La métamorphose d’Igor Paixao, qui revit depuis l'arrivée de Habib Beye sur le banc

La métamorphose d’Igor Paixao, qui revit depuis l'arrivée de Habib Beye sur le banc
La métamorphose d’Igor Paixao, qui revit depuis l'arrivée de Habib Beye sur le bancREUTERS

Transfiguré depuis l’arrivée d’Habib Beye sur le banc marseillais, l’ailier brésilien Igor Paixao enchaîne les performances de haut vol. Plus qu’un simple regain de confiance, ce renouveau s’explique par un repositionnement tactique crucial : le retour à son poste de prédilection.

À Marseille, le soleil semble de nouveau briller sur le visage d’Igor Paixao. Recruté l’été dernier pour la somme record de 35 millions d’euros, l’ancien joueur du Feyenoord avait connu une première partie de saison en dents de scie, freinée par une blessure et un carcan tactique qui semblait brider ses qualités naturelles. Mais aujourd'hui, à l'approche de la dernière ligne droite pour le podium, le "petit" Brésilien (1,68 m) est devenu le facteur X de l’OM.

Au-delà de ses dribbles, c'est sa joie de vivre qui frappe les observateurs. "J'aime avoir le sourire tout le temps. Le sourire peut tout changer, le quotidien des gens, l'ambiance générale...", confiait-il récemment avec cette humilité qui le caractérise. Une bonne humeur contagieuse qui cache pourtant une ambition féroce et une forme physique enfin retrouvée.

"Je suis en forme en ce moment. Je peux marquer et aider mes collègues. Je suis heureux de ça et d'avoir retrouvé ma confiance. Je veux maintenant trouver de la continuité et réussir à montrer tout mon potentiel", expliquait-il juste avant de délivrer une passe décisive cruciale pour Mason Greenwood lors de la victoire à Toulouse (1-0).

De piston à ailier pur : le déclic tactique

Si Paixao rayonne autant, c’est avant tout grâce au changement de système opéré par Habib Beye. Sous l'ère précédente, le Brésilien était souvent utilisé dans un rôle de piston dans un 3-5-2 par Roberto De Zerbi, un poste ingrat l'obligeant à des replis défensifs épuisants. Si Beye reconnaît ses sacrifices, "Igor a une capacité formidable à défendre son côté. Il le fait parfois comme un vrai latéral gauche", il a surtout voulu le replacer face au but adverse.

Désormais installé comme ailier pur dans un 4-3-3, Paixao revit. Beye a été très clair sur ses attentes : "Je lui ai dit qu'au vu de ses qualités et de sa générosité, il devait avoir le but adverse dans les yeux. S'il voit Gero (Rulli) ou Fac (Medina), c'est qu'il n'est pas dans le bon sens. Il doit avoir l'obsession d'attaquer le but." Libéré, le Brésilien peut enfin exprimer ce qu'il préfère : le duel. "Ce qu'Igor aime faire, c'est le un-contre-un en permanence, même le un contre deux, parfois", ajoute son entraîneur.

Décisif à presque chaque match

Ce repositionnement se traduit immédiatement dans les chiffres. Le ratio ne ment pas : sous Habib Beye, Igor Paixao est deux fois plus décisif par match qu'en début de saison. Sous De Zerbi, il était décisif environ tous les 2,5 matchs. Une statistique honorable pour un piston qui devait couvrir tout son couloir, mais cela montre qu'il s'épuisait dans les tâches défensives avant d'arriver dans la zone de vérité.

Sous Habib Beye, il est décisif 0,80 fois par match, soit presque à chaque rencontre. En le libérant du poids de la défense à cinq pour en faire un ailier pur, Beye a maximisé son temps passé dans les 30 derniers mètres. Il cumule déjà deux buts et deux passes décisives en cinq rencontres sous les ordres du technicien sénégalais.

Il a notamment marqué les esprits avec un superbe but lors de la victoire contre Lyon (3-2). Même quand la réussite s'en mêle, comme sur son but chanceux en Coupe de France contre Toulouse, il reste d'une honnêteté désarmante : "J'ai essayé de centrer et j'ai eu de la chance, ça a fait but."

Le rêve de la Seleção

Cette nouvelle dimension statistique, alliée à sa percussion naturelle, fait de lui un candidat de plus en plus crédible pour intégrer la Seleção, à quelques mois seulement du Mondial. "Bien sûr, c'est un rêve de représenter le Brésil. Il me reste quelques mois pour essayer d'être dans la sélection", reconnaît-il. S'il n'a disputé qu'un seul match amical en 2023 avec la sélection cinq fois championne du monde, il pourrait être la surprise de la prochaine liste de Carlo Ancelotti, qui doit composer avec de plus en plus d'absences, dont celle de Rodrygo. À condition qu'il continue à empiler les buts de cette façon sous la tunique phocéenne.