Nantes et Kantari sans filet contre Le Havre

Nantes et Kantari sans filet contre Le Havre
Nantes et Kantari sans filet contre Le HavrePhoto par DAMIEN MEYER / AFP

Distancé à huit points du maintien, Nantes abat l'une de ses toutes dernières cartes face au Havre, dimanche, lors de la 23e journée de Ligue 1, tout comme son entraîneur Ahmed Kantari au bilan catastrophique.

Une victoire, six défaites, soit 0,43 point de moyenne par match, jamais un entraîneur du FC Nantes pendant au moins 5 matches n'a fait pire. Luis Castro (0,73), qu'il a remplacé en décembre, tout comme que Raymond Domenech (0,57), précédent détenteur de ce triste record, sont battus. Avec 14 points en 22 journées, Nantes affiche aussi son pire bilan dans l'élite et jamais une équipe avec ce total à ce stade de la compétition ne s'est maintenue, depuis que la victoire est passée à trois points.

Ce bilan statistique du lent naufrage des Canaris est implacable mais il reste malgré tout encore 12 rencontres pour réaliser ce qui semble aujourd'hui presque inconcevable : rattraper au moins Auxerre, 16e et barragiste virtuel, à trois longueurs. Dans la déprime ambiante, Kantari tente de maintenir en vie une petite flamme d'espoir.

"On ne se sent pas enterrés"

"La force d'un groupe, la force d'un joueur de haut niveau, c'est de savoir se relever après les défaites. Je ne pense pas que le moral soit plombé. Parce qu'aujourd'hui, encore une fois, à l'entraînement, je vois de l'enthousiasme, je vois de l'engagement", a-t-il assuré vendredi. Discours de circonstance ou déni total ? Ses réponses en conférence de presse semblaient pour le moins décalées.

"En tout cas, moi, je serai toujours une force de proposition parce que je continue à le dire, je vois la qualité qu'il y a dans ce groupe et dès que ça va tourner dans le bon sens, dès qu'on va enclencher une victoire, les choses vont repartir", a-t-il martelé.

"La réalité des résultats, on ne peut pas la nier", a-t-il tout de même concédé, mais "nous, on ne se sent pas du tout enterrés. (Auxerre), devant nous, n'est qu'à trois points" et le FCN doit encore affronter les Bourguignons, tout comme la lanterne rouge, Metz.

Kantari en vient même à espérer que la détérioration de la situation du club finisse par constituer "un bon levier (qui...) doit permettre aux joueurs de se libérer".

"On n'y arrivera qu'à partir du moment où, à un moment donné, dans l'engagement, dans le fait d'oser, de tenter des choses, on fera plus. Donc aujourd'hui, si la situation au classement doit permettre aux joueurs de vraiment jouer sans filet, je pense que ce match-là du Havre, c'est le moment", veux-t-il croire.

L'enfer de la Beaujoire

De même, les comparaisons peu flatteuses avec ses prédécesseurs ou la question de son maintien en poste en cas de nouveau revers -surtout dans un club comme Nantes, grand consommateur d'entraîneurs-, le laissent de marbre. "Le passé fait partie du passé (...) Les choses ne sont pas comparables pour moi", a-t-il estimé.

"Un entraîneur est sujet au résultat. Donc aujourd'hui, il faut qu'on ait un résultat contre le Havre, mais pas pour moi. Il faut qu'on ait un résultat pour le club, pour l'équipe, pour les amoureux du FC Nantes... C'est ça qui est le plus important", a-t-il aussi balayé.

Un résultat qu'il faudra obtenir dans une Beaujoire mi-hostile, mi-indifférente, où les Nantais n'ont remporté qu'une seule de leurs onze rencontres cette saison et sans Matthis Abline, le fer de lance offensif, malgré un déchet important devant le but.

"On a un groupe assez fourni, on a des éléments offensifs qui vont prendre le relais. Je n'ai vraiment pas de doute par rapport à ça", a-t-il affirmé.