Comment l’OL est revenu dans le top 4 et dans la course à la Ligue des champions

Comment l’OL est revenu dans le top 4 et dans la course à la Ligue des champions
Comment l’OL est revenu dans le top 4 et dans la course à la Ligue des championsPhoto par OLIVER BUNIC / AFP

Il y a encore quelques mois, l’Olympique Lyonnais naviguait en pleine tempête : incertitudes financières, ventes majeures, menace administrative… Aujourd’hui, le club est 4e de Ligue 1, en position de barrage pour la Ligue des champions, et reste sur six victoires consécutives toutes compétitions confondues, sa meilleure série depuis 2018. Un redressement qui porte la patte de Paulo Fonseca, capable de bricoler malgré un effectif au rabais.

L’été 2025 a été celui des secousses pour l'OL. Le club rhodanien est d’abord provisoirement relégué administrativement en Ligue 2 par la DNCG, avant de sauver sa place après appel grâce à un plan de redressement financier. Pour rééquilibrer les comptes, Lyon vend beaucoup : Cherki, Lucas Perri, Georges Mikautadze, départ de Lacazette en fin de contrat, fin du prêt d’Almada… Au total, le club boucle le mercato avec un solde positif de plus de 70 millions d'euros. Sur le papier, l’effectif s’appauvrit. Mais Paulo Fonseca y voit l’opportunité de rebâtir un collectif plus jeune, plus mobile et plus cohérent.

La patte Fonseca : structure, jeunesse et rendement maximal

Malgré une suspension de neuf mois qui l’a éloigné du banc (jusqu’en décembre pour la Ligue 1), Fonseca garde la main sur le projet et construit un effectif avec une cellule de recrutement qui a enfin les mains libres pour tenter des coups à l'étranger sans subir les choix de John Textor.

Ainsi débarquent sur les bords du Rhône Afonso Moreira, recruté pour seulement 2 millions d'euros mais qui affiche déjà 11 contributions décisives (5 buts, 6 passes) en 22 matchs, soit une action décisive tous les deux matches. Pavel Šulc, qui hérite du numéro 10 du "général" Lacazette, devient lui un véritable leader offensif : 17 contributions (12 buts, 5 passes), soit le meilleur buteur de l'OL. Le tout alors que le club n'a déboursé que 7,5 millions d'euros pour le piquer au Viktoria Plzen.

Le dernier coup de cette cellule de recrutement : Endrick, prêté par le Real Madrid, qui a eu un impact immédiat (1 but, 1 passe en deux matchs). Le reste est une construction agile du coach portugais qui choisit de faire jouer Tolisso en faux 9 après le départ de Mikautadze, avant de déceler l'instinct de buteur qui sommeille en Šulc et d'en faire son arme offensive numéro 1, ou bien de replacer Abner, initialement latéral gauche, comme milieu relayeur droit face à St Cyr Collonges (3 buts en 3 matchs à ce poste depuis).

À noter aussi récemment : la montée en puissance de Ruben Kluivert, pourtant très vivement critiqué lors de ses premières sorties avec l'OL, la renaissance de Moussa Niakhaté, récemment sacré avec le Sénégal à la CAN mais loin d'être à son meilleur niveau lors de sa première saison phocéenne, ou la saison honnête de Tanner Tessmann, devenu un milieu fiable du XI des Gones au point d'être convoité cet hiver.

Une belle série jusqu'au top 4

L'OL se distingue donc par une organisation claire, un pressing plus coordonné avec un bloc solide et une capacité à faire surperformer les joueurs plutôt qu’à dépendre de stars. Fonseca a su donner des responsabilités à ces profils jeunes, dynamiques, parfaitement adaptés à son football de transitions rapides et de mobilité offensive.

"L’équipe a progressé mentalement depuis le match contre Auxerre (le 23 novembre 2025), elle a compris qu’elle doit être la même à tous les matchs, analyse Paulo Fonseca en conférence de presse avant d'affronter Metz ce week-end. On a aussi progressé tactiquement, notamment sur le plan défensif, où on a su trouver une certaine stabilité. Offensivement, on a désormais la possibilité d’évoluer dans plusieurs systèmes et de changer de caractéristiques."

À son retour sur le banc après sa suspension le 7 décembre, Paulo Fonseca a gagné 7 de ses 8 premiers matches de la saison toutes compétitions confondues. Le club est aujourd'hui qualifié pour la phase finale de la Ligue Europa et en lice pour une qualification directe en 8es. En championnat, l’OL compte 33 points et s’installe dans le top 4.

Autre signe fort : le rendement au Groupama Stadium. Fonseca affiche 78 % de victoires à domicile, le meilleur pour un entraîneur lyonnais depuis l'inauguration du stade il y a dix ans. Malgré cette dynamique, l’OL ne possède que le 6e effectif le plus valorisé de Ligue 1 (environ 220 milions d'euros), mais avec tout de même une nette progression de +36% depuis le 15 septembre 2025 (de 160 millions à 220 millions d'euros). Des chiffres qui montrent les évolutions des valeurs individuelles des joueurs mais surtout prouve bien que l'atout numéro 1 du club reste sa puissance collective. 

"Si vous m’aviez demandé où on en serait en janvier..."

Paulo Fonseca lui-même s'avoue surpris de voir l'OL se battre aujourd'hui pour les places qualificatives en Ligue des champions. "Si vous m’aviez demandé où on en serait en janvier au début de la saison, j'aurais dit que ça aurait été difficile, confie-t-il. Mais, lors de la pré-saison, j’ai senti qu’il y avait du potentiel pour progresser. C’est une équipe qui a beaucoup de qualité et des caractéristiques très importantes."

Mais il prévient ses troupes avant d'enchaîner cinq matchs en deux semaines : "Nous devons rester calmes et équilibrés. Ce n’est pas parce que nous avons gagné sept matchs que nous sommes la meilleure équipe de France, comme lorsque nous avons enchainé les défaites, nous n’étions pas la pire équipe de France. (...) Mon travail, c’est aussi de gérer les momentums, d’avoir les bons mots pour porter les joueurs aux objectifs, mais de leur faire garder les pieds sur terre. Nous avons une équipe équilibrée mentalement."