Marché fou pour Tottenham

Après avoir sauvé sa place en Premier League de justesse la saison passée, Roberto De Zerbi a clairement pesé dans les décisions du board, vu le nombre impressionnant de transferts validés pour permettre aux Spurs de viser le haut du classement en 2026/27.
La liste des arrivées et des départs est longue, avec tous les Yves Bissouma, Guglielmo Vicario, Souza, Min-hyeok Yang, Kota Takai, Dane Scarlett, Radu Dragusin, Pape Matar Sarr, Kevin Danso, Alfie Devine, Manor Solomon, Ashley Phillips, Alejo Veliz, Will Lankshear, Djed Spence, Cristian Romero et Luka Vuskovic qui ont été soit vendus, prêtés ou libérés.
Près de 465 millions d'euros investis sur de nouveaux joueurs
Randal Kolo Muani et Joao Palhinha sont arrivés au terme de leur période de prêt à N17.
Leurs remplaçants sont arrivés en cascade, avec Mykhailo Mudryk qui a suivi Omar Marmoush, Martin Dubravka, Andrew Robertson, Marcos Senesi, Tosin Adarabioyo, Jan Paul van Hecke, Savio et les deux joueurs qui ont battu le record d’achat des Spurs à quelques jours d’intervalle, Mateus Fernandes et Sandro Tonali.
On peut comprendre que des situations désespérées appellent parfois des mesures désespérées, et le board de Tottenham mérite sans doute d’être salué pour avoir soutenu De Zerbi à hauteur de près de 465 millions d'euros. Mais les deux prestations déjà livrées par les Spurs cette saison laissent penser que les problèmes sont plus profonds qu’un simple rafistolage de l’effectif.
Non seulement les Londoniens du nord ont perdu leurs deux premiers matchs, face à Brentford puis Newcastle, mais ils n’ont même pas inscrit le moindre but.
La sortie de Richarlison aggrave la situation
Il faut le dire tout bas, mais malgré tout le tapage autour du club, il n’est toujours pas vraiment performant, et cela doit inquiéter. L’attaquant Richarlison s’est aussi exprimé sur les réseaux sociaux à propos d’autres personnes décidant de ses choix de carrière, et il semble que la colère du Brésilien vienne d’un transfert avorté vers Everton.
Bien sûr, le football est devenu si imprévisible que les supporters attendent désormais une satisfaction immédiate, ce qui est en soi dangereux. Rome ne s’est pas faite en un jour, et le nouveau Tottenham non plus. On peut toutefois comprendre la frustration des fidèles du nord de Londres.
Les problèmes de fond doivent être réglés
Deux 17èmes places en Premier League ont terni leur victoire en Ligue Europa, et il ne faut pas oublier que tout cela s’est produit alors que l’équipe pratiquait un football offensif plutôt séduisant sous Ange Postecoglou.
De Zerbi ne peut pas espérer appliquer la même recette et obtenir des résultats différents. Les causes profondes de la faiblesse des Spurs doivent être traitées, et injecter de l’argent n’est pas toujours la solution.

Avant la première trêve internationale de la saison, il faudra affronter Nottingham Forest, Everton et Aston Villa en championnat – trois rencontres à leur portée, avec tout le respect dû – ainsi qu’un rendez-vous en Carabao Cup contre Liverpool à Anfield.
On y verra plus clair sur les manques réels de Tottenham une fois ces quatre matchs passés, même si la patience reste une vertu à cultiver si les résultats ne tournent pas en faveur des Spurs.
Il est temps de répondre sur le terrain
Vu les expériences précédentes de De Zerbi à Shakhtar Donetsk, Brighton et Marseille, il ne fait guère de doute que du beau jeu sera proposé au Tottenham Hotspur Stadium cette saison. Mais cela ne comptera que si les victoires suivent. Le club a tout misé sur le fait que l’Italien finira par trouver la bonne formule sur le terrain. Il comprend donc aussi la pression qui pèse sur le manager pour répondre aux attentes.

De Zerbi est aussi connu pour quitter le navire lorsque les choses ne tournent pas comme il le souhaite. La volatilité de sa personnalité rend donc ce feuilleton du nord de Londres particulièrement captivant. Seul l’avenir dira s’il s’agit d’une nouvelle fausse alerte ou si le géant endormi se réveille enfin…
