Dans une interview exclusive accordée à Flashscore, il revient sur la force mentale nécessaire pour s’imposer au plus haut niveau, les plus grands défis à relever en passant du Championship à la Premier League, et la fierté de représenter la RD Congo sur la scène internationale.
Kachunga évoque également l’influence de certains entraîneurs comme David Wagner, ses projets pour rester dans le football à travers le coaching et les médias, ainsi que ses investissements dans l’immobilier, tout en savourant son rôle de père et d’éternel apprenant.
En repensant à votre passage en Premier League avec Huddersfield, y a-t-il un moment ou un accomplissement qui vous a particulièrement marqué ?
Je dirais probablement mon tout premier match en Premier League, et le fait de l’avoir remporté a été un moment fort, tout comme mon premier but inscrit contre Watford.
Quelles différences avez-vous constatées entre le football en Allemagne et en Angleterre, sur et en dehors du terrain ?
En Angleterre, le jeu est plus rapide et plus physique, et on sent que chaque équipe compte des joueurs spéciaux, ce qui rend le championnat très relevé. Je pense que la Premier League est sans doute la meilleure ligue au monde. En Allemagne, l’accent est davantage mis sur la tactique, avec des équipes très portées sur la stratégie, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. La Premier League étant très médiatisée et internationale, il y a aussi beaucoup plus d’attention autour. Ce sont là, pour moi, les principales différences.
Selon vous, quelles sont les qualités essentielles pour qu’un attaquant s’impose au plus haut niveau ? Comment gérez-vous les exigences physiques et mentales de la Premier League et de la Bundesliga ? Quels conseils donneriez-vous aux jeunes joueurs qui rêvent d’atteindre ce niveau ?
Pour être un grand attaquant, il faut évidemment marquer des buts, c’est l’objectif principal. En Premier League, la force mentale est aussi indispensable pour être performant chaque semaine. Aux jeunes attaquants, je conseille de travailler la finition des deux pieds, de rester solides physiquement, de progresser dans le jeu en remise et la connexion avec les coéquipiers. Ce sont des compétences importantes pour l’avenir.
Ayant évolué dans les quatre divisions professionnelles anglaises, diriez-vous que le passage du Championship à la Premier League est le plus grand saut à franchir ? Qu’est-ce qui rend cette étape si exigeante ?
Oui, je pense que le plus grand saut se fait entre le Championship et la Premier League, en raison de la qualité des équipes affrontées chaque semaine. Pour des clubs plus modestes comme Huddersfield, chaque match officiel est crucial et il est difficile de prendre des points. Cela représente un vrai cap à franchir.
Au fil de votre carrière, vous avez connu les hauts et les bas des promotions et relégations. Comment gardez-vous la motivation et la concentration lors des périodes difficiles, comme les blessures ou les mauvais résultats ?
Le destin a joué un rôle important dans ma vie et ma carrière, m’aidant à traverser les moments compliqués. J’ai eu la chance d’être bien entouré par ma famille et mes amis, c’est essentiel. Je conseille aussi aux joueurs de ne pas hésiter à demander de l’aide extérieure, que ce soit un mentor ou un coach, surtout dans les périodes difficiles.
Au début de votre carrière, vous avez travaillé avec des entraîneurs comme David Wagner et Ralph Hasenhüttl. En quoi ont-ils influencé votre progression ? D’autres coachs ou mentors ont-ils aussi marqué votre développement ?
Chaque entraîneur que j’ai côtoyé avait son propre style, donc c’est difficile d’en choisir un seul. David Wagner a été déterminant, notamment lors de notre montée en Premier League. Claus-Dieter ‘Pele’ Wollitz, un coach allemand, m’a accordé beaucoup de confiance lors de mon prêt en Allemagne. J’ai beaucoup appris auprès de nombreux entraîneurs tout au long de ma carrière.
Vous avez évolué aux côtés de nombreux joueurs talentueux. Lequel vous a le plus marqué comme coéquipier, et quel adversaire vous a posé le plus de difficultés ?
J’ai joué avec beaucoup de bons joueurs. Au début de ma carrière, Mohamadou Idrissou et Igor De Camargo m’ont beaucoup aidé au Borussia Mönchengladbach. Côté adversaires, Virgil van Dijk et Andy Robertson étaient particulièrement difficiles à affronter. Jouer contre eux a été un vrai test.

Quel regard portez-vous sur votre saison actuelle, ainsi que celle de Cambridge ? Le club est actuellement aux portes des play-offs en League Two. Est-ce l’objectif, ou visez-vous encore la montée directe ?
Nous réalisons une bonne saison jusqu’ici, avec une belle série d’invincibilité et une place dans les play-offs. Si nous continuons sur cette lancée, nous avons une vraie chance de décrocher la montée directe. Cela doit être notre objectif, et il faut continuer à travailler dur pour y parvenir.
Vous avez eu l’honneur de représenter la RD Congo en 2017. Qu’a signifié cette expérience pour vous, sur le plan personnel et professionnel ?
Cela a été un moment énorme dans ma carrière, aussi bien pour moi que pour ma famille. Aller à Kinshasa avec mon père et voir les supporters à l’aéroport, c’était inoubliable. Porter le maillot et jouer pour mon pays a été une expérience incroyable que je n’oublierai jamais.
Quel est votre avis sur l’effectif actuel de la RD Congo ? À quel point serait-ce spécial pour le pays de se qualifier pour une Coupe du monde pour la première fois depuis 1974 ?
La RD Congo dispose aujourd’hui d’un très bon groupe, et l’organisation s’est beaucoup améliorée. De nombreux joueurs talentueux choisissent de représenter le pays, ce qui se voit dans nos récentes performances. Nous ne sommes plus qu’à un match officiel de la qualification pour la Coupe du monde, ce serait un immense accomplissement et un énorme coup de boost pour la nation.
Envisagez-vous, après votre carrière de joueur, de vous tourner vers le coaching, la gestion ou les médias ? Quels sont vos objectifs pour la suite de votre parcours dans le football ?
Je travaille actuellement sur mes diplômes d’entraîneur, j’ai déjà obtenu la licence UEFA B et je vise bientôt la licence A. J’ai aussi eu quelques expériences dans les médias et je pourrais m’y intéresser après ma carrière de joueur. J’espère rester impliqué dans le football d’une manière ou d’une autre, et je verrai où cette aventure me mènera.
En dehors du football, quelles sont vos passions et centres d’intérêt ? On m’a dit que vous aviez joué au tennis étant enfant – suivez-vous encore ce sport ? On sait aussi que vous vous intéressez à l’investissement et au développement immobilier. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J’aime regarder différents sports comme le tennis, le basket ou le football américain. Cela fait du bien de s’éloigner un peu du football et de suivre d’autres disciplines. Concernant l’immobilier, j’ai lancé une société il y a trois ou quatre ans, en achetant et louant des maisons. J’y prends beaucoup de plaisir et je souhaite développer mon portefeuille. Après ma carrière, je compte m’investir davantage dans le développement immobilier, explorer de nouveaux projets et apprendre auprès d’experts. Sur le plan personnel, je suis fier d’être papa d’un petit garçon qui va bientôt avoir deux ans. Le voir grandir et apprendre est une expérience formidable. J’essaie de profiter de la vie, de rester proche du football et de continuer à apprendre des autres et de leurs parcours.
