Interview Flashscore - Agus Medina (Albacete) : "Notre jeu dépendra du Barça"

Agus Medina face à Arda Güler lors d’Albacete-Real Madrid.
Agus Medina face à Arda Güler lors d’Albacete-Real Madrid.JOSÉ BRETÓN/NURPHOTO via AFP/Flashscore

Agus Medina (31 ans) est un véritable coupeur de têtes en Coupe du Roi. Cette saison, avec les Manchegos, il a déjà fait tomber le Celta et le Real Madrid, mais déjà à l’époque où il évoluait à Cornellà, où il a côtoyé Gerard Martín, il avait contribué à l’élimination de l’Atlético de Madrid grâce à une passe décisive. Cette année-là, comme cette saison, il avait croisé la route du Barça, qui les avait éliminés en prolongation.

Question : Félicitations pour ce parcours en Coupe, Agus. Comment avez-vous vécu cette victoire historique contre le Real Madrid ?

Réponse : C’était un match incroyable. Qui aurait pu imaginer que nous pourrions éliminer le Real Madrid ? Et surtout, la sensation que laisse la fin de ce match est tout simplement incroyable.

Q : Qu’a représenté moralement cette victoire pour Albacete ?

R : Ce n’est pas seulement pour l’équipe et le staff d’Albacete, mais aussi pour les supporters, pour les habitants d’Albacete, pour la ville. Cette victoire a eu un impact direct sur le match suivant, qui a été une victoire à domicile contre Cadix. On est passés de 8 000 ou 9 000 spectateurs lors du match précédent à environ 13 500 pour celui-ci. Cela a vraiment rapproché les gens de nous. Au quotidien, on sent une ambiance beaucoup plus joyeuse, plus détendue, c’est ce que procure la victoire.

Q : Et comment le vestiaire a-t-il accueilli ce tirage contre le Barça ?

R : C’est un tirage sympa, car au final tu affrontes le Barça et si tu gagnes, tu es en demi-finales. Mais, comme contre Madrid, c’est un affrontement où tu te dis que tu aurais préféré un autre adversaire, mais c’est comme ça, il faut aller se battre.

Q : Quel type de match attendez-vous face au Barça, comparé à celui contre Madrid ? Car, au-delà du niveau, ce sont aussi deux styles de jeu différents.

R : Oui, ce sont deux approches différentes, chacun propose son football, donc on s’attend à un match différent, c’est certain. Il est vrai que notre jeu dépendra de l’adversaire, comme à chaque match. Selon l’équipe en face, on adapte notre façon de jouer. On espère un beau match, à domicile, avec le soutien du public, et si on peut rester dans le coup jusqu’à la fin, comme contre Madrid, pourquoi ne pas créer la surprise ?

Agus Medina face à José Gragera lors d’un Espanyol-Albacete
Agus Medina face à José Gragera lors d’un Espanyol-AlbaceteDAX IMAGES / NURPHOTO/ NURPHOTO via AFP

"Après avoir passé un tour en Coupe, on aborde la Liga avec plus de confiance"

Q : Vous avez déjà éliminé deux équipes européennes, le Celta et Madrid, dans cette Coupe. Pensez-vous que ce parcours brillant en Coupe peut détourner l’équipe de ses objectifs en championnat ?

R : Pour être honnête, après une victoire et une qualification en Coupe, on aborde la Liga avec plus de confiance. Quand tu gagnes, tout le monde est concerné. On est 22 ou 23 dans l’effectif et tout le monde se bat, que ce soit en Coupe ou en championnat. On se sent tous importants. Cela crée de la concurrence, ça motive tout le monde, ça nous soude davantage.

On a eu des adversaires difficiles et on a franchi les tours. Le fait de se battre ensemble et que chacun se sente important, que ce soit en Liga ou en Coupe, c’est vraiment positif.

Q : Quels sont les objectifs de l’Alba pour la suite de la Liga Hypermotion ?

R : Le premier objectif, ce sont les 50 points, comme je le dis toujours. La Liga Hypermotion est incroyable, le premier peut perdre contre le dernier, tout peut arriver à chaque match. Le plus important, c’est d’atteindre les 50 points, et ensuite, quand ce sera fait, on verra ce qu’il reste de la saison et on regardera vers le haut ou ailleurs si besoin, mais la priorité, c’est le maintien.

Q : Vous avez partagé le vestiaire à Cornellà avec Gerard Martín, qui a beaucoup progressé depuis son arrivée au Barça, et aussi avec Hansi Flick. Quels souvenirs gardez-vous de lui ?

R : Gerard, quand je l’ai connu, c’était un jeune du centre de formation qui venait s’entraîner avec nous. Un garçon sérieux, très travailleur, et au final, il a su exploiter son potentiel pour rejoindre le Barça B, puis l’équipe première. Quand je le verrai, je lui ferai une accolade, on discutera un peu avant le match, mais après, sur le terrain, on sera adversaires, c’est comme ça, et tout le monde le comprend.

Q : À l’époque de Cornellà, vous aviez déjà affronté le Barça, mais après avoir éliminé l’Atlético de Madrid grâce à une passe décisive de votre part. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

R : Ce match a eu lieu pendant la période du COVID, personne ne pouvait entrer dans le stade, donc l’ambiance était un peu froide. Gagner contre l’Atlético de Madrid à domicile aurait pu être incroyable avec un stade plein, mais à l’époque du COVID, c’était comme ça.

La sensation était incroyable et, comme je l’ai dit, tout le monde se sentait important. Ensuite, contre le Barça, on a eu la chance d’affronter un grand club, et on a perdu en prolongation, mais avoir rivalisé avec Barcelone et surtout battu l’Atlético nous a rendus très heureux. Ce sont des expériences uniques, c’est pour ça qu’on joue au football, pour accumuler ce genre de moments.

Q : Sur le plan personnel, en tant que Catalan, vous avez sans doute affronté le Barça plus souvent au cours de votre carrière. Auriez-vous préféré un autre adversaire cette fois, peut-être moins connu, mais que vous connaissez moins ?

R : Quand on a tiré le Real Madrid, j’étais content, car j’avais déjà joué contre le Barça et l’Atlético de Madrid, mais jamais contre le Real. Maintenant, j’aurais peut-être préféré l’Athletic Club, par exemple, car je n’ai jamais joué contre eux.

J’aurais aimé affronter des équipes contre lesquelles je n’ai jamais joué, pour vivre de nouvelles expériences, découvrir d’autres clubs et d’autres façons de faire. Étant Catalan, j’ai souvent joué contre le Barça et l’Espanyol, donc c’est vrai que c’est spécial de jouer contre des équipes que je ne connais pas encore.

Cela dit, affronter l’équipe première du Barça, qui est une référence mondiale, c’est beau, mais personnellement, j’aurais préféré jouer contre un adversaire inédit, peu importe le nom. Si j’avais déjà affronté Madrid auparavant, je t’aurais dit la même chose avant le tour précédent.

Agus Medina face à Ellis Harrison lors d’un Portsmouth-Birmingham en Carabao Cup
Agus Medina face à Ellis Harrison lors d’un Portsmouth-Birmingham en Carabao CupDAN ISTITENE / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES via AFP

Q : Dans votre parcours, on trouve une expérience à Birmingham. Comment cette opportunité s’est-elle présentée ? Comment cela s’est-il passé en Angleterre ?

R : L’opportunité est venue parce que Cornellà avait un accord avec Birmingham. Je suis parti là-bas pour tenter l’expérience de la pré-saison. Heureusement, j’ai plu à l’entraîneur et je suis resté six mois, jusqu’à Noël, puis je suis revenu à Cornellà. Mais c’était une expérience incroyable, j’ai découvert d’autres visions, d’autres méthodes, d’autres entraînements. C’est une expérience qui marque, car on découvre des choses différentes de ce à quoi on est habitué.

Q : Suivez-vous encore Birmingham en Championship ?

R : Il y a quelques années, oui, je suivais davantage. Mais les coéquipiers et entraîneurs que j’ai connus, qui étaient dans le football de jeunes, ne sont plus là, donc je ne suis plus trop. Je vois passer des infos sur les réseaux sociaux ou par mail, mais je ne les suis plus vraiment aujourd’hui.

Q : Pour revenir à Albacete, parle-t-on encore de l’époque du Queso Mecánico ?

R : Il y a des gens, surtout les plus âgés, qui m’en parlent parfois quand je me promène en ville, mais la plupart des gens autour de nous n’en parlent pas. Je crois que c’est mon père qui m’en a le plus parlé, plus que les gens d’Albacete.

Q : Quelle relation le club entretient-il avec Iniesta et que représente ce joueur pour le club et la ville ?

R : Je ne saurais pas te dire exactement, mais il est certain qu’il a été important pour Albacete et que le club a érigé une statue d’Andrés à côté du Belmonte. Mais je ne connais pas précisément la relation actuelle.

"Lors d’un match à domicile, tout peut arriver"

Q : Pensez-vous qu’il y a plus de supporters du Real Madrid ou du Barça à Albacete, maintenant que l’équipe affronte les deux en Coupe ?

R : Je ne saurais pas dire, car ce n’est pas le genre de question qu’on pose. Ce que je sais, c’est que lors du match contre Madrid, les gens venus au stade étaient pour Albacete, et il suffit de voir comment ils ont célébré le but dans les dernières minutes.

Agus Medina face à Riqui Puig lors d’un Cornellà-Barça en Coupe
Agus Medina face à Riqui Puig lors d’un Cornellà-Barça en CoupeÁLEX CAPARRÓS / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES via AFP

Q : Et pour rêver un peu, jusqu’où pensez-vous qu’Albacete peut aller dans cette Coupe, sachant que contre le Barça, comme face à Madrid, c’est un match unique à domicile ?

R : Chacun est libre de rêver et d’imaginer, on ira aussi loin qu’on pourra. C’est une éliminatoire difficile où nous ne sommes pas favoris, même si je pense qu’on ne l’aurait été dans aucun cas à ce stade, sauf au premier tour. Mais lors d’un match à domicile, tout peut arriver, comme contre Madrid, alors pourquoi ne pas rééditer l’exploit face à Barcelone ?

Q : Pour finir, vous avez été formé au Celta, qui vit un grand moment, pratique un beau football avec Giráldez et a retrouvé l’Europe.

R : Oui, jouer en Coupe là-bas a été spécial, et c’est vrai que lorsque nous les avons affrontés, une grande partie du staff de Giráldez, je l’avais eue dans les équipes de jeunes. J’ai pu discuter un peu avec eux, de football, de la vie.

Maintenant, avec Giráldez, les jeunes du club ont leur chance, et c’est beau et très positif pour eux. Par exemple, l’an dernier, on avait à Albacete, en prêt, Javi Rueda, qui joue maintenant au Celta et contre Lille, il a été l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur.

Q : Merci beaucoup, Agus, et bonne chance pour la suite de la saison.

R : Merci beaucoup.