Stéphane Richard est le nouveau président de l'Olympique de Marseille ! Il est arrivé aux côtés de Franck McCourt en conférence de presse ce vendredi matin. L'ex-PDG d'Orange prend la place de Pablo Longoria.
Voici les propos des hommes d'affaires :
McCourt remercie Juster et Benatia : "Avant de vous présenter le nouveau président de l'OM, je veux remercier plusieurs personnes qui ont été d'une grande aide : Alban et Medhi d'avoir mené tout le travail à bien, mais aussi Shéhérazade (Semsar-de Boisséson). Je vous remercie beaucoup."
La raison de la nomination de Richard : "C'est avec une grande joie que je vous présente le nouveau président de l'OM. Marseille a besoin d'un très fort leader avec une expérience exécutive, surtout dans le moment présent avec beaucoup de défis à affronter pour le football français, quelqu'un qui connaisse Marseille, a vécu ici. Quand j'ai étudié les différents candidats et que j'ai compris que Stéphane était intéressé - je le connaissais depuis un moment à l'époque où il était PDG d'Orange - il cochait toutes les cases. La décision était assez simple pour moi au final. On a été capable de tout faire de manière rapide et efficace. L'OM a besoin de ce leadership pour ramener la sérénité et le calme au sein du club."
Stéphane Richard s'exprime sur sa nomination : "C'est honneur et une grande émotion pour moi d'être avec vous ce matin. Mes premiers mots iront pour remercier Frank. Une grande émotion pour moi parce que mes deux passions convergent : Marseille où j'ai grandi et le foot. Je garde beaucoup de contacts, dont ma professeur de français. J'ai passé mon bac à Marseille, puis je suis monté à Paris pour ma classe préparatoire. Je me surviens des ricanements quand je disais que je venais de Marseille. J'ai gardé des liens très forts avec cette ville, j'ai eu une maison et la seule maison que je possède aujourd'hui est à Marseille, j'y ai beaucoup d'amis, c'est une ville que je connais intimement. Je sais ce que représente l'OM. Toute la ville pense et respire pour l'OM. Je suis footeux, j'ai suivi toutes les épopées du club. Réunir mes deux amours, Marseille et le foot, c'est une sorte de dream job."
Les challenges auxquels il sera confronté : "J'ai tout à fait conscience du challenge que cela représente. Le club est à la croisée des changements et des changements vont être opérés. La qualification en Ligue des champions est capitale pour l'avenir du club. Avec les supporters, il y a un dialogue à réinventer, à reprendre."
Quand prendra-t-il ses fonctions ? : "Je ne prendrai mes fonctions que début juillet. On va mettre en place avec Alban et Medhi une structure de transition qui permettra de m'impliquer dans les décisions à prendre avant la prise de fonction."
Stéphane Richard veut travailler sur le long terme : "Ma priorité est d'amener une période de stabilité, une vision de moyen, long terme qui va essayer de réconcilier un peu tout le monde. À l’intérieur, il y a ces contraintes économiques, je n'ai pas de difficultés à les intégrer. Je vais essayer d'être un homme-orchestre qui va essayer de prendre les bonnes décisions de recrutement et que d'ici là, j'espère donner un supplément d'énergie pour la qualification en Ligue des champions."
"Je ne vais pas critiquer ce qui a été fait avant. L'OM fait partie de ce petit groupe de clubs qui doit jouer la Ligue des champions tous les ans, c’est-à-dire dans le top 3 . Ce n'est pas seulement une question de moyens, on voit des clubs qui investissent beaucoup pour des résultats moyens comme Liverpool qui a investi 480 millions d'euros l'été dernier."
Des nouveaux partenaires ? : "L'OM est l'un des clubs les stables au niveau financier en Europe. Nous n'avons pas de grosses dettes. Nous sommes ouverts à un partenaire stratégique qui pourrait nous permettre d'atteindre le niveau dont tout le monde rêve. Mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui, il n'y a rien d’autre à ajouter."
La malédiction des présidents : "Mon meilleur gri-gri, c'est l'expérience. J'ai connu beaucoup de situations compliquées, ça durcit le cuir et ça permet de gérer quelques situations de stress. Je viens donner le meilleur de moi-même. Je ne crois pas à la malédiction du président."
Richard, un Marseillais ? : "J'ai une connaissance de l'esprit de Marseille. Je sais comment on voit Marseille dans la capitale - où j'ai vécu 40 ans -, il y a des clichés, un peu de ricanements. Et ça, ça m'insupporte. Je ne suis pas un étranger qui débarque à Marseille et qui découvre l'OM et tout ce que ça véhicule.
Je ne suis pas un technicien du foot, je m'appuierai sur des professionnels aguerris. Mais je compte m'y impliquer. Je compte m'investir dans tous les domaines de la gestion du club, et évidemment le domaine sportif."
Départ de Medhi Benatia : "Je vais répéter ce que j'ai déjà dit. Medhi était prêt à partir plus tôt, je l'ai appelé, on a discuté ensemble, je lui ai demandé de rester jusqu'à la fin de la saison, ce qu'il a accepté mais il m'a dit 'boss, je pars en fin de saison". C'est l'accord que nous avons eu. Je peux confirmer, sur la base de nos discussions, ce qu'il a partagé sur la place publique."
Meilleur souvenir de Richard : "Je me souviens de la Ligue Europa en 2018 et de tout le parcours malgré la défaite en finale. Je me souviens de la dernière victoire contre le PSG. Mais surtout de l'ambiance du Vélodrome."
Nombre de candidatures à la présidence : "Le processus a été assez intéressant. Il y a eu un nombre de candidats vraiment importants, peut-être même que certains d'entre vous se sont présentés (rires). C'était impressionnant de voir le monde de personnes, ce qui prouve l'amour pour ce club. Une entreprise de recrutement était là, le conseil de surveillance était aussi très engagé pour écrémer un peu la liste des candidats. Le nom de Stéphane a fait surface assez rapidement parce que je le connaissais, sa belle carrière, le fait qu'il soit familier avec l'OM et son amour pour l'OM. On s'est rencontré à Londres pour dîner, j'ai réussi à accomplir plus que ce à quoi je m'attendais en un dîner. Je l'ai épuisé avec mes questions et il y a très bien répondu et c'était très clair pour moi après ce dîner. C'était clair que c'était l'homme pour ce projet."
Gérer un club : "Quand on est à la tête d'une entreprise, on a toujours le même clavier de compétences. Le plus important pour moi, c'est la communication, le recrutement - la capacité à s'entourer de bonnes personnes. Que ce soit à Orange ou l'OM, c'est toujours la réussite d'une équipe. La relation avec l'actionnaire est capitale pour moi avec la prise en compte de tous les publics. Un club, c'est quand même très spécial. Il y a une disproportion entre ce que cela représente économiquement et ce que cela représente dans l'esprit des gens, c'est gigantesque. Encore plus à Marseille."
La situation de l'OM : "J'ai grandi à Boston. Marseille ressemble à Boston quand j'étais jeune. Je ne sais pas si je cherchais quelque chose en particulier mais je pense que c'est Marseille qui m'a trouvé. Je ne cherchais pas à acheter un club de football, ni un club en général. Mais j'ai eu les LA Dodgers pendant dix ans et ça s'est très bien passé, j'étais heureux. Cette opportunité (l'OM) est venue à moi et c'était très intéressant d'être engagé dans un club comme l'OM avec une histoire formidable, un stade formidable. Quand j'ai eu l'opportunité d'acheter le club, ça m'a plu, j'étais touché. Lors de la dernière décennie, c'était une grande joie, ça n'a pas toujours été simple. On signe des chèques, on va mettre les joueurs ensemble et on va gagner le championnat, ce n'est pas aussi simple. Ce qui me rend fier, c'est que l'OM est dans une situation complètement différente de quand j'ai racheté le club. On attend maintenant l'OM en Ligue des champions. Mon ambition est d'être propriétaire de l'OM pendant très longtemps, on verra ce que nous réserve le futur. Le plus important ce n'est pas ce qui est le mieux pour moi ce qui est le mieux pour l'OM."
Ambitions de Richard : "C'est un job où on n'a pas de durée, je n'arrive pas avec un mandant d'un, deux ou trois ans. C'est la gloire du sport, je me projette à moyen terme, à quelques années. Il y a aussi le temps sportif. Quand je regarde les clubs qui ont obtenu des bons résultats, ça a pris pas mal d'années, comme le PSG. Mon idée est de m'inscrire dans la durée et de développer un certain nombre de projets à moyen terme."
Collaboration avec Juster et Benation avant sa prise de fonctions : "Actuellement, j'exerce mes fonctions comme associé en conseil d'une banque de fusions/acquisitions à Paris à laquelle je suis très attaché. Je vais travailler pour les clients que j'accompagne dans ces missions jusqu'au 30 juin, je ne les lâcherai pas. Et je garderai un lien après le 2 juillet dans une fonction de conseil pour accompagner certains clients.
Dans la période intermédiaire, avec Medhi (Benatia) et Alban (Juster), on va mettre en place une structure avec des points fixes pour que j'emmagasine le maximum de données et d'informations. Il y aura des échéances plus rapides que le 2 juillet et, en fonction de ces échéances, je prendrai le temps qu'il faut pour participer à ce travail et à certaines réunions importants. Ce sera un temps de préparation pour être dans les meilleures conditions puis démarrer full speed, et être présent s'il y a des décisions pour le club."
