Chelsea et Enzo Maresca se sont séparés, et la situation est aussi confuse qu’une rupture de lycée. Les deux camps communiquent à la presse, et il est impossible de savoir qui croire.
Selon des sources internes au club, la relation s’est détériorée à cause de l’ambition affichée de Maresca de succéder à Pep Guardiola à Man City, tandis que l’entourage de l’Italien affirme qu’il ne supportait plus le micro-management des directeurs sportifs et du copropriétaire Behdad Eghbali, qui s’immisçaient dans la composition de l’équipe.
Ce qui semble presque fait, c’est que Liam Rosenior va arriver en provenance du club partenaire Strasbourg pour tenter de sauver la situation, probablement parce qu’aucun autre entraîneur digne de ce nom ne voudrait s’approcher de ce poste. Voici donc à quoi Chelsea peut s’attendre avec son possible nouvel entraîneur.
Un changement de système ?
Maresca était sans doute l’un des meilleurs tacticiens de Premier League lors de son passage à Chelsea, adaptant son équipe selon l’adversaire et obtenant de bons résultats face aux grosses équipes, mais ce sont les matchs que Chelsea « devait » gagner qui lui ont coûté cher.
Malgré cela, il restait inflexible sur son choix du 4-2-3-1, même si le schéma évoluait selon la possession, avec des latéraux qui montaient ou rentraient dans l’axe lors de la construction.
Rosenior, lui, a opté pour un 3-4-3 à Strasbourg, donc on pourrait voir Chelsea évoluer avec une défense à trois s’il prend les commandes. Bien sûr, le style de jeu de l’ancien coach de Hull ne se limite pas à cela.
En observant les joueurs les plus influents à Strasbourg, Diego Moreira se démarque. Ironie du sort, il appartenait à Chelsea pendant un an avant d’être envoyé au club partenaire en août 2024.
Moreira occupe le couloir gauche, tantôt ailier, tantôt piston, il couvre toute la largeur et apporte de la profondeur à une attaque à trois composée de deux meneurs excentrés et d’un avant-centre. Le côté droit fonctionne de la même manière, mais Strasbourg n’a pas encore trouvé un joueur aussi efficace que Moreira de ce côté.
Quels joueurs de Chelsea pourraient profiter de Rosenior ?
Strasbourg n’est pas aussi obsédé par la possession que Chelsea sous Maresca, l’équipe de Rosenior affiche en moyenne 52,8 % de possession sur ses 16 matchs de Ligue 1. Bien sûr, il faut rappeler que le club français n’est pas censé dominer ses matchs comme Chelsea.
En théorie, les joueurs à l’aise dans les phases de transition pourraient donc être les grands gagnants. Pedro Neto a démarré la saison de façon impressionnante, il a déjà marqué plus de buts en Premier League cette saison (5) qu’en 2024-25 (4).
Mais ce qui fait surtout la réputation de l’international portugais, c’est son activité sur le terrain. Neto pourrait bien être la réponse de Chelsea à Moreira. Il a récupéré le ballon dix fois dans le dernier tiers, totalise 50 récupérations et n’a été dribblé que 12 fois.
« Et Marc Cucurella alors ? », nous direz-vous. Eh bien, l’Espagnol est un latéral plus traditionnel qu’un piston, il est bien meilleur défensivement que dans l’animation offensive, ayant muselé des joueurs comme Bukayo Saka ou Lamine Yamal cette saison. Il pourrait donc être repositionné en défenseur central gauche dans une défense à trois.
Un joueur qui a eu du mal à s’adapter à Chelsea mais qui pourrait enfin s’imposer sous Rosenior, c’est Liam Delap. Attention, Delap n’est PAS un pivot, malgré ce que certains prétendent : il est simplement physique et n’hésite pas à se battre avec les défenseurs adverses.
Un vrai pivot aime jouer dos au but, ce n’est pas le point fort de Delap. À Ipswich, il devait souvent se créer ses propres occasions en contre, grâce à ses appels et son placement intelligent, malgré peu d’opportunités.
Si Rosenior accepte de laisser un peu plus le ballon à l’adversaire que Maresca, Delap pourrait s’épanouir grâce à sa puissance et sa vitesse dans les espaces.
Est-ce que tout cela a vraiment de l’importance ?
La réponse est : pas vraiment. Chelsea est dirigé par une mystérieuse poignée de directeurs sportifs et de propriétaires qui n’apparaissent jamais devant la presse et n’assument aucune responsabilité. Le « projet » prime sur tout, et l’entraîneur n’est qu’un exécutant.
Rosenior est manifestement très intelligent. Il s’exprime remarquablement bien, et la vidéo de son discours d’avant-match circule à nouveau sur les réseaux sociaux depuis qu’il est associé à Chelsea, mais il arrive dans un club où l’on ne se soucie guère de l’« entraîneur ».
Tant que ceux qui détiennent le vrai pouvoir continueront d’agir dans l’ombre sans être inquiétés, peu importe qui dirige les entraînements, Chelsea ne sera pas près de jouer les premiers rôles pour les grands trophées.
Verdict
Rosenior a sans conteste accompli un excellent travail à Strasbourg, mais Chelsea est une toute autre dimension, et ce choix semble arriver un peu trop tôt pour l’Anglais. On s’attend à devoir écrire un article étrangement similaire d’ici quelques années.
