Habib Beye : "Le plus important, c'est qu'on soit serein et posé"

Habib Beye en conférence de presse, ce jeudi.
Habib Beye en conférence de presse, ce jeudi.THIBAUD MORITZ / AFP

Ce jeudi, Habib Beye a répondu aux questions des journalistes avant la 23e journée de Ligue 1, et suite à sa nomination en tant qu'entraîneur de l'Olympique de Marseille.

Les derniers jours : "C'est une grande fierté, très heureux d'être ici, vous connaissez mon attachement pour ce club. C'est un très beau moment mais il faut sortir des émotions. Ça a été très bien préparé par le staff en place en début de semaine. J'ai pris contact avec le groupe, essayé d'influer sur ce que je peux. Mais, l'impact est limité en si peu de temps. On aura le stage en Espagne pour apprendre à se connaître."

Son retour à Marseille : "Je me suis interdit d'être dans ces émotions, je veux être dans une émotion très simple, savoir pourquoi on est là. J'ai juste pris le temps d'appeler ma maman pour lui dire. Le meilleur moment pour les émotions sera demain soir avec une victoire, c'est sur ça que je me focalise."

Prêt ? : "Je me suis construit dans le temps, j'ai pris ma première expérience en National, j'ai pris le temps d'y aller étape par étape. Je n'ai rien à prouver à qui que ce soit. Si je suis là, c'est parce que j'ai travaillé et il faut que je prouve que ce travail-là peut permettre de répondre aux objectifs."

"Oui je suis prêt, je ne considère pas que l'équipe est malade, c'est une question de dynamique. Il y a une grande qualité de travail ici. C'est encore un step dans ma carrière et il faut que j'assume, mais je n'ai aucun problème avec ça. Je me sens prêt à ça. Il faut savoir accepter cette pression."

Son passage à Rennes : "C'est du passé. Toutes les expériences permettent d'apprendre. Il n'y a pas d'expériences lisses. Ce qui est intéressant, c'est cette volonté d'aller chercher encore plus haut, ce challenge, les défis qu'il faut relever. Le reste, c'est du passé. Ce qui m'intéresse, c'est l'instant présent."

La défense : "Il y a des profils capables de jouer dans les deux systèmes. C'est surtout l'animation qu'on pourra mettre à l'intérieur de ce système. On a des joueurs capables de s'adapter très vite. Avec 24h pour travailler, on ne peut pas tout changer, il faut s'appuyer sur ce qui a été fait."

Difficultés de l'OM : "Des scénarios se renouvellent et il y a une raison à ça, c'est important de prendre le pouls de l'équipe. Pour le capitaine et le gardien, je réserve cette annonce à mon groupe."

Son contrat avec l'OM : "J'ai des objectifs élevés. Un an et demi de contrat, c'est un bon contrat. On est soumis à la performance et aux résultats. La meilleure façon d'être aligné, c'est montrer cette confiance et je l'ai eue de la part de Benatia et McCourt. S'ils sont venus me chercher, c'est que j'estime qu'ils ont eu une grande confiance. C'est à nous de faire les choses pour mettre l'OM le plus haut possible."

Contraintes avant sa signature : "Rennes et Marseille sont éloignés, le plus contraignant était la distance. Chaque chose doit se faire en son temps. Quand on a pu aligner les deux logiques, ça s'est fait naturellement. Il était important pour moi de venir avant Brest. J'arrive avec 24h de préparation mais aussi pour montrer ma détermination à tout le monde. C'est dans ces moments-là qu'on montre sa volonté. Monsieur McCourt a eu un discours très important à mon égard, on a compris qu'on voulait travailler ensemble."

Préparation avant Brest : "Avoir entraîné récemment en Ligue 1 me permet de gagner du temps. Mais je gagne vraiment du temps grâce au travail qui a été fait par le staff avant. Ce matin, il y avait beaucoup de sourires, la connexion avec les joueurs a été très bonne. C'est eux le moteur. La notion de plaisir est fondamentale, il faut prendre du plaisir à représenter l'OM et jouer devant le Vélodrome."

Son expérience à l'OM : "Connaître un peu le contexte, mais il a évolué, il s'est passé près de 20 ans. L'aura est énorme et ça n'a pas changé. Il faut ressentir cette ville, il faut l'incarner. Mon atout, c'est d'avoir senti ces valeurs-là pour les transmettre à mon groupe."

Son projet de jeu : "Le groupe à notre disposition, il faut avoir une volonté d'être vertical et de proposer du bon football. Vendre un projet de jeu est prématuré, mais les gens ont envie de vibrer et de se reconnaître dans cette équipe. On ne peut dénigrer ce qui a été fait, il y a eu un football spectaculaire. Ici, c'est sur ça que vous êtes très vite sanctionné par le public qui est amoureux du foot et du club."

"Quand j'ai repris Rennes, ils étaient 16es de Ligue 1, les innovations étaient secondaires, il fallait être pragmatiques. Rennes était 6e quand on est parti, il y a donc eu une progression. À l'OM, on sera dans l'analyse sur ce qu'on peut faire tactiquement car on a une qualité de joueurs qui nous permet de faire ça. Mais il faudra avant tout avoir des résultats. Il faut qu'on ait le temps d'installer notre méthodologie pour faire progresser cette équipe."

Tempérer à l'OM : "Je me souviens de Pape Diouf, que je considérais comme mon père spirituel. Il m'a toujours dit 'quand le feu brûle à Marseille, il faut parfois le laisser brûler car il s'éteint tout seul'. Ce club vous amène dans des émotions immenses, mais il faut de temps en temps être capable de rester froid, calme et serein. Je suis quelqu'un d'assez calme. Par moment, je peux être volcanique dans l'entraînement ou sur le terrain. Mais c'est lié aux émotions que vous vivez avec votre équipe."

"Je ne pense pas qu'il y ait un prototype d'entraîneur-type à travers les émotions pour faire en sorte que ce club soit performant. Ce qui est important en ce moment, c'est d'apaiser le contexte. C'est ce que j'ai dit aux joueurs, qu'on allait travailler ensemble de façon à être dans la même direction. C'est ce qui va faire qu'ils vont se sortir en sécurité pour évoluer moins sous pression. Le plus important, c'est qu'on soit serein et posé. Dans ce qu'on a défini avec le propriétaire et Medhi (Benatia), c'est justement apaiser le contexte, qui restera volcanique quoi qu'il arrive, on ne peut pas changer l'état d'esprit de ce club, c'est ce qui en fait la beauté."