Lille face à "un tournant dans la saison"

Lille face à "un tournant dans la saison"
Lille face à "un tournant dans la saison"REUTERS

Au cœur d'une crise inédite depuis son arrivée, Lille est, selon son entraîneur Bruno Genesio, à "un tournant dans la saison" avant son déplacement à Angers dimanche (17h15) lors de la 23e journée de Ligue 1.

Le club nordiste est l'un des plus mauvais du championnat depuis le début de l'année avec seulement deux points sur dix-huit possibles, mais est toujours cinquième (34 points) et peut même revenir à trois points de Marseille (4e, 40 pts), également en crise, en cas de succès.

"C'est sûr qu'on a plutôt de la chance dans notre malheur : que ce soit juste devant nous ou juste derrière, ça n'avance pas beaucoup plus vite", reconnaît Bruno Genesio.

Mais l'entraîneur des Dogues sait que la position de son équipe ne tient qu'à un fil, encore plus après le non-match de ses joueurs jeudi contre l'Étoile rouge Belgrade, en barrage aller de qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue Europa. Cette rencontre a confirmé les difficultés offensives des Nordistes (sept tirs, un cadré, aucune occasion nette) et a provoqué la colère froide de Genesio, qui a fait part de sa "honte" née du "comportement" jugé insuffisant de ses joueurs.

Deux jours après le match, Bruno Genesio a expliqué avoir "dialogué avec les joueurs", apportant une nuance par rapport à ses déclarations : "Athlétiquement, on a été largement dominés. C'est le constat commun qui ressort de ce qu'on a vu et de ce que les joueurs ont ressenti. Pour eux, c'est davantage ça qu'un manque d'engagement, de volonté, qui nous aurait pénalisés."

Bruno Genesio sous pression

Même s'ils vont jouer à l'extérieur et à huis clos à Angers (12e, 29 pts), en raison des intempéries qui touchent notamment le Maine-et-Loire, les Lillois se sentent habités par un devoir de rachat auprès de leurs supporters.

Jeudi soir, les DVE (Dogues Virage Est), le plus important groupe d'ultras lillois, ont manifesté leur colère en réclamant sur le terrain "des guerriers" et scandé des slogans demandant la démission de Bruno Genesio, pour la première fois depuis son arrivée dans le Nord en juillet 2024.

"Que des gens demandent ma démission, je le comprends", répond l'entraîneur de 59 ans. "Le coach est le premier responsable des résultats, il n'est pas le seul et l'unique mais il est le premier, ajoute-t-il. C'est normal que les supporters, lorsque vous avez pris deux points sur dix-huit dans un club qui veut être européen, ne soient pas satisfaits du coach et de l'équipe."

Mais il estime encore être l'homme de la situation pour redresser le navire : "Je me sens plein d'énergie, en forme". La pression pourrait toutefois s'accentuer au point de devenir insupportable en cas de mauvais résultats à Angers et dans la capitale serbe jeudi.