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Que peut-on attendre des deux promus, Troyes et Le Mans, cette saison ?

Que peut-on attendre des deux promus, Troyes et Le Mans, cette saison ?
Que peut-on attendre des deux promus, Troyes et Le Mans, cette saison ?Photo par PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La Ligue 1 a repris ses droits ce vendredi et le week-end verra les deux promus faire leurs grands retours dans l'élite : Troyes reçoit le Paris FC et Le Mans accueille Brest, samedi. Les deux clubs partagent le même objectif pour cette saison : le maintien. Mais ils y arrivent par des chemins presque opposés. L'un a survolé la Ligue 2 avant de voir son mercato se déliter au fil de l'été, l'autre a grimpé plus vite que prévu et tente de rattraper en quelques semaines ce qu'il avait imaginé construire en deux ou trois ans.

À Troyes, la montée s'est jouée sur le terrain, portée par Stéphane Dumont, sacré meilleur entraîneur de Ligue 2. Mais l'intersaison a rebattu les cartes : le départ du directeur sportif Antoine Sibierski, en désaccord avec la direction, a laissé le club sans tête pensante sur le mercato pendant plusieurs semaines, avant l'arrivée tardive de Jocelyn Blanchard. Résultat, l'Estac a perdu ses trois meilleurs éléments offensifs sans les remplacer dans l'immédiat : Tawfik Bentayeb, meilleur buteur de Ligue 2, reparti au Maroc et aujourd'hui proche d'un transfert vers Anderlecht, Martin Adeline, envolé vers Hambourg, et le jeune Mathys Detourbet, vendu 15 millions d'euros à Manchester City, maison mère du club, avant d'être prêté à Monaco. Le défenseur Sankhoun Diawara a lui rejoint l'AC Milan. Face à cette hémorragie, Troyes a recruté avec mesure : le gardien Patrick Beach, le milieu Iron Gomis, puis Hugo Picard, prêté par le club américain de Columbus Crew, où il retrouve un Dumont qui l'avait déjà entraîné à Guingamp.

Au Mans, c'est l'inverse : le club a globalement conservé son squelette et son identité. Patrick Videira, qui a fait grimper l'équipe du National à la Ligue 1 en deux ans, a résisté aux sollicitations d'autres clubs de l'élite pour poursuivre l'aventure avec un groupe qu'il juge encore soudé. Le noyau dur a été prolongé et les arrivées se sont enchaînées : Louis Mafouta, Yasser Larouçi, Billal Brahimi en joueurs libres, puis les prêts de Rayan Bamba et Daouda Traoré. La dernière ligne droite du mercato a même pris une tournure inattendue avec la signature de Djibril Sidibé, latéral droit champion du monde 2018, engagé jusqu'en 2028 après deux saisons pleines à Toulouse. Le défenseur espagnol Raúl Torrente, prêté après une longue blessure au genou, et l'attaquant brésilien Enzo Vagner, arrivé de Coritiba dans le cadre du premier échange sportif entre les deux clubs de la galaxie OutField, ont complété un effectif porté à huit recrues.

Une nouvelle donne actionnariale au Mans

Le contraste entre les deux clubs tient aussi à leur gouvernance. Mi-juin, Thierry Gomez a cédé les rênes du Mans FC à OutField, le fonds brésilien qui a racheté le club avec, parmi ses investisseurs, Novak Djokovic et Thibaut Courtois. Le nouveau président, Pedro Oliveira, résume l'ampleur du chantier : un plan de développement pensé sur deux ou trois ans doit désormais être compressé pour coller au calendrier imposé par la montée express du club, entre infrastructures, recrutement et structuration. À Troyes, propriété de longue date du City Football Group, la logique est différente : celle d'un modèle où les meilleurs joueurs sont valorisés puis vendus, quitte à fragiliser l'équipe l'année de son retour dans l'élite - une stratégie qui agace une partie des supporters aubois.

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Deux discours, une même prudence

Sur le plan sportif, les deux entraîneurs tiennent un discours logiquement similaire, fait de lucidité plus que d'ambition démesurée. Stéphane Dumont a lui-même reconnu que son équipe n'était "pas en avance" dans sa préparation, malgré une série de matches amicaux encourageante, et devra composer avec un effectif largement rajeuni, entre joueurs néophytes en Ligue 1 et jeunes du centre de formation comme Yacouba Koné ou Christ Batola. Patrick Videira tient un discours dans la même veine côté manceau, à trois jours de la reprise. "Il faut pouvoir y aller avec beaucoup d'humilité", confiait-il le 19 août sur ICI Maine, rappelant que Le Mans "a du retard" à combler et qu'il faudra "continuer à travailler" comme lors des deux précédentes saisons. L'entraîneur revendique surtout la continuité : 16 joueurs de l'effectif actuel étaient encore en National il y a deux ans, et c'est délibérément que le club a choisi de leur faire confiance plutôt que de tout bouleverser. "Ces garçons le méritent, c'est important de pouvoir garder cette ossature", justifie-t-il, avant de recevoir Brest samedi devant un stade Marie-Marvingt déjà rempli de plus de la moitié (16 000 places réservées sur 25 000).

Sur le papier, Le Mans semble avoir mieux traversé son intersaison, en préservant la continuité de son projet et en s'offrant un renfort d'expérience avec Sidibé, quand Troyes doit reconstruire son secteur offensif dans l'urgence après une cascade de départs. Mais les deux clubs partagent un budget parmi les plus modestes de Ligue 1 et un même horizon : gravir un palier sans perdre ce qui les a menés jusqu'ici. Rendez-vous ce week-end, avec Troyes-Paris FC et Le Mans-Brest samedi, pour les premières indications.

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