Bradley Barcola en faux 9, la nouvelle bonne idée de Luis Enrique

Bradley Barcola en faux 9, la nouvelle bonne idée de Luis Enrique
Bradley Barcola en faux 9, la nouvelle bonne idée de Luis EnriqueREUTERS

Alors que le PSG se déplaçait au Havre sans Ousmane Dembélé le weekend passé, tous les regards étaient tournés vers l'animation offensive de Luis Enrique. La réponse est venue d'un repositionnement tactique payant : Bradley Barcola dans l'axe. Dans un rôle de "faux numéro 9", l'international français n'a pas seulement été un buteur, il a été le chef d'orchestre d'une attaque qui aurait pu (et dû) s'imposer bien plus largement.

Dans une partie terne remportée seulement 1-0, il a fallu une éclaircie nommée Bradley Barcola pour permettre au PSG de prendre quatre points d'avance sur Lens : sur un centre millimétré, l'ailier, replacé numéro 9 en l'absence d'Ousmane Dembélé a surgi pour placer une reprise de la tête imparable. Ce but, son 9ᵉ en 35 matchs sur cette saison 2025-2026, vient valider son nouveau statut. Mais au-delà de la finition, c’est son intelligence de jeu dans le rôle de faux numéro 9 qui a sauté aux yeux.

Capable de décrocher pour libérer des espaces ou de semer la panique par ses appels tranchants dans la profondeur, l’ancien Lyonnais a transformé la défense havraise en un champ de ruines. Pourtant, le score aurait pu être bien plus lourd si le réalisme avait été au rendez-vous chez ses partenaires. C’est peut-être l’aspect le plus frustrant de sa soirée normande : Barcola aurait dû repartir avec deux passes décisives dans sa besace.

Et si Barcola était le Dembélé de 2025 ?

Sur une transition rapide, Barcola élimine deux défenseurs avant de glisser un ballon laser dans la course de Kang-in Lee. Seul face au but, le Coréen a manqué de spontanéité, gâchant un caviar pur. Quelques minutes plus tard, après un raid solitaire, l'attaquant français fixe la défense et sert idéalement Nuno Mendes sur un plateau. Là encore, le face-à-face tourne à l'avantage du gardien adverse.

Le débat sur la finition de Barcola reste cependant ouvert. Si ses statistiques progressent, il conserve parfois ce manque de tueur devant le but qui rappelle étrangement la trajectoire d'un certain Ousmane Dembélé. Au début du mois de décembre 2024, celui qui allait devenir le Ballon d’Or 2025 ne comptait que cinq petits buts toutes compétitions confondues après trois mois et demi de compétition. Dembélé était alors critiqué pour son inefficacité chronique, avant de connaître le déclic que l'on connaît. Barcola, avec ses 9 buts à la mi-saison, est en avance sur les temps de passage de son aîné.

En conférence de presse avant d'affronter l'AS Monaco, Luis Enrique a été naturellement interrogé sur cette filiation évidente entre ses deux flèches. Mais il refuse de voir en Barcola le Dembélé de 2025 : "Ce n'est pas correct de comparer les joueurs parce que chaque joueur et chaque année, c'est différent."

"Ce que je peux dire de Bradley, c'est qu'il a eu beaucoup de minutes, beaucoup de matchs, il a très bien joué, il peut évoluer partout en attaque. Je suis content de ce que j'ai vu. On attend à voir encore de meilleures choses. Et c'est ce que j'attends de lui", promet l'entraîneur du PSG, qui devrait tout de même retenter l'expérience face à l'ASM ce vendredi.

De là à mettre Dembélé sur le banc ?

Le jeune attaquant de 23 ans lui n'y voit pas d'inconvénients. Après le succès face au Havre, Barcola demande juste qu'on lui laisse du temps pour mieux s'adapter à ce nouveau rôle : "Je dois partir dans le dos, essayer de décrocher, même si ce n’est pas mon jeu, et être efficace. J’aurais pu mettre un deuxième but, mais je suis content. Je peux jouer sur tous les fronts de l’attaque." 

Face à Monaco, Luis Enrique aura l'embarras du choix puisqu'Ousmane Dembélé et Senny Mayulu, tous deux touchés au mollet, ont quitté l'infirmerie et seront vraisemblablement dans le groupe. "On est contents, on espère les avoir le prochain match, comme d'habitude. Mais c'est toujours spécial: il faut valoriser et estimer exactement l'état physique de chaque joueur", a tempéré Luis Enrique.

Ce match de Ligue 1 pourrait être l'occasion de retenter l'expérience avec son numéro 29 dans l'axe, avant que les choses sérieuses ne commencent pour le PSG : à savoir les huitièmes de finale de Ligue des champions contre Chelsea, les 11 et 17 mars. À voir si Barcola sera suffisamment convaincant pour prendre la place de Dembélé dans l'axe.