Bruno Genesio, l’heure de vérité à Belgrade

Bruno Genesio, l’heure de vérité à Belgrade
Bruno Genesio, l’heure de vérité à BelgradeREUTERS

Ce jeudi soir, dans l'ambiance électrique du stade Rajko Mitić, les Dogues jouent bien plus qu'une simple qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue Europa. Battus au match aller sur leur pelouse par l’Étoile Rouge de Belgrade (0-1), les Lillois se retrouvent dos au mur. Pour Bruno Genesio, dont l'avenir sur le banc est de plus en plus discuté après un début d'année 2026 cauchemardesque, ce déplacement en Serbie ressemble à un quitte ou double définitif.

Après une série noire de sept défaites en dix matchs depuis le début de l'année, Lille a enfin retrouvé le sourire dimanche dernier en s'imposant (1-0) sur la pelouse d'Angers. Un succès étriqué mais vital. En conférence de presse d'après-match, Genesio s'est montré soulagé mais lucide sur la performance de son équipe : "C'est une belle victoire, 1-0 à l'extérieur. C'était un petit pas mais il est important. Je ne sais pas si on peut parler de rachat, mais en tout cas de montrer que ce qui s’était passé jeudi contre Belgrade était un accident."

Malgré la pression médiatique qui l'annonce sur la sellette, l'entraîneur lillois veut garder le cap : "Bizarrement, dans cette série qui a été difficile, je me sens avec beaucoup de force, beaucoup d’énergie."

"Aucun motif de satisfaction"

Si la victoire à Angers a calmé le jeu, les propos tenus par Genesio après le match aller contre l'Étoile Rouge (le 19 février) résonnent encore. Marqué par l'apathie de son groupe, il n'avait pas hésité à utiliser des mots très durs : "Pour la première fois, j’ai eu une impression bizarre... Ce que j’ai vu m’inquiète. (...) Ce soir, il n'y a aucun motif de satisfaction." L'entraîneur en quête de solutions assure alors qu'il ne "pense pas à démissionner" mais souhaite plutôt une remise en question globale du processus.

Le pénalty d'Olivier Giroud et la victoire limite face à Angers, avec presque toujours les mêmes défauts, à savoir le manque d'efficacité offensive, cachent la misère et servent de levier mental plutôt que de réel motif d'espoir dans le jeu. "Il fait du bien à la tête, selon Giroud. Le plus important, c'était de prendre ces trois points qui sont, je l'espère, le début d'une belle série. (...) Il faut qu'on garde dans nos têtes et dans nos cœurs ce sentiment pour emmener tout le monde."

"J'ai vu une réaction qui m'a beaucoup plu, note de son côté Bruno Genesio. Tout n'est pas parfait, mais étape par étape." Il en "faudra d'autres", concède-t-il volontiers, "mais c'est un premier petit pas très important". Le LOSC serait bien inspiré de faire le petit pas suivant qu'il faut pour relancer la machine nordiste, puisqu'une défaite et surtout une élimination en barrages de Ligue Europa sonnerait sans doute la fin de l'ère Genesio.

"On n’a qu’un but à remonter..."

Pour l'instant, le président Olivier Létang a publiquement conforté son entraîneur après le revers européen, privilégiant la stabilité. Mais une élimination sans gloire à Belgrade pourrait briser cette union sacrée. Genesio sait qu'il est à un tournant : "On n’a qu’un but à remonter à la mi-temps de la confrontation. On l’a déjà fait. Mais il faut aussi prendre conscience que la situation est difficile, et que s’il n’y a pas une réaction en termes de résultat, ça va se compliquer de plus en plus."

Le technicien lillois a prévenu, il ne se dédouanera pas de ses responsabilités tactiques, mais il attend désormais que ses joueurs répondent sur le terrain. Si le LOSC ne franchit pas l'obstacle serbe, le "tournant de la saison" évoqué par le coach après le succès à Angers pourrait bien devenir celui de son propre mandat.