Interview Flashscore - Léa Declercq (Dijon) : "On a un coup à jouer contre le PSG"

Interview Flashscore - Léa Declercq (Dijon) : "On a un coup à jouer contre le PSG"
Interview Flashscore - Léa Declercq (Dijon) : "On a un coup à jouer contre le PSG"DFCO

Avant d'affronter le Paris Saint-Germain ce mercredi soir (19h), Léa Declercq, joueuse la plus capée de Dijon, s'est confiée à Flashscore sur ce choc, le fait d'avoir passé 8 ans au DFCO, ses buts sur coup franc direct, son rôle de leader au sein du vestiaire.

Flashscore : Comment ça va ce matin en ce jour de match ?

Léa Declercq : Ça va, je me prépare, je ne suis pas stressée. Un jour de match classique.

Même quand l'adversaire en face est le PSG ?

Oui, il n'y a pas de pression supplémentaire. C'est le PSG, ça reste un gros adversaire. Il y a même moins de pression que contre certains adversaires où on doit absolument gagner.

À Dijon, vous êtes sur une série de 4 matchs sans défaite, alors que vous avez connu un début de saison un peu plus difficile, beaucoup lié au calendrier. Est-ce qu'on peut dire que ça y est, Dijon a trouvé ses marques et que l'équipe est lancée ?

Oui, ça fait un moment qu'on reste sur une bonne dynamique. En début de saison il a fallu qu'on trouve les automatismes avec les nouvelles joueuses, parce qu'on a eu beaucoup de départs en fin de saison dernière. La saison est lancée et on voit sur les derniers mois il y a une nette amélioration. 

Au niveau offensif, on sent que l'équipe est capable de marquer beaucoup de buts...

Oui. Après, c'est un axe à améliorer je trouve, parce qu'on est, il me semble, à neuf buts en championnat. C'est sûr qu'en coupe c'est autre chose, on marque beaucoup plus. Mais sur le championnat, on est à neuf buts sur la première partie de saison. Je trouve que ce n'est pas suffisant encore. Si ça nous permet de gagner des matchs, même si c'est que 1-0, on le prend.

Est-ce que ces matchs de coupe, avec la victoire 4-1 contre Toulouse, ça vous redonne un peu de confiance pour la suite ?

Forcément. En plus, c'était le premier match de l'année on commence sur une bonne dynamique et on marque des buts, donc pour la confiance, c'est important.

"On l'a un peu dans un coin de notre tête ce penalty"

Ce soir, vous affrontez le PSG, mais ce n'est pas le meilleur PSG qu'on a pu voir ces dernières années. Elles sont 5e de D1 suite au retrait de points concernant la licence de Jourde, elles ont fait match nul contre Montpellier et ont eu du mal à battre Lille en coupe. Est-ce que vous vous dites que Dijon peut faire un coup ?

Oui, on se l'est dit qu'on pouvait faire un coup contre le PSG. On sait que ce n'est pas leur meilleur championnat cette année et qu'elles ont des difficultés. À nous de trouver les failles, mais on s'est encore dit hier qu'on avait un coup à jouer contre elles. On l'a vu aussi qu'elle étaient en difficulté sur la première partie de saison. Ce soir, on va jouer pour faire un résultat. À l'inverse du match aller où je trouve qu'on s'était un peu contentées de défendre, là on s'est dit qu'il fallait oser un peu plus pour obtenir un résultat positif.

Et au match aller, vous n'étiez pas passées si loin d'accrocher un match nul.

Oui... En plus il y a ce penalty un peu limite de mon point de vue, donc c'est toujours un peu décevant. On l'a vu à l'aller, on n'est pas passé loin de les accrocher, donc à nous de faire mieux. On l'a un peu dans un coin de notre tête ce penalty. On ne peut pas vraiment parler d'un sentiment de revanche. On va juste tout faire pour accrocher ce PSG.

Puis là, vous jouez à domicile, à Gaston-Gérard. Il ne fait pas trop froid, il devrait y avoir du monde, ça va compter.

Oui, forcément, quand on joue à domicile, on sait que nos supporters sont là pour nous pousser. À nous de faire un bon match ce soir et de les rendre fiers !

Comment vivez-vous ce partage des points avec Fleury, Le Havre et Strasbourg après la sanction du PSG ?

J'aurais préféré qu'il n'y ait pas cette sanction parce que pour nous, on perd une place au classement. C'est le jeu. S'il y a eu sanction c'est qu'il devait y avoir sanction. Mais pour nous c'est un peu plus embêtant.

"Je suis tellement bien à Dijon que c'est toujours le cœur qui parle"

En fin de saison dernière, vous aviez annoncé ton départ avant de changer d'avis. Pourquoi ?

C'est vrai que je l'avais annoncé. Avec la direction, on était un peu dans le flou. On arrivait fin mai et je n'avais toujours pas de nouvelles, je ne savais pas si le directeur sportif allait rester. Quand il m'a appelée pour me dire qu'il restait, on s'est entretenus assez longuement. Ça a changé la donne et j'ai décidé de rester.

Qu'est-ce qui était flou ? Le projet de rachat de la section féminine ?

Ouais, on ne savait pas trop où on allait. Beaucoup de joueuses annonçaient leur départ, il y avait le projet de rachat, avec la direction actuelle on ne savait pas trop où on allait... Tout était flou. Mais quand j'ai appris que le directeur sportif restait, il m'a convaincue.

Aujourd'hui, ces ambitions de rachat, c'est plus clair pour le club ?

Ils sont toujours en pourparlers, mais moi je ne m'occupe que du terrain. Je sais que c'est avancé dans les démarches mais je n'en sais pas plus.

Mais ça joue quand même sur vous, car cela définit le projet futur.

Forcément, mais là on est en pleine saison, on ne pense pas encore à ce qui va se passer en fin d'année. On donne tout pour le moment.

Est-ce que vous avez eu envie de voir ailleurs, dans un autre club ou un autre pays ?

Ça m'a déjà traversé l'esprit, j'ai déjà eu des envies d'ailleurs. Cette année encore, après 7 ans au club, je me suis dit que c'était peut-être le moment. Mais je suis tellement bien à Dijon que c'est toujours le cœur qui parle, donc je reste. On verra l'année prochaine.

Une carrière de joueuse n'est pas très longue, vous avez 30 ans. L'étranger ne vous tente pas ?

Pas forcément l'étranger, non. Pourquoi pas découvrir d'autres clubs en France, mais l'étranger je ne me le dis pas forcément. Je préfère rester en France.

Vous n'aurez pas de regrets d'avoir passé toutes ces années à Dijon ?

Non, j'ai pas de regrets. À partir du moment où je décide de rester, je n'ai plus de regrets après.

"C'est le club qui m'a fait grandir"

Vous êtes la joueuse la plus capée de Dijon, là depuis 2018. Qu'est-ce qui a changé au club entre votre arrivée et maintenant ?

Beaucoup de choses ! Avant, on s'entraînait au Poussots. Maintenant, on a un nouveau centre, très beau, on n'est pas nombreux en France à avoir un tel outil. Il y a aussi les déplacements : à mes débuts, on partait en minibus avec des bénévoles. Ce n'est plus le cas. Tous ces petits détails font que ça évolue positivement.

Et personnellement, comment voyez-vous votre évolution au sein du club ?

C'est le club qui m'a fait grandir. Je suis arrivée à 23 ans, j'en ai 30 aujourd'hui. J'ai grandi là-bas en tant que joueuse et en tant que femme.

Ce n'est pas difficile de se réadapter chaque année, vu le gros renouvellement de l'effectif à Dijon ?

Non, il y a toujours une ossature qui reste. On était encore 3-4 à être là depuis 5-6 ans l'an dernier. Il y a Noémie Carage, Margaux Vairon... On est habituées au changement, ça permet de découvrir de nouvelles personnes, de voir de nouvelles choses, c'est bien aussi.

Quel est votre rôle au sein de l'équipe en tant que "taulière" du vestiaire ?

Forcément, de par mon vécu, je suis une cadre. Mais ce n'est pas pour autant que je me prends pour une autre. On est une équipe assez jeune, donc on est deux ou trois cadres pour encadrer tout ça.

Est-ce que vous ressentez le besoin de transmettre l'âme et l'identité de Dijon aux nouvelles ?

Oui, on a cette âme club en nous et on essaye de la retransmettre. Quand elles arrivent dans un nouveau club c'est pour défendre ces couleurs. On a cette âme club un peu plus qu'elles de par notre vécu forcément. Les valeurs de Dijon, c'est un club assez familial, avec de la solidarité et du respect. Il y a aussi de la résilience, car on n'a pas vécu que des saisons faciles, comme il y a trois ans où on joue le maintien sur la dernière journée contre Montpellier. Mais ça évolue positivement depuis.

"Je me sens bien dans la ville"

L'équipe est jeune, avec des filles comme Lina Gay, Juliane Denizot ou Clelia Ducreux qui intègrent le groupe pro depuis la formation. Quel est votre rôle auprès d'elles ?

C'est de les accompagner au maximum. Notre nouveau coach, Pierre-Alain Picard, était à la formation l'année dernière avec les U19, donc il les aide aussi beaucoup à s'intégrer.

Vous n'êtes pas de la région, comment expliquez-vous cet attachement à Dijon ?

Dès la première année, je me suis sentie bien. Les personnes au club font que je me sens bien. Je me sens bien dans la ville... Tout ça est hyper important pour moi. Quand tu restes 4 ou 5 ans, c'est que tu t'y retrouves à tous les niveaux.

Il y a pas mal d'étrangères à Dijon. Est-ce que vous avez dû apprendre l'anglais ou le polonais ?

J'avoue que je ne suis pas très forte en anglais, donc c'est parfois difficile de communiquer, mais d'autres Françaises parlent très bien anglais, donc on se débrouille. On a des Polonaises qui sont là depuis un moment et parlent un peu français, d'autres étrangères aussi parlent un peu français. 

Et les consignes du coach ?

C'est du "franglais" ! Il parle français, parfois anglais. Les adjoints et les filles traduisent si besoin. Tout le monde comprend bien ce qu'il faut faire, c'est le plus important.

Quel est le secret de Dijon pour continuer à performer malgré le turnover ?

L'ossature qui reste aide beaucoup, tout comme le bon recrutement du directeur sportif. Il y a un projet de jeu mis en place. Même si le début de saison a été poussif, la mayonnaise a pris. Sur cette première partie de saison je pense qu'on aurait pu faire mieux sur certains matchs. On était 6e avant le reclassement, c'est bien.

Avec ce turnover, est-ce vous constatez toujours un temps de latence en début de saison ?

Forcément, il faut laisser le temps aux nouvelles. Ce n'est pas toujours évident, surtout celles qui ne connaissaient pas le championnat de France, pas le pays... Cette saison c'était le cas de certaines nouvelles. Le tout c'est que ça ne prenne pas trop de temps. Mais là, tout le monde est concerné maintenant et les nouvelles apportent leur pierre à l'édifice.

"Si je peux encore mettre un ou deux coups francs directs d'ici la fin de saison..."

Vous avez marqué trois buts en 11 matchs cette saison, si on regarde ton historique au club tu es sur une moyenne de quatre buts maximum par saison. Qu'est-ce qui explique cette réussite cette saison ?

Je marque sur coups de pied arrêtés, j'ai un peu plus de chances que les autres. J'ai marqué un pénalty, sur coup franc direct... C'est bien pour moi, je suis décisive pour l'équipe. Le plus important c'est que ça rapporte des points à l'équipe. J'espère que ça va continuer sur la deuxième partie de saison. J'ai aussi plus de réussite que la saison dernière, où j'avais raté un pénalty par exemple. Ce sont des petits détails. 

Vous travaillez les coups francs tous les jours ?

Pas forcément tous les jours, mais je les travaille de temps en temps. C'est bien parce que ça me réussit bien. Si je peux en mettre encore un ou deux d'ici la fin de saison ça sera bien.

Vous vous étiez fixé un objectif de buts avant le début de saison ?

Pas forcément car ce n'est pas mon rôle premier de marquer, mais je sais que c'est moi qui suis chargée des coups de pieds arrêtes donc je dois performer dans ce domaine. J'espère être décisive à chaque fois quand je les prends.

En championnat vous avez marqué neuf buts, personnellement vous en avez inscrit trois de ces 9 buts. Le ratio est pas mal...

Ça fait un tiers des buts ! Mais le plus important c'est que ça aide l'équipe à gagner, peu importe qui marque ce n'est pas un soucis.

"C'était comme un coup de foudre"

Quel était l'objectif de début de saison après le top 4 de l'an dernier ?

Personnellement, j'aimerais faire aussi bien. Mais on a aussi eu beaucoup de départs, un début de saison poussif. Quand je vois Nantes qui est 3e, on est à 6 points d'elles, si on fait une bonne deuxième partie de saison on peut se rapprocher de ça. Sur la première partie de saison on a loupé quelques matchs contre Strasbourg, Lens, Fleury, Marseille, qui sont des concurrents directs. Le club visait le top 6 ou top 5, la première partie de tableau. Si on fait une bonne deuxième partie de saison, on peut se rapprocher du top 4.

La saison passée c'était un peu une surprise de vous voir dans le top 4, est-ce que c'est difficile de reproduire une telle performance ?

On sait que d'une année à l'autre, les saisons sont différentes. Quand on est compétitrice, on veut toujours viser plus haut et reproduire ce genre de performance, même si les saisons ne se ressemblent jamais. Pour celles qui étaient là l'année dernière, on veut faire aussi bien que ça, et celles qui arrivent cette saison c'est l'objectif de mettre le club au même niveau.

C'est votre 8e saison au club, quelle est votre saison préférée à Dijon jusqu'ici ?

J'ai adoré la saison dernière, mais je mettrais ma toute première saison au DFCO en premier. C'était comme un coup de foudre. Je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais en arrivant du Paris FC, les filles venaient de monter de D2, mais on jouait vraiment bien et l'entente était super cool. Il y a un truc qui s'est passé cette saison là.