Qu'attendiez-vous du PSG lors du match aller ? Le PSG est une équipe qui a connu des difficultés en Ligue des champions lors des deux dernières saisons, qui n'a plus autant de joueuses stars qu'auparavant. Comment abordez-vous le match retour ?
Je ne dirais clairement pas que le PSG est une équipe affaiblie. Ce sont des joueuses qui évoluent au haut niveau depuis des années, donc c'est forcément un adversaire coriace. On s'attendait à un match difficile, et on l'a eu. Ils ont peut-être connu une saison un peu plus compliquée l'an dernier, sans être tout à fait à leur meilleur niveau, mais ils ont toujours autant de qualité et de bonnes joueuses. Je suis plutôt satisfaite et impressionnée par notre prestation face à eux, mais je maintiens que c'était un adversaire très solide, notamment physiquement. Pour le match retour, ça va être un vrai défi. On s'attend à quelque chose d'assez similaire, mais on en sait désormais davantage sur la façon dont on veut jouer et sur ce qu'on est capables de faire. Le match aller a été très équilibré, et je suis certaine que ce sera à nouveau un match difficile mercredi.
Vous avez joué un match de championnat ce week-end, contrairement au PSG. Est-ce que ça vous aide, en ce début de saison où enchaîner les matchs permet de mieux se trouver sur le terrain, ou pensez-vous au contraire que vous serez plus fatiguées qu'elles ?
On a enchaîné beaucoup de matchs pendant la préparation, et notre championnat a également commencé, donc oui, on a beaucoup joué. Je pense que ça peut nous aider dans la mesure où ça nous a permis de mieux nous trouver collectivement, de comprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce qu'on doit améliorer. De ce point de vue, c'est important et utile pour nous. On aborde ce match en sachant exactement ce qu'on doit faire.
Comment se sent le groupe à l'approche du match retour ?
On a repris aujourd'hui après un résultat difficile hier en championnat, donc j'étais surtout là pour la récupération, avec des réunions et ce genre de choses. Maintenant que ce match est derrière nous, toute notre attention est tournée vers mercredi. Notre prestation lors du match aller nous a donné un vrai regain de confiance quant à ce qu'on est capables de faire. On a vraiment hâte d'être à mercredi et on est enthousiastes à l'idée de ce que ce match peut nous offrir.
En quoi ce score de 1-1 change-t-il votre approche du match retour, sachant que tout reste à jouer ?
D'une certaine façon, c'est un peu comme une position d'équilibre. On sait comment on a joué et comment on a performé lors du match aller, et on en sait aussi davantage sur l'adversaire après ce match. On aborde donc cette rencontre avec beaucoup de confiance, et c'est exactement ce dont on a besoin. C'est excitant de se dire qu'on n'est plus qu'à un pas du but : si on livre une bonne prestation, on devrait pouvoir obtenir un bon résultat.
"Être physiquement prêtes, fraîches et disponibles"
Quel est, selon vous, l'enseignement principal du match aller qui pourrait faire la différence au retour ?
C'est une équipe très solide et très physique. C'est souvent le cas avec les grandes équipes françaises : on affronte une adversaire qui évolue en Ligue des champions depuis de nombreuses années, qui est toujours au sommet du championnat français, et qui est très forte physiquement. Il faut être prêtes à ça, que ce soit sur les transitions ou dans les duels individuels, où elles sont redoutables. Être physiquement prêtes, fraîches et disponibles, je pense que ce sera essentiel pour mercredi.
Vous avez évolué au plus haut niveau, en club comme en sélection. Comment puisez-vous dans cette expérience pour aborder un match à si forte pression et à si gros enjeu ?
Sur le plan personnel, j'adore ce genre de matchs, j'adore jouer au plus haut niveau, c'est vraiment excitant. Savoir qu'on joue pour quelque chose d'aussi important, comme une qualification en Ligue des champions, c'est déjà une motivation en soi. La confiance qu'on a tirée du dernier match, combinée à l'enjeu final, c'est probablement le principal moteur.
Vous avez disputé la Ligue des champions avec plusieurs clubs différents. Avez-vous un souvenir favori dans cette compétition ?
Pas vraiment un souvenir précis. J'ai connu des années difficiles à Manchester City, où on s'était fait sortir par le Real Madrid à plusieurs reprises. La saison suivante, j'ai justement rejoint le Real Madrid et j'y ai vécu un beau parcours en Ligue des champions, avec plus de temps de jeu et plus de matchs. C'était une bonne saison pour moi, globalement.
Vous avez connu la Ligue des champions dans des matchs très serrés, notamment un contre le Real Madrid à Manchester City où vous aviez touché la barre transversale, et un autre contre Chelsea quand vous étiez à Madrid. Pourriez-vous revenir sur ces rencontres ?
Je ne m'en souviens pas très bien, pour être honnête. Je me souviens des deux matchs contre le Real Madrid quand je jouais à Manchester City : c'étaient des matchs difficiles, puisqu'on les avait perdus tous les deux. Ensuite, en rejoignant l'Eintracht Francfort, on a retrouvé le Real Madrid lors de cette même compétition, je me suis dit que c'était vraiment ma chance, vu que j'avais déjà été éliminée par elles à plusieurs reprises. Concernant ces matchs avec le Real Madrid, je ne pense pas que l'équipe avait réalisé sa meilleure saison cette année-là, on avait eu beaucoup de blessures, et je ne crois même pas qu'on était sorties de la phase de groupes en Ligue des champions. Mais oui, il y a eu des matchs serrés. En Ligue des champions, on affronte des adversaires coriaces chaque semaine, on joue contre les meilleures équipes, donc c'est vraiment difficile, il faut être capable de produire de bons résultats de façon constante. Mais je n'en garde pas un souvenir très précis.
"Je pense avoir pris un rôle de leader"
Vous avez évoqué à plusieurs reprises votre grande expérience, à juste titre. Sentez-vous, en tant que joueuse expérimentée, que les plus jeunes s'appuient davantage sur vous, notamment dans une compétition aussi prestigieuse que la Ligue des champions féminine ?
Oui, je pense avoir clairement pris un rôle de leader. Avec l'expérience que j'ai et le fait d'avoir évolué au plus haut niveau, c'est quelque chose que j'ai dû faire, et que je dois continuer à faire, pour être une joueuse importante, pas seulement sur le terrain en apportant ce que je sais, mais aussi en dehors. Au fil des années, j'ai essayé d'utiliser davantage mon expérience de façon positive pour aider les plus jeunes joueuses, celles qui ont moins vécu ce genre de moments, sur ce qu'il faut faire. J'essaie donc d'en tirer parti autant que possible.
C'est votre deuxième expérience dans un club où l'anglais n'est pas la langue principale. Comment vous adaptez-vous ? Où en est votre allemand, et dans quelle langue vos coéquipières vous parlent-elles ?
Cette saison, on a énormément de joueuses étrangères, beaucoup d'internationales, donc une grande partie des entraînements et des échanges se fait en anglais, ce qui a plutôt aidé et nous a permis, d'une certaine façon, de moins avoir besoin d'apprendre l'allemand. La saison dernière, la majorité des consignes et des échanges se faisaient en allemand, ce qui était plus difficile pour moi : j'avais besoin de beaucoup de traduction. C'était la même chose au Real Madrid, où j'ai dû apprendre l'espagnol parce qu'elles ne parlaient que ça. Cette saison, c'est très différent : il y a beaucoup d'anglophones, tout le monde parle anglais, et une bonne partie des consignes passe à la fois en allemand et en anglais. Je dois avouer que l'adaptation a été assez facile cette saison.
Pour revenir à la Ligue des champions, vous avez évoqué votre parcours avec le Real Madrid et vos bons souvenirs. En vous projetant, si l'Eintracht Francfort venait à se qualifier pour la phase principale de la Ligue des champions, sentez-vous que ce club a les moyens de vraiment rivaliser avec les meilleures équipes du tirage et d'aller loin ?
Je pense que le match contre le PSG nous a un peu plus prouvé qu'on est capables de rivaliser. C'est important de savoir d'où l'on vient, mais aussi de se rappeler du niveau qu'on peut atteindre quand on joue bien. Il faut être régulières dans la performance pour être au sommet, et c'est là qu'on veut être. Ce match contre le PSG a montré qu'on peut rivaliser avec les meilleures, mais il s'agit maintenant de le faire de façon constante pour s'installer durablement à ce niveau. C'est clairement l'un de nos grands objectifs.
Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez faire différemment par rapport au match aller ?
Je ne saurais pas dire précisément pour l'instant. On sort d'un match de championnat hier, et toute notre attention se tourne maintenant vers le PSG. Demain, on aura l'entraînement et les réunions, on reviendra sur ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné, et ce qu'on doit améliorer. Ce sera probablement demain qu'on affinera vraiment ces éléments. Mais de mon point de vue personnel, je pense qu'on a plutôt bien maîtrisé le match, qu'on a bien gardé le ballon et créé beaucoup d'occasions. Si on parvient à en concrétiser certaines, je pense qu'on se mettra dans une très bonne position pour ce match.
"On veut être compétitives en Europe, on veut être au plus haut niveau"
Cet été, des joueuses importantes ont quitté le club. Pensez-vous que l'effectif a suffisamment d'expérience pour négocier un match de cette ampleur, et potentiellement la phase de ligue par la suite ?
Je pense qu'on a montré qu'on en est capables, mais bien sûr, la perte de grandes joueuses reste toujours difficile à gérer. Je trouve que cette saison, on a une équipe solide, un très bon groupe de filles, avec des joueuses qui veulent gagner et qui veulent rivaliser. C'est vraiment important d'avoir un groupe avec cet état d'esprit. On avance étape par étape, mais je peux clairement dire qu'on a une équipe prête et déterminée à rivaliser dans les plus grandes compétitions.
Et vous, personnellement, que pouvez-vous apporter face au PSG mercredi ?
Je suis une joueuse qui travaille dur, et je pense que c'est vraiment important. Elles ont beaucoup de force et de vitesse, et même si je suis avant tout une attaquante, je pense que je travaille plutôt bien défensivement, donc j'espère pouvoir aider de cette façon, en défendant sur ces joueuses rapides et puissantes. Mais globalement, je pense que si on joue aussi bien que l'autre soir, voire mieux, on aura une vraie carte à jouer. Je suis très motivée à l'idée de faire tout ce que je peux pour aider l'équipe à franchir cette étape.
On voit que le football féminin se développe fortement à l'Eintracht Francfort, presque un retour aux belles années que le club a connues par le passé. Comment vous sentez-vous dans ce projet ? Avez-vous le sentiment que l'équipe féminine grandit chaque année davantage ? On voit d'ailleurs que votre présidente, Katharina Kiel, préside désormais également la nouvelle Bundesliga féminine, ce qui en dit long sur son engagement pour le football féminin.
Oui, tout à fait. L'Eintracht Francfort, côté féminin, est un projet passionnant. Je sais que par le passé, c'était l'un des tout meilleurs clubs d'Allemagne et d'Europe, et je suis certaine que le club aimerait retrouver cette place. En tant que joueuses, c'est la même chose : on veut être compétitives en Europe, on veut être au plus haut niveau. On est encore en pleine croissance, on est encore en train de se trouver dans cette position, et j'espère que mercredi, on pourra faire le travail nécessaire pour se rapprocher un peu plus de cet objectif. Je m'inscris pleinement dans ce projet, qui est vraiment stimulant. Je pense avoir beaucoup d'expérience, acquise dans d'autres équipes et à différents niveaux, et je veux apporter tout ce que j'ai au club, l'aider autant que possible. C'est ce que j'ai fait la saison dernière, et je continuerai cette saison, mais je pense qu'on est sur une bonne trajectoire, sur la bonne voie.
On a l'impression que le championnat allemand devient l'un des plus compétitifs, avec, en dehors du Bayern Munich, davantage de concurrence juste derrière. Comment expliquez-vous cette évolution ?
On entend beaucoup dire que la WSL anglaise est un très grand championnat féminin, et c'est vrai, c'est clairement l'un des meilleurs championnats au monde d'après mon expérience. Mais depuis que j'ai rejoint le championnat allemand, je ne peux que le complimenter : la concurrence, semaine après semaine, y est extrêmement relevée. Bien sûr, il y a le Bayern et Wolfsburg, qui restent de véritables équipes d'élite, et contre elles, c'est toujours un match difficile. Mais même face aux équipes du milieu de tableau, voire à celles qui étaient plus bas au classement la saison dernière, on prend un match très compliqué : c'est une question de physique, de force, de jeu de transition, de façon de jouer, c'est un vrai défi. On l'a d'ailleurs vu hier lors de notre match de championnat. Il n'y a pas de match facile dans ce championnat, et je pense que ce n'est peut-être pas suffisamment reconnu. Mais le championnat allemand est vraiment un grand championnat, que ce soit au niveau des infrastructures, des équipes, ou de la façon de jouer. Je n'ai pas de réponse exacte à votre question, mais je parle très positivement du championnat allemand en ce qui concerne sa place actuelle dans le football féminin.
Vous avez connu une belle carrière, en club comme en sélection. Quelles sont vos ambitions pour la suite, sur ces deux plans ?
En club, dans l'immédiat, mon plus grand objectif est qu'on parvienne à se qualifier pour la Ligue des champions et à y rivaliser une saison de plus. C'est quelque chose que je veux vraiment accomplir : j'ai déjà connu la Ligue des champions, je sais ce que c'est, c'est un moment tellement excitant, et c'est ce que je veux vivre au niveau club. Côté sélection, on a bien sûr la Coupe du monde l'an prochain, qui est l'échéance excitante vers laquelle toute notre préparation est tournée.
