Habib Beye est là où il voulait vraiment être

Habib Beye lors de sa présentation jeudi
Habib Beye lors de sa présentation jeudiTHIBAUD MORITZ / AFP

Ancien capitaine de l'OM, Habib Beye est devenu l'entraîneur du club le plus instable de France. Un an seulement après ses débuts en Ligue 1, le Sénégalais réalise l'un de ses rêves et sait exactement là où il a mis les pieds.

L'ère Habib Beye débute à Marseille, dans une atmosphère de fin de règne pour Pablo Longoria et de renaissance pour Medhi Benatia, démissionnaire puis promu en l'espace de quelques jours. Frank McCourt a tranché et a pris une décision analogue à celle prise en 2020, quand l'Asturien avait pris du grade pour succéder à Jacques-Henri Eyraud. 

Sportivement, l'OM n'est pas dans une situation désespérée, avec une 4ᵉ place et un 1/4 de finale de Coupe de France à disputer à domicile contre Toulouse. Pourtant, le nouvel entraîneur arrive entouré de doutes concernant sa capacité à relancer le club dont il fut le capitaine. La fin de son passage à Rennes a été alambiquée, marquée par des choix tactiques et des choix d'hommes largement remis en cause. 

Pas le droit à l'erreur

Sur différents plateaux et radios, les avis ont été mesurés, doux euphémisme pour ne pas constater que la venue du Sénégalais laisse perplexe. Mais faut-il insulter l'avenir pour autant ? Beye arrive en connaissance du fameux contexte local, "le seul atout que mon passage à l'OM me donne", même s'il a aussi assuré lors de la conférence de presse de présentation jeudi que cela ne lui donnait "pas plus de crédibilité". Il fut néanmoins un joueur populaire lors de son passage entre 2003 et 2007, de quoi obtenir un peu de répit le concernant, autrement dit en langage local une semaine entre le déplacement à Brest en ayant supervisé une seule séance et la réception de l'Olympique Lyonnais, actuellement sur le podium avec 3 points d'avance sur sa nouvelle équipe.

Pour lui comme pour Benatia et McCourt, beaucoup de choses sont en jeu. Beye n'a jamais noyé le poisson quant à sa volonté d'un jour devenir le coach de l'OM. Il l'avait même clairement exprimé alors qu'il dirigeait le Red Star. Un empressement qui avait fait grincer des dents mais qui établissait clairement ses hautes ambitions. 

Avec un an d'expérience seulement en Ligue 1, Beye effectue un saut digne de Domen Prevc. Pour lui, c'est l'heure de vérité. Il n'a pas attendu un moment plus propice pour venir et il sera immédiatement dans l'urgence, non seulement pour qualifier l'OM en Ligue des champions, voire gagner un trophée qui n'a plus été remporté depuis 1989, mais aussi pour valider sa propre continuité pour la saison 2026-2027, même s'il a signé 18 mois. 

L'ancien consultant de Canal+ ne plaisait pas à tout le monde, notamment par le ton employé quant à ses certitudes et ses avis tranchés, et ses détracteurs attendent sa faillite. Le doute ne faisant pas partie de son vocabulaire, il n'a pas à nourrir de complexes : "à travers ce que j'ai fait, je me suis construit dans le temps. Je ne me pose pas la question de si j'ai quelque chose à prouver ou non. Je suis là parce que j'ai travaillé et mon objectif est de mettre l'OM au plus haut.  (...) J'ai des objectifs élevés, cette pression-là, il faut savoir l'endosser, mais je n'ai pas de souci avec cela". 

Cependant, histoire de travailler tranquille avec l'Olympico, l'effectif prendra ses quartiers à Marbella, dans la veine du fameux ritiro de Rome la saison dernière. "Le stage en Espagne nous permettra de bien travailler dans le fond des choses", a d'ores et déjà annoncé Beye, qui ne compte pas tout révolutionner à Francis-Le Blé ce vendredi soir mais qui a tout de même des pistes pour retrouver de l'élan, de la constance et, surtout, du calme.