On n'a pas, que ce soit contre Nantes, je pense, à 2-1, Dijon 1-0. Après, même contre Fleury on ne perd que 1-0 donc on a vu en première partie de saison qu'on était capable de se procurer des occasions contre toutes les équipes. À l'entame de cette semaine on avait envie de vraiment mettre en place ce qu'on avait travaillé depuis la reprise et il n'y avait pas forcément un objectif de points mais on savait qu'on était capable de prendre des points. Ce n'est pas parce qu'on joue deux adversaires du haut de tableau qu'on y va tranquille, on a vraiment envie de se donner à fond. Ça a payé contre Fleury en prenant un point donc on va essayer de refaire la même chose contre le PSG demain. Après ce sera un match différent avec un PSG qui certainement aura envie sur cette deuxième partie de saison, de remonter un petit peu au classement au vu des circonstances. Le fait d'affronter ces deux équipes, ça nous remet directement dans le bain et c'est une bonne chose.

Est-ce que vous avez la sensation que ce PSG est peut-être plus accessible ?

Oui, après, ça reste une belle équipe. Elles ont eu quelques accros en compétition européenne. Elles sont déjà éliminées. De l'extérieur, on a peut-être ce sentiment-là que l'équipe est un petit peu moins rodée que les saisons précédentes. Mais il faut l'avouer, ça reste une très grosse équipe. On l'a vu à l'aller, c'est clinique, il y a encore des joueuses de grande classe et c'est une équipe qui restera dans le haut de tableau. Donc nous, on va l'aborder avec humilité, mais en voulant aussi se faire respecter. Et montrer qu'on est capables, en jouant toutes ensemble, que ce soit les 11 qui vont commencer, toutes les filles qui sont sur le banc et même celles qui ne vont pas être dans le groupe, qu'on travaille bien et qu'on peut vraiment surprendre nos adversaires.

En plus, ça va se jouer au stade Océane. Vous pouvez peut-être compter un peu sur le public pour vous pousser ?

Oui, après, on aimerait qu'il y ait encore plus de monde parce que c'est vrai qu'on a la chance de jouer dans ce beau stade et le club nous met ce stade à disposition. Donc si on pouvait le remplir encore plus, on aimerait que ce soit le cas. Après, on a quand même des supporters fidèles qui viennent très régulièrement et c'est sûr que c'est bien. On a bien commencé l'année 2026 à Océane avec deux matchs où on s'est qualifiés et on a pris un point. Donc, espérons que ça continue dans ce sens-là.

"On essaie de donner notre maximum pour laisser le HAC en première division"

Vous en parliez tout à l'heure, il y a eu cette sanction contre le PSG et donc un match gagné 3-0 à l'aller sur tapis vert, alors que Le Havre n'était initialement pas concerné par l'histoire. Comment vous l'avez vécu ?

Nous c'est vrai que c'est sorti un petit peu de nulle part entre guillemets. Nous en tant que joueuses on n'en a pas du tout été informées. Je pense qu'ils ont raison que ça reste comme ça tant que ce n'est pas officiel. Après, s'il y a eu une erreur et qu'on récupère les points, on ne crachera pas dessus, forcément. C'est la règle, entre guillemets. Si la décision est prise dans ce sens, nous, on ne peut pas faire grand-chose. Je comprends que pour certains autres clubs, ça puisse paraître un petit peu comme un cadeau bénéfique pour nous. Je l'entends, mais après, on attend juste la décision officielle et si on récupère ces points, ça sera un petit plus. C'est toujours bon à prendre. Le temps que l'appel n'est pas passé, on n'a pas grand chose à faire hormis se concentrer sur les matchs qu'on a à jouer.

Potentiellement il n'y aura que les 3 points contre Fleury qui seront déduits des points du PSG. Est-ce que c'est un peu stressant de jouer en ne sachant pas vraiment combien de points on a ?

Non ce n'est pas stressant. On est concentrées pleinement sur les matchs qu'on a à jouer, le reste, on ne le maîtrise pas, on ne le contrôle pas, donc si on est amenées à les récupérer, tant mieux pour nous, si on ne les a pas, on ira chercher notre maintien sur le terrain. On n'en a quasiment pas parlé, parce qu'on n'était pas forcément au courant et quand on l'a su on s'est dit : "Bon ok ça peut être une bonne chose !" Mais on a vraiment envie d'aller enchaîner les bonnes performances en deuxième partie de saison et profiter, prendre du plaisir et obtenir le maintien le plus rapidement possible.

Justement, est-ce que vous vous êtes optimiste pour ce maintien. Vous disiez que vous avez plus de points à la même date que la saison passée dans le jeu, on a l'impression que ça se passe un petit peu mieux pour Le Havre ?

Oui, oui, j'ai vraiment confiance en cette équipe. Depuis le début de saison, on travaille beaucoup, on met des choses en place et on n'a pas de matchs en première partie de saison, hormis le match contre Lyon où on prend un gros score mais sinon, pour le reste, à chaque fois, c'était des matchs accrochés, des matchs où on a réussi à marquer, où on a été assez solides défensivement. Donc non, je pense qu'il y a du positif.

On a pu ressortir frustrés de certains matchs, mais j'ai vraiment confiance en cette équipe et je pense qu'on a de la qualité. Après, il faut que les petits détails qui étaient en notre défaveur en première partie de saison tournent en notre faveur en deuxième et ça ira. Après, on prend du plaisir sur le terrain à bien défendre ensemble. Là, on a vu le bon exemple, c'était contre Fleury mercredi, où on a réussi, après avoir égalisé, à défendre. Et on a même quasiment obtenu des situations pour mener. Je pense qu'on a le plan de jeu en tête et on essaie de donner notre maximum pour laisser le HAC en première division.

"Les plus jeunes nous apportent cette folie"

Vous, vous avez quel rôle en tant que capitaine dans cette bonne dynamique ?

On est plusieurs leaders dans l'équipe avec moi. Après, on a vraiment une bonne entente dans l'équipe. Tout se passe bien. Donc oui, c'est surtout essayer de motiver, d'essayer que les frustrations de certaines, qui soit ne marquent pas, soit ne jouent pas, soient... On est tout le temps ensemble, donc forcément, dans un groupe, il faut toujours essayer de garder une bonne osmose, et c'est un peu ce rôle-là, essayer que tout le monde se sente concerné et se rendre compte qu'au final, si on a envie d'aller chercher ce maintien, tout le monde aura son importance.

Vous vous êtes un peu répartie les rôles entre les différents leaders du vestiaire. Vous, quel type de leader vous êtes ? Celle qui va parler peut-être au coach ou celle qui va s'occuper des plus jeunes ?

Oui, on a un effectif très jeune. J'ai que 26 ans, mais les filles qui sont nées avant l'année 2000, on essaie d'apporter un petit peu cette expérience. J'ai plus un rôle de leader de terrain, d'essayer de voir que le plan de jeu est compris par tout le monde, de me motiver, de me battre sur le terrain et montrer l'exemple. Je donne mon maximum et c'est vrai que d'être capitaine c'est une bonne chose mais ça ne change pas réellement ce que je suis sur le terrain ou dans la vie de groupe, j'essaye toujours de me donner à fond.

L'équipe est très jeune, comment ça se passe au quotidien de vivre avec une équipe aussi jeune et vous finalement à 26 ans d'être une des plus âgées presque du groupe ?

C'est rafraîchissant parce que vraiment, il y a une bonne entente ! Les plus jeunes nous apportent un peu cette folie. Les plus anciennes, on essaye d'apporter de l'expérience. Il y a des moments, je ne connais pas toutes les musiques qu'elles mettent dans le vestiaire. Pourtant, je n'ai que 26 ans, mais quand j'entends un petit peu, même sur les réseaux sociaux, des choses comme ça, ça me fait rire parce que c'est des petites jeunes qui ont l'âge de mes petites sœurs... Mais franchement, c'est top d'avoir des filles comme ça qui poussent et qui ont envie de montrer que même si elles sont jeunes, elles sont capables d'apporter un groupe d'Arkema Première Ligue, donc non, au quotidien, c'est hyper plaisant de côtoyer ces filles-là.

Elles amènent un petit peu de légèreté ?

Complètement. Elles ont conscience qu'un maintien, c'est difficile à aller chercher, mais elles essayent de pousser un petit peu pour montrer qu'elles sont là et que si les filles qui sont un petit peu plus âgées ou qui ont un peu plus d'expérience sont un peu dans le dur, elles sont là pour prendre le relais. On n'a pas un effectif avec énormément de joueuses, mais le fait d'avoir les plus jeunes au quotidien d'entraînement, ça permet de nous pousser et qu'on ne soit pas un petit peu dans ce confort qui peut être pas mauvais.

C'est quoi votre rôle auprès d'elles ? Vous essayez de les encadrer, de leur donner des conseils ?

Oui, c'est vrai que je me revois un petit peu à cet âge-là et je sais que quand j'étais une petite jeune comme ça dans le groupe, j'avais des plus âgés qui m'ont bien entourée, bien encadrée, qui m'ont montré comment ça pouvait fonctionner dans une équipe senior... Donc j'essaye d'avoir un petit peu ce rôle-là, de leur parler, de savoir un petit peu comment ça se passe en cours. Il y en a certaines qui, par exemple, je me rappelle contre Lyon, Emmy Lefevre, par exemple, elle avait un bac blanc à 7h30 le jour du match. Et l'après-midi elle était sur le terrain pour jouer contre Lyon. Donc, c'est des choses qui sont assez sympas. Et donc, on essaye de discuter avec elles, de voir un petit peu comment ça se passe et de leur montrer qu'on est là s'il y a besoin. Ce n'est pas toujours évident d'arriver dans un groupe senior comme ça, mais je pense qu'on est assez bienveillantes entre nous.

"Ce sont des filles qui peuvent aller haut"

Comment vous jugez leur progression ? Parce qu'il y en a quand même dans l'équipe qui sont des jeunes talents attendus au niveau français, je pense à Chancelle Effa-Effa, Melinda Mendy, Célestine Boisard...

Quand je suis arrivée au club il y a cinq ans, Melinda et Chancelle avaient 15 ans et elles s'entraînaient déjà avec nous quand on était en D2. Donc j'ai pu voir leur évolution et c'est assez fou parce qu'elles avaient déjà énormément de talent. Mais même au niveau du groupe, elles prennent de plus en plus de place. Elles ont toujours eu de l'importance. Mais là, on les sent de plus en plus à l'aise dans le groupe. Ce sont des top personnes. Je trouve qu'elles évoluent bien, même si elles ont encore une marge de progression. Mais ce sont des filles qui, je pense, peuvent aller haut et j'espère que dès cette deuxième partie de saison, elles vont encore plus se montrer individuellement, mais au bénéfice du collectif pour nous aider à aller chercher ce maintien. Mais même Célestine, depuis le début de saison, ce n'était pas forcément attendu et elle est titulaire. Donc non, franchement, c'est top parce que ce sont des joueuses qui ont été formées ici, qui ont l'amour du club et qui ont vraiment envie de le laisser en Arkema Première Ligue.

Le départ d'Elisabeth Tse à Washington Spirit, ça vous a surprises un peu ?

Elisabeth c'était vraiment un pilier de notre défense. Donc c'est vrai que c'est toujours difficile de perdre une telle joueuse et une telle personne. Parce que pareil, au niveau de l'état d'esprit et de l'humain, franchement, Elisabeth, c'était incroyable. Évidemment, on est triste de l'avoir partir. Mais après, c'est une belle opportunité pour elle. Donc on lui souhaite vraiment que des bonnes choses là-bas. Et on espère pouvoir suivre un petit peu tous ces exploits là-bas, je pense qu'elle a vraiment un bel avenir devant elle. Je ne me fais pas trop de soucis pour elle. Vu tout ce qu'elle a montré ici, je sais qu'elle va exploser là-bas.

C'est gratifiant pour le club dans sa globalité quand même de voir qu'il y a des joueuses qui sont suivies par des clubs qui jouent souvent finale de play-off en NWSL...

C'est ça. Quand on a appris son départ, on était déçues, mais quand on a su le club qu'elle rejoignait, on s'est dit que c'était top et franchement, c'est que du positif. C'est sûr que ça montre que le club travaille bien, que les joueuses, quand on fait de bonnes performances collectives, individuellement il y a des talents qui sont repérés. C'est vraiment un bon signal et j'espère que il y a d'autres filles qui suivront.

"J'ai envie de rendre la confiance que le club m'a accordée"

Comment vous vous sentez vous dans ce projet havrais ? Il y avait des incertitudes sur le projet féminin l'été dernier...

C'est ma cinquième saison ici et je m'y sens vraiment très bien c'est un club où j'ai plaisir à évoluer, une ville dans laquelle je me sens bien. Donc là, j'arrive en fin de contrat de nouveau parce que j'avais prolongé que d'une saison. Comme on ne savait pas trop, le rachat, il s'est fait en juillet. Donc à voir. Mais en tout cas, moi, je suis pleinement investie et j'ai envie de rendre la confiance que le club m'a accordée parce qu'ils sont venus me chercher en deuxième division. Et au final, aujourd'hui, j'évolue en Arkema Première Ligue. Donc non, j'ai vraiment envie de leur rendre ça jusqu'au bout. Et on verra, je ne sais pas encore de quoi l'avenir sera fait. Mais en tout cas, le temps que je suis ici, je me donnerai à 100%.

C'est quoi du coup le nouveau projet havrais après le rachat ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé ?

Il n'y a que la section masculine au final qui a été rachetée. C'est Vincent Volpe, l'ancien actionnaire des garçons, qui a toujours la section féminine. Donc au final, il n'y a pas grand-chose qui a changé. On sait qu'on a sa confiance. C'est quelqu'un qui est très investi, qui compte beaucoup sur la section féminine, qui accorde vraiment une importance. On a de ses nouvelles régulièrement et il est investi. On sait qu'on a quelqu'un de bien au-dessus de nous, on ne se pose pas trop de questions.

Et il n'y avait pas pour projet de vendre la section féminine ?

C'était dans les tuyaux. Il y a eu des discussions mais ça ne s'est pas fait. Pour l'instant, nous, on n'a pas forcément de nouvelles en tant que joueuse. Donc, on a vu Vincent Volpe qui est venu nous rendre visite en début de saison pour nous dire qu'en tout cas, c'était toujours lui aux manettes et qu'il comptait beaucoup sur nous. Nous sur le terrain, on essaye de lui rendre un petit peu tout ce qu'il a mis en place, parce que c'est lui qui a créé cette section féminine, c'est lui qui a permis à ce qu'on joue au Stade Océane...

"Depuis quelques semaines, je marque un peu plus qu'à mon habitude"

Comment vous vous situez cette saison là par rapport à la saison passée aussi bien niveau collectif que personnel ?

Il y a eu des changements à l'intersaison, mais c'est un petit peu dans la lignée de ce qu'on a fait la saison passée. Après, on a eu un très, très, très bon début de saison, le meilleur depuis que je suis au Havre. On a pris des points très rapidement, on a proposé de très belles choses. Ce sont deux saisons différentes, mais au final, si on peut faire la même chose en seconde partie parce que c'est à ce moment-là où on a réussi à un petit peu exploser l'année dernière... J'avoue que moi je fais du foot pour vivre des émotions et que ce soit l'année dernière ou là depuis la première partie, on en vit. Donc, c'est cool. Après, je suis compétitrice, donc j'aimerais qu'on gagne encore plus. Mais je pense qu'on va y arriver pas à pas et tranquillement à notre rythme. Évidemment, ça peut être un peu stressant de jouer le maintien, mais on en était conscientes dès juillet. Donc, on est prêtes et préparées pour ça.

Est-ce que le fait qu'il y ait eu un peu moins de changements au mercato avant le début de saison, peut-être que les années passées, ça aide aussi d'avoir une certaine constance dans le projet de jeu ?

Oui, au niveau du staff, au niveau du coach, c'est resté pareil. Il y a eu des départs de joueuses qui avaient fait une très bonne saison l'année dernière donc il a fallu se réadapter et intégrer des nouvelles joueuses, mais je pense que ça s'est fait assez naturellement. Avoir cette cette stabilité ça permet de travailler avec des personnes sur le long terme et je pense qu'on le ressent au quotidien. On sait comment les gens fonctionnent. On connaît la méthodologie de travail.

Personnellement, cette saison, comment ça va ?

Ça se passe bien. Ça faisait quelques saisons où j'étais amenée à être plus défensive parce que j'ai été formée au milieu de terrain mais depuis que je suis arrivée au Havre, j'ai aussi évolué pas mal en tant que latérale. Depuis le début de saison, j'ai un peu plus joué au milieu, j'étais amenée à jouer en défense centrale un ou deux matchs et là en tant que latérale contre Fleury. J'ai cette polyvalence, j'essaye d'aider le collectif à atteindre ses objectifs. Pour moi, ça ne me pose pas de problème d'être amenée à jouer à plusieurs postes, mais c'est vrai que je me suis procurée beaucoup plus d'occasion en étant un peu plus haute. Depuis quelques semaines, je marque un peu plus qu'à mon habitude. C'est top parce que si ça peut aider le collectif à prendre des points ou à se qualifier, c'est l'objectif principal.

Et peu importe le poste, vous marquez quand même.

Oui, c'est vrai que là, j'ai marqué sur une phase arrêtée en étant latérale. Je n'ai pas forcément cette habitude de marquer mais là, ça fait trois buts en trois matchs. Donc, on a envie que ça continue. Si ça peut permettre à l'équipe d'atteindre ses objectifs, franchement, c'est que du positif. Que ce soit moi ou une autre qui marque, franchement, je prends. Après, c'est toujours bon pour la confiance de marquer.

"Je n'ai pas forcément de célébration donc je cours dans tous les sens"

Trois buts en trois matchs, ça vous était déjà arrivée, même chez les plus jeunes, en U19 ?

Non, je ne pense pas. Franchement, je n'ai pas le souvenir d'avoir eu une série comme celle-ci. Après, c'est vrai que c'est un petit peu surprenant, mais en même temps, depuis le début de saison, j'essaie de travailler aussi un petit peu devant le but parce que, comme je le disais, depuis septembre, à chaque match, je me procure pas mal de situations d'occasion assez franches en étant un peu plus haute sur le terrain. Je les travaillais un petit peu moins à l'entraînement, quand j'étais défenseure, j'avais pas trop ces repères. Et là, le fait de travailler à l'entraînement, je me sens un peu plus en confiance. Et ça paye.

Vous vous étiez fixée un objectif de nombre de buts avant le début de la saison ?

Dans mes habitudes, non. Et c'est vrai que là, en prépa, je m'étais dit : "Bon, allez Romane, cette saison, on essaye quand même d'avoir un petit peu plus que ce soit de buts ou de passes décisives." Donc, je m'étais fixée un objectif. On n'en est pas trop loin. En tout cas, au nombre de buts, j'y suis. Après, aux passes décisives, j'ai encore un petit peu de chemin. Mais si je peux dépasser tout ça, ça ne sera que du bon.

Et vous avez gagné un petit surnom dans le vestiaire, "Rorodinho" après ces 5 buts inscrits toutes compétition confondues !

C'est ça oui ! Parce que des fois à l'entraînement, je tente des gestes techniques alors que je ne suis pas normalement la joueuse qui va tenter des dribbles, etc. Mais parfois, ça m'arrive. Et donc, quand j'en réussis, c'est le petit surnom. Et là, en ayant marqué ces buts, ça y est, elles m'appellent comme ça. Ça me fait rire. Enfin, je le prends un peu, surtout à la rigolade. C'était du chambrage à certains moments, là évidemment c'est bienveillant. Elles sont drôles.

Est-ce que les buts c'est vraiment comme le ketchup, t'en marques un et après ça va tout seul ?

Franchement il faut croire ! Quand j'ai marqué contre Fleury mercredi... Déjà je n'ai pas forcément de célébration donc je cours dans tous les sens et quand les filles sont venues vers moi, je leur ai dit : "Mais c'est n'importe quoi ce qui se passe !" Parce que vraiment, d'habitude, c'est moi qui leur cours dessus, qui cours derrière Chancelle, Zoé pour célébrer et là, le fait que ce soit moi, c'est cool. Dans tous les cas célébrer des buts, que ce soit moi ou une autre, j'adore ça.

Vous réfléchissez à une célébration ou pas pour la suite de la saison ?

Les filles me mettent un peu la pression là-dessus. Elles me disent : "Bon il faut que tu trouves une célébration mieux que ça parce que là, ça part dans tous les sens !" Donc, j'y réfléchis mais en même temps, j'aime bien décider un petit peu sur le moment comme ça. C'est drôle. Ça offre des moments un petit peu marrants.

Si vous demandez aux plus jeunes, je suis sûre qu'elles ont plein d'idées.

Oh oui, je pense. Je pense à Chancelle, à chaque fois qu'elle marque, elle a une célébration différente. Donc, je pense que oui, je peux leur demander des conseils là-dessus.

C'est quoi votre but préféré cette saison ?

Au niveau de la beauté, celui contre Auxerre était pas mal. Mais au niveau des émotions et du point pris contre Fleury, je pense que celui-ci. Il était quand même bien et j'espère que en plus ça nous lance dans une belle année 2026 donc on va dire celui de Fleury quand même