À Lens, la vie sans Gradit pour la co-meilleure défense de Ligue 1

Les Lensois contre Strasbourg la semaine dernière.
Les Lensois contre Strasbourg la semaine dernière.SAMEER AL-DOUMY/AFP

La défense de Lens, redevenue l'une des meilleures de Ligue 1 malgré le départ de presque tous ses cadres en moins d'un an, va devoir faire sans Jonathan Gradit, gravement blessé et absent pour plusieurs mois, dès ce dimanche (17h15) à Angers lors de la 14ᵉ journée.

Certes, "la vie sportive continue", a concédé Pierre Sage devant la presse vendredi, avant le déplacement de ses Lensois, impressionnants ces dernières semaines (3ᵉ, 28 points) à Angers (11ᵉ, 16 pts), mais quelques instants plus tôt, l'entraîneur artésien annonçait, la mine déconfite, la grave blessure durant l'entraînement du défenseur central Jonathan Gradit, "après un choc sur la jambe droite".

Au bilan, une fracture fermée du tibia-péroné, une opération chirurgicale et un éloignement des terrains pour plusieurs mois. Pilier du système Sang et Or dans l'axe-droit de la défense à trois, Jonathan Gradit (33 ans) n'avait jusqu'ici raté que deux rencontres pour suspension. Et c'est tout un pan majeur de l'équilibre lensois qui est désormais à repenser.

Un défi supplémentaire quand on sait que jusqu'ici, Lens était parvenu, en quelques mois, à faire oublier la valse des précédents mercatos. Lesquels avaient vu Brice Samba (transfert à Rennes), Kevin Danso (Tottenham), Abdukodir Khusanov (Manchester City), Przemyslaw Frankowski (Galatasaray) et Facundo Medina (Marseille) prendre le large pour renflouer les caisses dans le bassin minier.

D'autres piliers ont germé – Robin Risser dans les cages, Malang Sarr, Matthieu Udol, Samson Baidoo – depuis l'arrivée de Pierre Sage aux manettes. Même si mi-octobre le technicien avouait n'accorder que peu d'intérêt au titre de "meilleure défense du championnat", force est de constater que Risser, valeur sûre pour sa première expérience en Ligue 1 à 20 ans (21 le 2 décembre) n'a concédé qu'onze buts cette saison. Seul le Paris Saint-Germain fait aussi bien avant ce week-end de Ligue 1.

Reconstituer le puzzle

Avec déjà quatre matches sans encaisser le moindre but et une moyenne de 0,84 but concédé par rencontre, Lens est dans le sillage de sa saison 2022-2023 terminée en dauphin du PSG (0,76 but pris/match).

"Le meilleur moyen pour bien défendre, c'est d'avoir un maximum le ballon, a insisté Pierre Sage ce vendredi. Tant qu'on jouera bien, je pense qu'on aura l'une des meilleures défenses. Mais à l'inverse, quand on laissera beaucoup d'initiatives à l'adversaire, le nombre de buts encaissés augmentera."

Dans un système à trois derrière – "c'est presque culturel ici", assure Sage – avec des latéraux disciplinés et offensifs, Lens imprime son rythme. Sans Gradit désormais, l'un des derniers monuments de l'époque Ligue 2 (il a débarqué au club en 2019), le puzzle devrait être comblé par Ismaëlo Ganiou (20 ans), buteur contre Strasbourg le week-end dernier (1-0).

Autre possibilité, dans l'attente d'un éventuel renfort hivernal : faire redescendre d'un cran Udol (sur l'axe gauche de la défense centrale) pour redonner du temps de jeu à Deiver Machado plus haut dans le couloir.

L'entraîneur lensois jure avoir des joueurs "assez polyvalents" comme Ruben Aguilar, piston droit, qui pourrait aussi être utilisé dans l'axe lensois. "On va utiliser la force qu'il (Gradit) met au quotidien sur le terrain pour lui rendre un bel hommage", a conclu Sage face à ce premier coup dur de la saison.