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4e de Ligue 1, invaincu à domicile, jusqu’où peut aller le Paris FC ?

Lassine Sinayoko et Ilan Kebbal
Lassine Sinayoko et Ilan KebbalTHOMAS SAMSON / AFP

Un recrutement ciblé à 70 millions d'euros, un pari tactique payant sur Liam Rosenior et une entente parfaite en attaque : le Paris FC réussit sa deuxième saison dans l'élite bien au-delà de ses propres prévisions. Si les dirigeants maintiennent officiellement un objectif de milieu de tableau, les performances sur le terrain et la montée en puissance de l'académie pourraient bien rapprocher les ambitions européennes du club.

Personne ne l’avait vu venir, et surtout pas le club lui-même. À la veille de son déplacement à Auxerre (samedi, 19h), le Paris FC est invaincu à domicile, 4e de Ligue 1 et à égalité de points avec le troisième, l'Olympique Lyonnais. 17 points sur 27 possibles, dont une victoire face à Monaco, à Marseille et un nul face à Lyon : le calendrier a pourtant déjà proposé deux gros adversaires aux Parisiens, qui s’en sont sortis sans une égratignure. Reste que, dans les bureaux comme sur le terrain, le discours est celui de la prudence. Le plafond affiché n’a rien à voir avec celui que dessinent les résultats.

"Je ne veux pas que l’équipe se mette en tête qu’elle a un problème à l’extérieur"

C’est Jean-Marc Gallot, le directeur général, qui pose les limites le plus clairement. "Nos ambitions n’ont pas été revues à la hausse, nous sommes un club en construction, nous visons entre la 6e et la 10e place", a-t-il réaffirmé mi-septembre, avant d’ajouter : "L’avis des autres ne changera rien à notre plan de route." Une façon de couper court aux spéculations, alors que la perception du club a changé. "Avec les résultats qu’on a eus, forcément, les gens se posent des questions", reconnaissait le défenseur Adama Camara.

Le vestiaire joue la même partition. Liam Rosenior, l’entraîneur, répétait avant d'affronter Lorient : "On a réussi nos débuts, je suis content du contenu mais on a encore pas mal de choses à améliorer. Ce ne sont que 5 matchs, on n’a encore rien fait. C’est bien d’avoir débuté ainsi mais en fin de saison, personne ne se souviendra de ces 5 premiers matchs." Un discours d'autant plus réaliste que le Paris FC a subi le premier revers de sa saison justement face à Lorient (défaite 1-0), en déplacement, avant de céder de nouveau face au RC Lens deux semaines plus tard (défaite 2-1).

Les derniers résultats du Paris FC
Les derniers résultats du Paris FCFlashscore

Le Paris FC s'est rattrapé en signant une éclatante victoire 3-1 face à Monaco et n'est qu'à un point d'une deuxième place (occupée par Lille) qu'il occupait il n'y a pas si longtemps. Mais il doit se méfier d'un nouveau déplacement à Auxerre ce samedi pour ne pas se laisser davantage décrocher. "Je ne veux pas que l’équipe se mette en tête qu’elle a un problème à l’extérieur", prévient Rosenior avant ce déplacement capital. 

Deux attaquants qui font la différence

Ce début de saison s’explique d’abord par un été de dépenses, mais de dépenses ciblées. Un peu plus de 70 millions d’euros investis par la famille Arnault, propriétaire du club comme du groupe LVMH, c’est beaucoup au regard de la situation économique du football français, même si l’opération s’est faite sans tapage. Une partie de l’enveloppe a servi à conserver Diego Coppola et Luca Koleosho, prêtés la saison passée, pour près de 30 millions d’euros. Gallot rappelle que la manœuvre n’avait rien d’évident : "Prendre des joueurs sous contrat avec des clubs de Premier League, et que ce soit raisonnable, ce n’était pas si évident."

Les notes de Paris FC-Monaco
Les notes de Paris FC-MonacoFlashscore

Mais c’est devant que le Paris FC a réalisé son meilleur coup. Pour 35 millions d’euros au total, il a attiré Lassine Sinayoko, auteur de 12 buts avec Auxerre la saison passée et qui va retrouver sa maison mère ce samedi, et Pablo Pagis, issu de Lorient. Les premiers résultats donnent raison au club : un doublé et une passe décisive de Sinayoko le week-end passé face à Monaco, un but de Pagis pour faire le break après la réduction du score par Balogun... L'attaquant malien est même l'actuel meilleur buteur de Ligue 1 avec 8 buts et 5 passes décisives. Et tous les deux, avec un Maxime Lopez qui retrouve des couleurs cette saison, s'entendent à merveille.

Rosenior, un pari payant

Le troisième ingrédient est humain. Le Paris FC a fait le choix de remodeler son staff et de se séparer d’Antoine Kombouaré pour confier le groupe à Liam Rosenior. Le profil de l’Anglais, passé par Strasbourg après une carrière de joueur notamment à Fulham, n’avait pourtant rien d’une évidence : il sortait d’un passage éclair à Chelsea, trois mois qui se sont soldés par l’un des plus mauvais bilans de l’histoire du club londonien.

Rien de cela ne transparaît aujourd’hui. Rosenior parle d’un "processus" à son début, d’un projet qui demande "du temps", et défend l’idée que son effectif est composé de "top top players". Il refuse aussi toute étiquette : "Je ne cherche pas à être moderne ou innovant. C’est notre façon de jouer, on veut développer l’intelligence des joueurs, les amener à comprendre différentes positions, cela nous donne plus de possibilités pour l’équipe." Cette polyvalence, il la présente comme un moyen d’élargir les options plutôt que comme une doctrine.

Les joueurs, eux, ont l’air convaincus. Camara dit apprendre énormément, "surtout tactiquement", et Rosenior se félicite de la rapidité avec laquelle ses idées ont été assimilées : "Ce qui me réjouit particulièrement, c’est la rapidité avec laquelle les joueurs ont assimilé nos idées, leur travail acharné à l’entraînement et l’intensité que nous mettons dans notre jeu." Antoine Arnault va plus loin dans un entretien à Ouest-France : "Les joueurs sont complètement séduits par l’entraîneur, Liam Rosenior. Il a apporté la culture de la gagne, et cela transpire du groupe : l’équipe veut jouer et gagner pour lui."

L’Europe, un horizon qui se rapproche

Ce Paris FC qui joue sans complexe, gagne et semble être une machine collective difficile à arrêter fait évidemment beaucoup parler dans une Ligue 1 en manque de fulgurances. Le deuxième club parisien tant attendu pourrait-il être plus qu'un candidat au milieu de tableau cette saison ? Le projet de long terme prévoyait une qualification européenne en 2029. Faut-il accélérer le calendrier ? "Nous verrons bien ! Ce serait un bon problème à gérer, souriait fin septembre le fils Arnault. Le jeu proposé est très bon mais la saison est longue. Et ça reste du sport. Mais si l’Europe vient à nous, nous l’accueillerons avec grand plaisir."

Le classement de la Ligue 1
Le classement de la Ligue 1Flashscore

Le message est clair : le club ne forcera pas le destin, mais ne fermera pas la porte. Les investissements, d’ailleurs, ne sont pas qu’une affaire de résultats immédiats. "Nos deux plus gros transferts concernent deux jeunes, Rudy Matondo, 17 ans, et Patrick Zabi, 19 ans : nous investissons pour et sur l’avenir", explique Arnault, qui cite aussi le staff et les infrastructures. L’académie est la priorité : "Pour se mettre au niveau des grands clubs, nous devons renforcer notre académie pour en faire l’une des meilleures du pays et mieux capter le formidable vivier de talents d’Île-de-France."

Le Paris FC avance ainsi sur deux tempos : celui, immédiat, d’un collectif huilé avec des individualités qui surperforment, et celui, plus long, d’un projet qui se construit pour durer. Vu son calendrier, le club parisien peut espérer grapiller quelques places lors des 4 prochaines rencontres (Auxerre, Angers, Brest et Le Mans), avant une invitation au Parc des Princes le 12 décembre prochain. Avec déjà un derby parisien entre 1er et 2e de Ligue 1 ?

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