Que veut faire le Real Madrid avec sa section féminine ?

Athenea del Castillo à terre
Athenea del Castillo à terreREUTERS/Albert Gea

Trois Clásicos en 9 jours pour trois démonstrations barcelonaises. Le Real Madrid a de nouveau pu mesurer l'écart immense qui existe avec le FC Barcelone.

"Dónde está Florentino ? Florentino dónde está ?". Les supporters du FC Barcelone étaient taquins alors que ce 1/4 de finale retour de la Ligue des Champions tournait déjà à la démonstration en première période. 

Il y a quand même quelque chose de terrible à voir le Real Madrid féminin errer sur le terrain à chaque Clásico. La seule victoire merengue, la saison dernière sous un déluge à Montjuïc, avait été obtenue après une erreur monumentale des arbitres qui avaient refusé un but valable de Jana Fernández en fin de match alors que le score était à ce moment-là de 1-1. 

Autrement dit, le Clásico est devenu synonyme de démonstration blaugrana. Sous l'impulsion de Lluis Cortés, alors que l'Atlético de Madrid avait remporté trois titres consécutifs, le Barça est une référence du football féminin, avec 5 finales de C1 consécutives et une quantité de trophées à plier les étagères d'une armoire normande. 

En l'espace de 9 jours, les deux équipes se sont rencontrées trois fois pour un bilan hallucinant : trois victoires catalanes, 15 buts inscrits pour 2 encaissés. Le Barça a marqué 104 fois contre son rival tandis qu'Alexia Putellas et Ewa Pajor ont plus scoré (15 buts chacune) que le Real Madrid tout entier (12). 

Les premières saisons, l'indulgence était de mise au niveau sportif. Après tout, cette incursion merengue, provoquée par la mainmise blaugrana, nécessitait du temps pour se mettre en place. Or 7 ans plus tard, l'écart est toujours aussi abyssal, et il s'est même creusé en confrontation directe. En conférence de presse, Pau Quesada constatait la faillite  mentale de son équipe, mais voulait tout de même noter les avancées, véritables, de son équipe et valoriser le travail du centre de formation. Cette réalité se heurte à plusieurs écueils. D'une part, le Real Madrid n'est pas venu là pour faire deuxième de la Liga et se contenter des 1/4 de finale de la Ligue des Champions. Or même avec un effectif a priori très compétitif, c'est toujours le même épilogue contre le Barça et l'écart ne se réduit pas. Bien au contraire, il s'amplifie.  

En réalité, le Real Madrid ne fait pas grand chose pour sa section féminine, surtout pas la rendre sympathique. Les conférences de presse en Liga F sont désertées, tout comme la zone mixte, quitte à payer des amendes. Des interviews en face-à-face ? N'y pensez pas, au grand dam des agents au demeurant. Au Camp Nou, nulle trace de journalistes de la capitale. Sept des huit clubs qualifiés en 1/4 de finale de la Ligue des Champions ont joué dans leur grand stade. Sauf un, devinez lequel. Le lustre de l'écusson 

Il faut réaliser à quel point l'arrivée du Real Madrid dans le football féminin était attendue en Espagne. De nombreuses joueuses l'espéraient car cela amenait une médiatisation, dans un championnat où il n'y a pas si longtemps, la référente Natalia Pablos avait été empêchée de... prendre sa retraite sportive par le Rayo

Las, cet engagement s'est fait a minima, sans ambition ni vision et le club n'offre que peu de chances de progrès. Malgré la qualité des infrastructures de Valdebebas, les joueuses ne sont pas valorisées, voire carrément anonymisées. Preuve de désintérêt - de ce mépris finalement, Florentino Pérez n'a même pas fait le déplacement au Camp Nou. Rien de nouveau tant le président se fait (très) rare quand il s'agit de la section féminine. 

Ce jeudi soir, le Camp Nou a battu le record d'assistance depuis sa réouverture avec plus de 60000 spectateurs, dépassant même la section masculine. Et le temps où les billets ne valaient rien est révolu : la gamme de tickets allait de 25 à 120€. Ce n'étaient pas seulement deux équipes qui se faisaient face mais bien deux mondes qui n'évoluaient tout simplement pas dans la même époque.