Invaincue depuis deux mois en Ligue 1, l'équipe de Pocognoli peut aborder cette 26ᵉ journée avec ambition. Une série assez inattendue quand on se rappelle que le technicien belge n'était pas loin d'un licenciement après la trêve hivernale.
Mais force est de constater qu'il a su trouver les moyens pour rebondir et faire regagner des Monégasques franchement apathiques malgré leur statut. Entre mi-janvier et début-février, ils sont restés englués à la 10ᵉ place, soit le ventre mou du championnat. Un constat plutôt indigne de leur capacité lorsqu'on connaît leurs qualités individuelles. Certains sont plutôt décevants à l'image de Mika Biereth, Caio Henrique, Takumi Minamino, Thilo Kehrer ou encore Folarin Balogun.
Néanmoins, le buteur américain est parvenu à élever son niveau tout récemment et cela explique en partie pourquoi l'ASM semble aller mieux.
Actuellement 7ᵉ à six petits points des deux Olympiques, Pocognoli et ses joueurs peuvent raisonnablement croire en une qualification européenne et venir donc troubler les pronostics à deux mois de la fin de la saison. Quatre fois sur le podium lors des cinq derniers exercices, Monaco pourrait finalement ne pas trop décevoir.
Ce samedi, c'est Brest qui se rend à Louis-II et c'est une affiche qui ne réussit absolument pas aux Bretons. Ces derniers y ont perdu leurs six précédents matches. Une statistique de plus qui va dans le sens de l'ASM…
Mais le plus dur est à venir, bien que le calendrier se soit allégé avec les éliminations en Coupe de France (contre Strasbourg en 8ᵉ de finale le 5 février) et en Ligue des champions (face au PSG en barrages le 25 février à l'issue du match retour au Parc des Princes).
Un collectif qui s'améliore
"Le fait que les précédentes saisons aient été terminées en trombe ? C’est quelque chose que vous m’apprenez. Par principe, je n’aime pas comparer les autres années par rapport à un schéma précis de ce qui a été fait. Si on finit à chaque fois en trombe, cela veut dire que ça se fait après avoir connu des périodes plus difficiles, donc j’espère qu’on arrivera à changer cela peut-être un jour. En tout cas, nous sommes sur une bonne dynamique actuellement, donc on pourra se poser la question en fin d’exercice pour voir si ça correspond aux saisons dernières. Mais de manière générale, j’essaye de me dissocier de ce qui a été fait précédemment, car on est en train de construire quelque chose en procédant différemment", a répondu Pocognoli en conférence de presse jeudi.
Il ne veut pas comparer avec le scénario des saisons précédentes, mais ne nie évidemment pas que son collectif joue mieux depuis plusieurs semaines.
"Quand on voit les derniers matchs et l’intensité avec laquelle on a joué ces dernières semaines, cela veut dire que l’équipe a grandi à ce niveau-là ! De fait, il y a une grosse débauche d’efforts par rapport au style de jeu qu’on veut mettre en place, et pour ça il faut avoir d’autres cartouches pour pouvoir redynamiser cette constante au cours d’un match."
Lui aussi l'a remarqué, l'animation qu'il souhaite mettre en place se veut plus efficace grâce à l'intensité déployée par ses joueurs. Bien que le PSG ait manqué son rendez-vous le week-end passé, la victoire n'est pas hasardeuse et ces Monégasques sont sur le bon chemin.
Selon leur entraîneur, il faut pouvoir désormais répéter ce genre de prestations – la clé du sport de haut niveau qui n'est évidemment pas un secret. "C’est le prochain challenge, le fait de garder davantage de constance dans une rencontre. Pour le moment, on arrive à bien gérer cela en étant créatifs mais aussi beaucoup dans l’anticipation des éventuels problèmes qui peuvent arriver, en préparant les joueurs à disposition et ceux qui sont moins sur le terrain en les poussant sur ce qu’ils peuvent faire de mieux chaque jour à l’entraînement."
Mentalement, reste à savoir si Monaco va tenir la cadence et si les joueurs vont répondre présent en faisant les efforts semaine après semaine. D'autant que les absences sont nombreuses et celles récentes de Vanderson et Caio Henrique restent préjudiciables.
La trêve internationale à la fin de ce mois de mars risque de faire du bien, car l'ASM se rend à Lyon dans une semaine, avant de recevoir Marseille début-avril. Et pour les deux dernières journées, ce sont Lille et Strasbourg qui tenteront d'empêcher Monaco de se qualifier éventuellement pour la Ligue des champions…
