La saison d’Auxerre a été mouvementée, pleine de promesses par moments et de frustrations à d’autres, mais Owusu affirme que l’histoire reste à écrire.
Après la stabilité et la solidité de la saison passée, cet exercice a une saveur différente. Auxerre a laissé filer des points précieux en fin de match, a manqué de régularité à domicile et se retrouve à lutter pour le maintien au lieu de capitaliser sur les promesses de l’an dernier.
Les écarts ont été minimes, mais lourds de conséquences.
Une saison marquée par des détails
Un match résume parfaitement l’état d’esprit : la courte défaite face au Paris Saint-Germain. Auxerre a rivalisé, pressé et tenu tête aux champions pendant de longues séquences, avant de craquer en fin de rencontre. "Je pense que c’est un manque d’expérience", confie Owusu lors d’un entretien exclusif organisé par la Ligue 1.
"Nous avons un nouveau groupe avec beaucoup de jeunes joueurs. Le match contre le PSG reflète notre saison : on joue bien, on se bat, puis on perd notre concentration dans les dernières minutes. Le football, c’est plus que 90 minutes ; il faut rester concentré tout le temps."

Ce manque de concentration implacable les poursuit. Les prestations sont souvent intenses, bien structurées, courageuses dans la possession, mais tenir ce niveau pendant plus de 90 minutes reste difficile.
Pourtant, face à Toulouse, un déclic s’est produit. "D’abord, notre mentalité était incroyable. Tout le monde était uni. Le coach nous a montré qu’il fallait faire mieux, courir plus, gagner plus de duels et être meilleurs avec le ballon", explique-t-il.
"On y est allés sans rien à perdre. Quand on se dit ça, on joue mieux car il n’y a pas de pression ni de stress. Tout le monde a fait un super boulot."
Ce résultat a compté au-delà du classement. Il a apporté confiance et assurance pour le match suivant contre un autre mal classé, Metz, qu’Auxerre a remporté 3-1.
"Dans le football, tout est question de confiance. Quand tu fais un bon match contre une grosse équipe et que tu prends un point, ça te donne de la confiance et une base sur laquelle t’appuyer."
Manque de buts et élan perdu
La saison dernière, Auxerre profitait de l’efficacité de deux attaquants clés, Hamed Traoré et Gaëtan Perrin, auteurs de dix buts chacun en championnat et qui portaient l’attaque. Leur départ a laissé un vide.
"L’an dernier, on a perdu deux joueurs qui marquaient la plupart de nos buts, donc oui, on a perdu des éléments importants. Mais cette saison, on a encore des joueurs capables de marquer. Je pense que c’est une question de confiance. On se crée des occasions comme l’an dernier, mais on ne les concrétise pas. C’est une question de mental et de confiance."
Un des épisodes de la saison a été le court passage en prêt de l’ailier ghanéen Ibrahim Osman. Arrivé avec enthousiasme et énergie, son aventure a pris fin en janvier lorsque Brighton l’a rappelé pour l’envoyer à Birmingham City.
"C’est un super gars, toujours positif et travailleur. Je le remercie pour ce qu’il a apporté. Parfois, les choses ne se passent pas comme prévu dans le football. Il s’est bien entraîné et a amené une bonne énergie dans le vestiaire. On lui souhaite le meilleur."
Les chiffres lui donnent raison : la création d’occasions n’a pas disparu, mais la finition, si. Des matchs qui auraient pu être des victoires tranquilles se sont transformés en nuls stressants ou en défaites tardives. Ce changement a pesé sur les résultats à domicile, autrefois la forteresse d’Auxerre.
Les Bleus et Blancs avaient récolté 27 points en 17 matchs à domicile la saison dernière. Cette saison, ils affichent le quatrième plus mauvais bilan à domicile avec 11 points en 11 matchs.
"L’an dernier, on avait une dynamique à domicile ; quand tu gagnes plusieurs matchs, tu te sens imbattable. Cette saison, on joue bien mais on perd des points en fin de match, donc ce n’est pas la même sensation. On se bat pour retrouver cette confiance."
La course aux barrages et les rendez-vous décisifs
Malgré les déceptions, l’objectif reste clair pour Auxerre, actuellement barragiste avec 17 points, à cinq unités du maintien.
"Pour l’instant, le principal objectif est d’atteindre les barrages. On est conscients de la situation et qu’on se bat avec d’autres équipes. On prend les matchs les uns après les autres."
Les prochaines rencontres, notamment face à Rennes, auront une importance particulière.
"Elles sont très importantes. En France, on dit que ce sont des matchs de championnat. On sait ce qui est en jeu, mais on ne veut pas se mettre trop de pression. Il faut être performants, surtout à domicile avec nos supporters derrière nous."
Le Ghana, le processus et le rêve de Coupe du monde
Si le football en club rime avec survie et dynamique, le football international, lui, est une question d’héritage. Les yeux d’Owusu s’illuminent quand la discussion aborde le Ghana et la Coupe du monde 2026 aux États-Unis.
"Ce serait un honneur et une grande bénédiction de jouer la Coupe du monde pour mon pays", confie-t-il. "Mais j’essaie de ne pas trop y penser. Pour moi, la vie est un processus. Je prends les choses jour après jour… et je laisse le reste à Dieu."
Le groupe du Ghana, avec l’Angleterre, la Croatie et le Panama, offre à la fois un défi et une opportunité.
"C’est un groupe solide. Vraiment, vraiment solide. La Croatie et l’Angleterre sont de grandes équipes, et le Panama a aussi de la qualité. J’aime ça car on aura de gros matchs. Notre objectif principal est d’aller loin en Coupe du monde et de montrer au monde que le football africain fait peur. On n’ira pas là-bas juste pour participer ; on veut performer avec humilité et montrer ce que le Ghana peut faire."
Les conditions climatiques dans les villes hôtes américaines pourraient rappeler la chaleur et l’humidité de l’Afrique de l’Ouest, un possible avantage selon Owusu, même s’il reste prudent.
"On a l’habitude de jouer dans ces conditions au Ghana et en Afrique, donc je pense que ça peut nous aider. Mais le football reste le football, les deux équipes joueront sous les mêmes conditions."
La préparation sera également essentielle. Les amicaux contre l’Allemagne et l’Autriche sont des tests qu’Owusu attend avec impatience.
"C’est vraiment bien d’affronter de grandes équipes. Ça nous montre où on en est et ça nous donne l’occasion de se mesurer au plus haut niveau. J’aime beaucoup ce défi."
Pour l’instant, Owusu reste concentré sur le présent. "Rester en Ligue 1, tout donner pour mon club et mon pays, et, je l’espère, faire partie du groupe qui ira en Amérique. Mais je sais que cela dépendra de mes performances", conclut-il.
La saison d’Auxerre a connu des turbulences, mais rien n’est perdu. Le rêve de Coupe du monde avec le Ghana semble lointain, mais il est bien réel.
Entre les difficultés du présent et les ambitions futures, un milieu de terrain s’accroche, convaincu qu’une fois la confiance retrouvée, tout peut changer.

