Le mercato d’hiver est souvent décrit comme un marché de "réparation". Pour l’AS Monaco, confrontée à une surface financière plus réduite que par le passé et au coup dur de la grave blessure de Takumi Minamino fin décembre, l’équation semblait difficile à résoudre. Pourtant, en attirant Simon Adingra dans les dernières heures du marché, le club de la Principauté semble avoir réalisé le coup parfait.
Prêté par Sunderland avec une option d’achat fixée à 17 millions d’euros, l’ailier de 24 ans n’a pas eu besoin de round d’observation. Pour sa première titularisation face à Nantes (3-1), l'Ivoirien a illuminé la rencontre d'un doublé. Ses dribbles et son sens du spectacle ont immédiatement séduit un public monégasque qui doit se contenter de peu ces derniers temps, l'ASM ne comptant que 3 victoires en 11 matchs toutes compétitions confondues en 2026.
Un prêt pour espérer une place au Mondial
Pour Sébastien Pocognoli, l'entraîneur de l'ASM, le recrutement d'Adingra était une priorité absolue : "Sa polyvalence est l’atout numéro 1. Quand son nom est apparu, j’ai dit directement qu’il était très intéressant, parce qu’il sait jouer à droite, à gauche, en soutien d’attaque ou piston."
Pourtant, le début de saison d’Adingra en Angleterre était loin de ses standards. Sous les ordres de Régis Le Bris à Sunderland, le champion d'Afrique 2023 rongeait son frein (seulement 15 matches, 1 but). Ce manque de temps de jeu lui a d'ailleurs coûté sa place en sélection ivoirienne, n'ayant plus été appelé par Emerse Faé depuis octobre dernier et un 3-0 contre le Kenya. Alors même qu'il avait été nommé "homme du match" de la finale remportée par les Éléphants.
Venu sur le Rocher pour "se redonner de la confiance", Adingra ne cache pas ses ambitions : briller avec Monaco pour composter son billet pour la prochaine Coupe du Monde. Un choix de carrière validé par son sélectionneur national. "Il me manque des matches, jouer et un peu de confiance, et c'est tout !", estime-t-il.
"On va avoir besoin de lui"
Le collectif monégasque l'a déjà parfaitement accueilli. Il a évolué avec Ansu Fati à Brighton, où il a disputé 73 rencontres. Et pour son capitaine Denis Zakaria, "très content" de son arrivée, Monaco a recruté "un super joueur, très professionnel et très percutant". "On va avoir besoin de lui et il va beaucoup nous aider dans la saison", soutient le Suisse. "La mentalité démontrée a été très importante", appuie Thiago Scuro, le directeur général du club.
Après avoir découvert la Ligue des Champions face au Paris Saint-Germain lors d'un barrage aller intense (70 minutes de jeu), Adingra doit maintenant se confronter au bloc lensois, actuel leader de Ligue 1. Face à une équipe artésienne qui impose un volume de jeu immense, le profil d'Adingra sera crucial. Pocognoli anticipe d'ailleurs un match de transitions : "Contre Paris, on a parfois été trop directs. À Lens, il y aura sûrement plus de transitions. Il faudra montrer un grand état d’esprit solidaire."
Le déplacement à Lens ce samedi (17h00) fait partie d'une "semaine dantesque" pour l'ASM, coincée entre les deux manches face au PSG. Dans l'ambiance électrique de Bollaert, la capacité d'Adingra à éliminer son vis-à-vis en un-contre-un pourrait être la clé pour Monaco. S'il parvient à réitérer sa performance nantaise face à la meilleure défense du championnat, l'option d'achat de 17 millions d'euros ressemblera rapidement à une très bonne affaire.
