Bonjour ça va ? Première question, comment ça va ? Comment tu te sens ?
Ça va, je me sens bien. Il fait beau à Marseille. Ça va. Même physiquement ça va. Le staff gère quand même bien les charges d'entraînement. On est bien gérés, donc tout va bien.
Tu sens quand même que l'OM monte en puissance et se rapproche progressivement des clubs du haut de tableau ?
Oui, complètement. On voit que l'OM est en train de prendre une autre dimension. Après, il y a un projet qui s'inscrit forcément sur du moyen terme, mais on est en train de construire quelque chose. Le club est vachement derrière nous. Donc oui, c'est bien et au final, on ne peut que s'inspirer des clubs au tableau aussi. Donc c'est important.
Au fur et à mesure, même en interne, vous avez un peu la structure qui se rapproche de ces clubs-là, de haut niveau.
Oui, carrément. En plus, maintenant, on a une nouvelle identité, les Marseillaises. Donc oui, je pense que ça a quand même un impact. Ça montre que le club est investi derrière nous et qu'il y a un projet. Ils sont impliqués à 100%.
Face au PSG vous étiez proches de prendre un point. Aujourd'hui, vous vous dites encore que vous vous battez pour le maintien ?
Oui, toujours, bien sûr. C'est l'objectif fixé depuis le début de saison. Là mathématiquement on n'est pas encore sûrs d'être maintenus donc voilà on joue le maintien. On veut être maintenus le plus rapidement possible donc plus vite on prend des points mieux c'est.
"Quand on est petits qu'on est au Vélodrome on a un peu des cœurs dans les yeux"
On est à quelques jours de la grande première des féminines au Vélodrome. Qu'est-ce que ça te fait de te dire que tu vas vivre cette grande première ?
Forcément, c'est un rêve de petite fille donc franchement pour moi c'est vraiment incroyable, c'est vraiment un honneur que le club puisse nous mettre cela à disposition. C'est vraiment une fierté de pouvoir disputer quelques minutes au Vélodrome. C'est un petit rêve de petite fille qui va pouvoir se réaliser.
On savait que ça allait plus ou moins se faire cette saison. C'était quand même bien parti pour que vous jouiez un match au Vélodrome. Mais le fait que ça se concrétise, comment le club vous a annoncé tout ça ? Comment vous l'avez vécu ?
Ils nous l'ont annoncé dans le vestiaire, en interne. Ils nous ont annoncé la bonne nouvelle, ils nous ont montré une petite vidéo qui a ensuite circulé sur les réseaux sociaux pour l'annoncer. On était trop contentes. Pour nous c'est vraiment quelque chose de magnifique. On était comme des enfants à l'annonce de la nouvelle. Après, on savait encore une fois que ça allait être fin mars et qu'il y avait d'autres échéances avant. On est contentes, mais il faut doser.
Tu disais que c'était un rêve de petite fille. Tu t'imaginais, toi, en grandissant, en tapant tes premiers ballons, qu'un jour ce serait à toi de jouer dans ce Vélodrome ?
En vrai, non, parce que je voyais ça tellement loin. Après, le foot a tellement évolué. Le foot féminin à mon époque quand j'étais petite c'était vraiment un rêve presque irréalisable, il n'y avait pas d'accès. C'est encore plus beau que le club mette cela à disposition et qu'il ait pu acter ça. D'ailleurs on a rempli le stade en très peu de temps avec beaucoup de supporters qui ont pris des places rapidement. C'est vraiment ça.
Et le fait que, du coup, toi, tu fasses partie de ces premières qui vont jouer au Vélodrome, tu dis aussi que tu vas être un exemple pour les petites filles qui viendront aussi au Vélodrome, qui vont se dire : "Moi aussi, je peux le faire" ?
Oui, forcément. Maintenant, comme je disais, le foot féminin a évolué. Il y a plus de sections féminines. La formation s'inspire au final de la D1. Donc, il y a une cohérence des plus petites jusqu'à nous. Oui, forcément, on est un exemple pour elles. Je pense qu'elles voient que c'est accessible. Plus encore, je pense qu'elles auront l'ambition d'y jouer.
Et toi, quand t'étais petite, t'allais souvent au Vélodrome voir les garçons ?
Oui, moi, j'y allais. Après, moi, j'habite pas à Marseille. Donc, des fois, on y allait avec ma famille on faisait l'aller-retour. On y est déjà allés, ouais, c'était avec mon frère on était deux grands fans.
Et t'avais dit à tes proches "un jour je jouerai là" ou c'était un secret, un peu un rêve secret ?
Non je n'en avais jamais trop trop parlé. Après quand on est petits qu'on est au Vélodrome on a un peu des cœurs dans les yeux quand on y est et qu'on voit les joueurs. Mais je ne l'avais jamais trop verbalisé en réalité, non.
"J'ai pu vivre plein de belles choses avec l'OM et je pense qu'un des trucs qui me manquait, ce serait de jouer au Vélodrome"
Ce match-là au Vélodrome, il est encore plus particulier pour toi parce que ça fait dix ans que tu es au club. Il y a une notion d'aboutissement aussi un petit peu.
Oui, en vrai, c'est vrai. C'est un peu ce que je me disais. J'ai pu vivre plein de belles choses avec l'OM et je pense qu'un des trucs qui me manquait, ce serait de jouer au Vélodrome. Donc oui, ça compléterait mon expérience avec l'OM, ce que j'ai pu vivre avec le club qui m'a toujours accompagnée et soutenue.
Depuis le début de saison, j'avais parlé avec Roselene Khezami et Margaux Le Mouël. Toutes les deux, elles me disaient que leur grand rêve, c'était de jouer au Vélodrome. Ça a été une motivation pour vous, pendant la saison, de se dire "On va jouer un match au Vélodrome" ?
En réalité, je pense qu'on n'y a pas trop pensé. On était vraiment concentrées sur notre maintien. Après, où on joue... on a quand même transité sur d'autres camps. Alors certes, c'est à Martigues, c'est difficile pour les supporters et c'est toujours mieux de jouer à Marseille et encore plus au Vélodrome. Mais voilà, en tant que joueuses dans notre saison, on n'y a pas forcément pensé. On savait que ça allait se faire cette année ou l'année prochaine. On était vachement concentrées sur notre maintien, les points à prendre, plus que sur l'endroit où on allait jouer.

Il y a 40 000 places qui ont déjà été attribuées, les virages qui sont ouverts, comment vous avez suivi ça vous dans le vestiaire les joueuses ?
On s'en parle régulièrement : "Ah t'as vu en une heure, il y a eu tant de places", "T'as vu là ils ont fermé". Puisque notre entourage nous sollicite aussi, moi j'ai des amis qui voulaient venir et se disaient « mais je peux plus en prendre y'a plus de place ». On leur disait d'attendre qu'ils rouvrent. On en parle assez régulièrement, on est surprises sans l'être dans le sens où l'OM c'est un club à part et on sait la ferveur qu'on a ici à Marseille. Mais à la fois surprises quand même parce que tu te dis qu'en si peu de temps, il y a tant de places qui ont été prises, c'est incroyable. Entre nous on se le répète, on trouve ça magnifique.
Et j'imagine que ça fait plaisir aussi, c'est une belle reconnaissance de la ville.
Oui, forcément. De toute façon, Marseille, c'est l'OM et l'OM, c'est Marseille.
À quoi tu t'attends niveau ambiance ?
Je pense qu'on va bien les entendre. À Marseille on les entend déjà, mais là je pense qu'on va bien les entendre. On est connus pour une bonne ambiance. Je m'attends quand même à quelque chose de fort.
"Les gens nous croisent et nous disent : "Je viens au match, je viens te voir !""
Est-ce que dans la ville, tu sens la pression monter un peu par rapport à ce match au Vélodrome ? On t'en parle quand on te voit ?
Oui, on nous en parle. Des fois, les gens nous croisent et nous disent : "Je viens au match, je viens te voir !" C'est rigolo. On se dit que la promotion a bien fonctionné aussi, les affiches, les réseaux. Nous on est contentes, on dit : "Oui, venez nous supporter, on a besoin de vous." C'est ensemble qu'on va y arriver.
Tu as combien de proches qui vont venir du coup ?
Je ne sais même pas, je n'ai pas compté, mais j'en ai pas mal, vraiment. Entre ma famille, mes amis, il y en a qui vont faire des déplacements... beaucoup. Même mes proches ramènent leur famille, donc en fait, ça fait beaucoup de monde.
C'est important pour toi de jouer à Marseille ? C'était important après avoir passé la saison à Martigues ?
Oui, forcément. Il y a des supporters qui me disaient : "Mais quand est-ce que vous rejouez à Marseille ? Ça fait moins loin." Je pense que c'est important de faire un match dans la saison parce que c'est plus près pour les supporters de venir, l'accès est plus facile. À Martigues on s'est aussi habituées, on a fait notre saison là-bas, ça s'est quand même relativement bien passé. Mais c'était quand même important de rester sur Marseille par rapport à la proximité.
Tu aimerais bien que vous jouiez un peu plus à Marseille la saison prochaine ?
Oui, j'aimerais bien, forcément. C'est plus chez nous. On se sent bien quand même à Marseille.
Est-ce que t'as pas peur que la pression du Vélodrome ça vous impressionne sur le terrain alors que ce match est crucial finalement ?
Après il y aura du monde, c'est impressionnant mais les supporters viennent pour nous encourager donc c'est que du plus. On aurait pu se rendre la tâche plus facile en ramenant les trois points face au Havre, mais on a encore plus notre destin entre nos mains et ça nous laissera un peu plus de liberté.
"Ça va plus vite à l'entraînement, ça va plus vite en match"
Pour parler de toi, de ta saison, on a la sensation quand on voit tes matchs que tu es vraiment montée en puissance au fil de la saison. Est-ce que c'est ce que tu ressens toi aussi ?
Oui, moi aussi, parce que je venais de D2. J'avais fait plus de D2 que de D1. Je savais que j'avais un cap à franchir. Il y a quand même un gap entre la D2 et la D1. Il fallait que je prenne mes marques, ça va plus vite. J'ai réussi à m'adapter petit à petit. Il ne faut pas se relâcher, il faut que je poursuive sur cette lancée.
Qu'est-ce que tu as mis en place pour répondre aux défis physiques notamment ?
En vrai, j'ai beaucoup travaillé à l'entraînement. Le fait que le club ait recruté des joueuses d'expérience de D1 oblige à vite se mettre au niveau. Comme ça va plus vite à l'entraînement, ça va plus vite en match. S'entraîner avec des joueuses expérimentées augmente le niveau, ça ne peut que nous faire progresser.
C'est difficile du coup de passer de la D2 à la D1 ?
Non, je pense juste qu'il faut savoir faire preuve de patience et être indulgente avec soi-même puisque forcément tu as plus de déchets techniques au début. C'est juste le temps de prendre ses repères, un temps d'adaptation comme pour les gens qui changent d'équipe ou de pays.
La saison passée, tu étais une des meilleures joueuses du championnat en Seconde ligue. Est-ce que c'est frustrant d'avoir peut-être moins de facilité en D1 que ce que tu pouvais avoir la saison passée en D2 ?
Non, parce que je savais que j'avais un cap à franchir. Je suis en train de le passer. Comme je dis, chaque chose en son temps. C'est bien d'être bien en D2, maintenant il faut poursuivre et être bien en D1 pour prouver.
En 2019, tu avais déjà joué en D1. C'était différent la D1 par rapport à celle d'aujourd'hui ?
Oui, je trouve que le niveau a évolué. Le foot a changé. À l'époque j'étais vraiment jeune. On ne vit pas la saison de la même manière quand on est jeune et quand on a 25 ans, mais en tout cas oui, je trouve que le niveau de la D1 a évolué.
Qu'est-ce qui a changé au sein du club depuis ton premier passage dans l'élite ?
Déjà les infrastructures : le stade, on a une pelouse, c'est plus étoffé. Et puis notre nouvelle identité. Tout ça montre l'évolution entre ma première D1 et maintenant.
Au final ça ne fait que 5 ou 6 ans, mais tu as l'impression que ça a progressé très vite quand même ?
Oui, au final ça a bien progressé, ça a bien pris forme. On est encore sur un projet qui est en train de se construire et de prendre de l'ampleur. Peut-être que dans 4-5 ans je pourrai dire que ça a encore changé.
"J'étais contente de pouvoir être coachée par Corinne Diacre"
Surtout que toi ça fait 10 ans que tu es au club, donc j'imagine qu'il y a énormément de progrès entre tes débuts et aujourd'hui.
Oui complètement. Ça montre aussi l'investissement du club. J'arrive à voir toutes ces évolutions parce que j'étais en interne, mais je pense que même d'un point de vue extérieur on peut le voir.
Et c'est plaisant de grandir avec un club comme ça ?
Quand c'est ton club de cœur, oui. Il y a une relation de confiance avec le club, je me sens bien, c'est mon club quoi.
On a l'impression aussi qu'il y a l'arrivée de Corinne Diacre qui t'a fait pas mal de bien sur le terrain.
Oui, j'étais contente de pouvoir être coachée par Corinne, vu son parcours. Je savais que c'était une coach qui allait pouvoir me faire progresser. Elle m'a fait progresser individuellement et nous a fait progresser collectivement. J'ai réussi à faire ma place au fur et à mesure et à prendre du temps de jeu.
Qu'est-ce qu'elle a changé dans ta façon de t'entraîner ou de jouer ?
De tout faire plus vite. La vitesse d'exécution, la prise d'information... j'ai dû me forcer à faire tout plus vite. Elle me parlait de ce gap entre la D2 et la D1. Les entraînements sont vraiment bien structurés, on travaille beaucoup, on répète les séquences, c'est pour ça qu'on a progressé collectivement.
Et comment tu te trouves dans le système qu'elle a mis en place, parce qu'il est différent de ce que vous aviez avec González ?
Je trouve que c'est cohérent. Comme on travaille beaucoup à l'entraînement, ça va, je me sens bien, je comprends ce qu'elle demande offensivement et défensivement.
Si on parle du projet OM, toi l'été dernier tu aurais pu partir. Qu'est-ce qui t'a retenue à l'OM ?
Le projet. Je savais qu'il allait se passer quelque chose. On voulait absolument monter. En D2 je voyais déjà les moyens mis en place. Je savais qu'en D1 le projet allait prendre forme en s'inspirant des grandes équipes, c'est pour ça que j'ai resigné. Et puis parce que 10 ans, quand même, c'est mieux que 9 pour s'arrêter, en plus ! (rires)
Au début de la saison, certains parlaient déjà d'un club capable de viser les playoffs. Est-ce que vous l'avez vécu un peu comme une pression ?
Non, je pense que chaque chose en son temps. Certes on est l'OM mais on est en train de se construire. Il y a un gap entre le bas et le haut de tableau. Toutes les équipes qui montent doivent d'abord assurer leur maintien, ce n'est pas évident. Donc voilà, d'abord le maintien et rien d'autre. Une fois assuré, on peut essayer de gratter des places.
Toi du coup tu te vois continuer de grandir avec ce projet marseillais ?
Oui, il m'attire, il me plaît. Donc voilà, pourquoi pas ? Je ne sais pas de quoi est fait demain, mais en tout cas oui.
