Dix-huit si on ne compte que les hommes, vingt si on compte séparément les deux passages de Michel Der Zakarian et Antoine Kombouaré, vingt-deux si on ajoute Christian Larièpe et Philippe Mao, intérimaires d'un soir : le nombre des entraîneurs depuis l'arrivée de la famille Kita, en 2007, est vertigineux.
Ce temps semblait a priori révolu avec l'arrivée l'été dernier de Luis Castro, entraîneur réputé pour la qualité du jeu qu'il faisait pratiquer à Dunkerque, 4ᵉ de L2 et demi-finaliste de la Coupe de France l'an dernier. "On s'est dit que le FC Nantes et son identité de jeu légendaire, plus Luis (Castro), c'était un mariage qui était évident", avait même glissé un Franck Kita, directeur général délégué du club, lors de sa présentation.
Le chantier était énorme après Antoine Kombouaré, passé tout près du limogeage à l'hiver, avant d'obtenir finalement le maintien à la dernière journée d'une saison éprouvante. Mais après 13 journées, l'optimisme a fait place à un certain désenchantement au sein du club et autour.
Équipe la moins dangereuse de L1
Onze points ont été pris, autant que Kombouaré au même stade l'an dernier, et seule sa différence de buts épargne à Nantes la zone rouge (15ᵉ). Plus inquiétant, sur les trois dernières rencontres, contre Metz et Lorient à domicile et Le Havre à l'extérieur, les Canaris n'ont pris que deux points.
Avec 10,3 xG ("expected goals", buts qui auraient dû être marqués au vu des occasions créées, NDLR), 30 tirs cadrés, soit 22,7 % de leurs tentatives, ils sont l'équipe la moins dangereuse de L1 dans ces trois catégories.
Signe que la tension grandit, Waldemar Kita s'était invité dans les vestiaires à la mi-temps du match de Metz et le plus grand soutien de Castro, Franck Kita, fulminait à la Beaujoire après Lorient (1-1), dimanche dernier. Castro assure pourtant ne "pas du tout" ressentir de pression supplémentaire.
"Si tu veux entraîner à un très haut niveau, tu as besoin d'être conscient que la pression, c'est une bonne chose dans le foot. Qui n'aime pas la pression ferait mieux de travailler dans autre chose", a-t-il relativisé, vendredi, en conférence de presse.
"Après, si le club pense que le problème, c'est Luis Castro, je suis ici toute la journée, (on) peut venir parler avec moi, il n'y a aucun problème", a-t-il poursuivi.
Un recrutement encore discutable
Et s'il n'est "pas une personne qui se cherche des excuses", on peut pourtant facilement lui en trouver quelques unes, comme le budget passé de 80 à 50 millions d'euros, avec un plafond salarial à 50 000 euros mensuel pour les nouvelles recrues.
Constitué de nombreux paris, le recrutement n'a pas constitué la bonne pioche espérée, avec seulement deux joueurs, Chidozie Awaziem et Junior Mwanga, qui sont jusqu'ici sortis du lot parmi les sept recrues. L'absence quasi-continue sur blessure de Francis Coquelin, qui devait être le patron au milieu, celle pendant six journées de Johann Lepenant, ou dernièrement de Louis Leroux, forfait à Lyon, ont aussi lourdement handicapé l'équipe.
Enfin, les Kita auraient dû savoir que Castro a toujours eu besoin de temps pour obtenir des résultats. Sa première expérience à la tête d'une équipe senior avait tourné court, après 5 défaites en 6 matches avec le club grec de Panetolikos en 2019/2020. Et à Dunkerque, Castro n'avait même pris que 8 points sur ses 13 premiers matches de championnat, avant de lancer une première belle série de neuf matches : sept victoires et deux nuls.
Un historique qui ne devrait toutefois pas calmer l'impatience de ses dirigeants…
