Arrivé au chevet de LFP Media il y a neuf mois pour créer la plateforme Ligue 1+ après le départ de DAZN, l'ancien diffuseur de la Ligue 1, Tavernost n'a pas présenté formellement sa démission mais a acté les positions divergentes des clubs français dans le dossier des droits TV.
Durant un conseil d'administration convoqué en urgence après la non-obtention du contrat de diffusion de la Coupe du monde, M. de Tavernost a notamment pointé du doigt la responsabilité du PSG. Le club de la capitale est présidé par Nasser Al-Khelaïfi, qui est également membre du CA de la LFP, et surtout président de beIN Media Group, qui vient de chiper les droits du Mondial 2026 au nez et à la barbe de Ligue 1+.
Absent ce mercredi lors du conseil d'administration, M. Al-Khelaïfi était représenté par Victoriano Melero, son directeur général.
M. de Tavernost, qui avait fait de l'unité des clubs une condition sine qua none avant de devenir directeur général de LFP Media, leur a ainsi demandé de "trouver quelqu'un d'autre" que lui, à moins "qu'ils règlent leur différend".
Nommé en avril 2025 pour mettre fin à une crise des droits TV depuis plusieurs années, l'ancien patron de M6 a d'abord fait l'unanimité autour de lui. Il a réglé un litige avec DAZN qui réclamait en justice à la LFP 573 millions d'euros "pour manquement observé" et "tromperie sur la marchandise".
Puis il a lancé Ligue 1+, la plateforme de LFP Media pour ne plus être dépendant à terme des diffuseurs traditionnels avec qui les relations étaient extrêmement tendues.
La plateforme a connu un démarrage inespéré, captant rapidement plus d'un million d'abonnés avant de stagner ces derniers mois.
L'obtention de la diffusion des matches de la Coupe du monde devait rebooster Ligue 1+, devenue un concurrent pour beIN et Canal+, en froid avec la LFP après en avoir été les diffuseurs principaux.
Fin janvier, le Tribunal des activités économiques de Paris a contraint la chaîne franco-qatarienne à régler à LFP Media plus de 14 millions d'euros au titre d'échéances impayées dans un litige qui les opposait à propos du 9ᵉ match de Ligue 1, sa propriété jusqu'à la fin de saison.
Le 14 janvier, beIN et Canal+ avaient déjà été déboutées à la suite de deux arrêts de la cour d'appel de Paris, dans le cadre d'un conflit au long cours qui les oppose à la LFP.
Dans cette procédure qui concerne toujours les droits TV de la Ligue 1, elles réclamaient à l'instance autour de 660 millions d'euros.
