Les cinq championnats mis en avant comptent au moins trois équipes séparées de cinq points ou moins. Mais plus il y a de prétendants, plus la lutte est passionnante.
Pologne
On commence avec ce qui est sans doute le championnat le plus fou d’Europe actuellement : l’Ekstraklasa polonaise. Comme la Suisse la saison passée, on a l’impression qu’aucune équipe ne veut vraiment remporter ce championnat.
Seulement 11 points séparent le leader de la lanterne rouge dans cette division à 18 équipes, où Wisla Plock est en tête malgré avoir concédé un match nul lors de la moitié de ses matchs, dont les cinq derniers. Le classement est si serré que Korona Kielce, neuvième, n’est qu’à six points du leader, ce qui est assez incroyable.

C’est la cinquième saison que l’Ekstraklasa compte 18 équipes qui s’affrontent à domicile et à l’extérieur. Mais il y a désormais cinq places européennes à décrocher grâce aux progrès du championnat sur la scène continentale. Résultat : quasiment tout le monde peut encore rêver d’Europe, personne n’ayant réussi à s’imposer nettement.
La Pologne propose l’un des championnats les plus passionnants à suivre ces dernières années. Cinq équipes différentes ont remporté l’Ekstraklasa sur les sept dernières saisons, dont trois pour la première fois. Si Plock conserve la tête, ce serait la troisième équipe en quatre saisons à être sacrée pour la première fois.
Autre fait marquant : les clubs les plus titrés ne sont pas dans la course. Legia Varsovie, qui détient le record avec 15 titres, est en zone de relégation. Wisla Krakow et Ruch Chorzow ne sont même plus dans l’élite et tentent de retrouver leur place.
La seule équipe avec au moins 10 titres encore en lice, Gornik Zabrze, occupe la deuxième place et a remporté son 14e titre en 1987/88. Les deux derniers nouveaux champions, Jagiellonia Bialystok et Rakow Czestochowa, ne sont qu’à un point des deux premiers.
Plock accueillera Rakow à la reprise du championnat début février, dans ce qui sera le choc de la journée. Gornik affrontera le Piast Gliwice, en difficulté. Quoi qu’il arrive, le titre de l’Ekstraklasa cette saison semble promis à un suspense total jusqu’à la dernière journée.
Roumanie
Pour la deuxième année consécutive, la Liga I roumaine est à l’honneur pour sa course au titre. Quatre équipes sont actuellement en lice, dont une qui n’a jamais été sacrée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la situation est déjà très animée.
Seules deux unités séparent CS Universitatea Craiova, leader, de FC Botosani et Dinamo Bucarest. Rapid Bucarest s’est intercalé entre les trois, après avoir été en tête cinq journées de suite avant de se faire doubler. D’ailleurs, le CSU Craiova, récemment impliqué dans un scénario fou en Ligue Conférence, est passé de la quatrième à la première place en remportant son dernier match avant la trêve. Pendant ce temps, les trois autres concurrents ont perdu, Rapid et Botosani restant sur trois matchs sans victoire.

On en est à la sixième saison sous le format actuel : après que les 16 équipes se soient affrontées à domicile et à l’extérieur, le championnat se divise en deux. Les six premiers jouent le titre, en s’affrontant deux fois de plus, tandis que les dix derniers se rencontrent une fois de plus pour déterminer les relégués. Les points sont divisés par deux pour les deux playoffs, ce qui ajoute encore du suspense. Enfin, il y a un barrage européen entre le troisième ou le quatrième et l’un des deux premiers des playoffs de relégation.
La surprise, c’est que le double tenant du titre FCSB est loin derrière, à la neuvième place. Mais il n’est qu’à deux points du top 6, avec neuf journées avant la séparation. CFR Cluj est aussi en difficulté, le club le plus titré hors capitale étant 11e et peinant à enchaîner les victoires.
Concernant le top 4, aucun n’a été champion depuis deux décennies. Le dernier titre de Dinamo (18 au total) remonte à 2006/07, Rapid a gagné son troisième en 2002/03. Le CSU Craiova n’a plus été sacré depuis 35 ans (quatrième titre), tandis que Botosani n’a jamais remporté de trophée majeur. Leur meilleur classement est une quatrième place en 2019/20.
Si la Roumanie a vu 24 clubs différents être sacrés, seuls trois ont remporté le titre sur la dernière décennie. Astra Giurgiu, aujourd’hui disparu, est le dernier club hors FCSB, CFR Cluj ou Farul Constanta à avoir été sacré, en 2015/16.
La deuxième partie du championnat débutera le week-end du 17 janvier. Dinamo aura le plus gros défi parmi les prétendants au titre en affrontant les candidats aux playoffs pour le titre Universitatea Cluj. Les trois autres joueront contre des équipes menacées par la relégation.
Luxembourg
On passe ensuite à un micro-État, où la BGL Ligue luxembourgeoise voit aussi quatre équipes se détacher. Un top 4, dont un promu, se tient en trois points, promettant une deuxième partie de saison passionnante.
Le double tenant du titre Differdange 03 semblait filer vers un nouveau sacre, avec 11 points d’avance. Mais après trois nuls et une défaite, Bissen et UNA Strassen ne sont plus qu’à deux points, F91 Dudelange étant à une unité de plus. Ces quatre équipes sont les seules à avoir inscrit 30 buts ou plus.

Le format luxembourgeois est quasiment identique à celui de la Pologne : les 16 équipes s’affrontent à domicile et à l’extérieur. Ce format est en place depuis 2020/21, quand la ligue est passée de 14 à 16 clubs.
Le plus impressionnant, c’est que sur les cinq dernières saisons, il y a eu quatre champions différents. L’un d’eux, Fola Esch, n’est plus dans l’élite, relégué à la fin de la saison passée.
Bien que le pays compte 17 champions différents dans son histoire, seuls cinq évoluent actuellement en première division. Huit de ces clubs n’existent plus, ce qui est exceptionnellement élevé. Les fusions ont joué un rôle clé, tous ces clubs ayant intégré une nouvelle entité.
Par exemple, le F91 Dudelange est né en 1991 de la fusion de trois clubs, dont le Stade Dudelange, sacré 10 fois. Le CA Sporta Luxembourg, avec 11 titres, a fusionné avec deux autres pour devenir Racing Luxembourg. Differdange 03 est aussi le fruit d’une fusion en 2003, Red Boys Differdange ayant été champion six fois.
Si Bissen venait à être sacré, ce serait le troisième nouveau champion en quatre ans. Ce serait aussi une ascension incroyable pour ce club, qui existe sous sa forme actuelle depuis 1946 et vient d’enchaîner deux promotions.
La reprise aura lieu en février, avec le déplacement de Bissen chez le recordman des titres Jeunesse Esch, qui sera le choc de la journée. C’est le seul des quatre prétendants au titre à affronter une équipe du haut de tableau pour la reprise, ce qui sera un vrai test d’entrée.
Hongrie
La lutte à quatre pour le titre se poursuit en Hongrie, où le champion habituel Ferencvaros doit batailler pour prolonger sa série à huit titres consécutifs en NB I.
À la surprise générale, c’est Gyor, fort de cinq victoires d’affilée, qui mène la ligue avec 34 points après 18 matchs. Fradi est juste derrière avec le même total, tandis que Paks (33) et Debrecen (31) sont aussi dans la course. Les fans hongrois ont donc droit à une nouvelle lutte passionnante, comme la saison passée.

La NB I compte 12 équipes depuis 2015/16, qui disputent 33 matchs chacune, soit trois confrontations contre chaque adversaire. Il n’y a pas de playoffs, les deux derniers sont relégués en fin de saison.
Historiquement, le football hongrois est dominé par quatre clubs de Budapest, menés par les 36 titres de Ferencvaros. Viennent ensuite MTK Budapest (23), Ujpest (20) et Honved (14). Mais ce dernier évolue désormais en deuxième division, après sa relégation en 2023/24.
Les big four sont si dominants qu’aucun club hors capitale n’a remporté la NB I depuis Fehervar en 2016/17. Comme Honved, ils sont aussi en deuxième division après leur relégation la saison passée.
Parmi les prétendants cette saison, Gyor n’a plus été sacré depuis 2012/13. Debrecen, qui compte le plus de titres hors Budapest (7), n’a plus connu la gloire depuis 2013/14. Paks est le seul des quatre à n’avoir jamais remporté la première division, avec deux places de dauphin.
Les supporters attendent avec impatience la fin janvier, quand Gyor et Ferencvaros s’affronteront dans un choc au sommet. Ce match pourrait peser lourd dans la course au titre. Debrecen reçoit le Diosgyori, en difficulté, tandis que Paks affronte Puskas Academy.
Autriche
Comme l’Ekstraklasa, la Bundesliga autrichienne est totalement imprévisible cette saison, ce qui la rend très intéressante à suivre pour les amateurs neutres.
RB Salzburg possède trois points d’avance sur LASK Linz et quatre sur le tenant du titre Sturm Graz, mais le classement est bien plus serré qu’il n’y paraît. Les huit premiers comptent entre sept et neuf victoires en 17 journées.

Le format, en vigueur depuis 2018/19, rend la Bundesliga Admiral très compétitive, surtout cette saison. Les 12 équipes s’affrontent à domicile et à l’extérieur, puis la ligue se divise en deux groupes de six.
Dans chaque groupe, les équipes se rencontrent deux fois de plus, puis un barrage européen oppose le quatrième ou cinquième au septième ou huitième. Les points de la saison régulière sont divisés par deux avant les playoffs, mais ce système disparaîtra après cette saison.
Salzburg, qui domine le football autrichien depuis le rachat par la marque de boissons énergétiques, a remporté 10 titres consécutifs entre 2013/14 et 2022/23, avant d’être détrôné par Sturm. Depuis, Die Schwoazn ont remporté les deux dernières éditions.
Cependant, les clubs les plus titrés restent ceux de la capitale : Rapid Vienne et Austria Vienne totalisent 56 titres (32 pour Rapid, 24 pour Austria). Pourtant, ces deux clubs, respectivement septième et sixième, n’ont plus été sacrés depuis 2007/08 et 2012/13.
LASK n’a remporté le titre qu’une seule fois, il y a 61 ans, tandis que Hartberg et Ried, également dans la course, n’ont jamais été champions. Idem pour Wolfsberger, vainqueur de la coupe OFB Steigl l’an dernier, qui compte huit points de retard.
D’autres grands noms autrichiens sont absents de la Bundesliga actuellement. Admira Wacker, neuf fois champion, évolue en 2. Liga, tout comme First Vienna, six fois titré. Wacker Innsbruck a été sacré dix fois avant sa faillite en 2002. Un club phoenix existe désormais, évoluant en troisième division.
Salzburg tentera d’accroître son avance à la reprise début février. Le club recevra Austria Vienne, tandis que Sturm Graz affrontera Ried. Rapid disputera son premier match sous la direction de Johannes Hoff Thorup contre Hartberg.
Slovaquie
Le dernier championnat passé au crible pour sa course au titre est la Slovaquie, où Slovan Bratislava cherche à poursuivre sa domination sur la Nike Liga. Mais cette saison, la tâche est ardue, comme en 2024/25.
Encore une fois, le club de la capitale doit faire face à une forte concurrence de DAC Dunajska Streda, Spartak Trnava et Zilina. Cinq points séparent le premier du quatrième, avec 14 journées à jouer. Ce quatuor s’est détaché, cinq points séparant Zilina du cinquième, Zlate Michalovce.

Le format slovaque est calqué sur celui de la Bundesliga autrichienne : après 22 matchs, les 12 équipes sont divisées en deux groupes. Mais ici, les points ne sont pas divisés par deux, tout le monde conserve son total. Si le vainqueur de la coupe termine dans le top 3, un mini-tournoi pour la dernière place européenne oppose les trois derniers du groupe titre et le vainqueur du groupe relégation.
En 32 saisons depuis la création du championnat, huit clubs différents ont été sacrés. Seuls Slovan et Zilina comptent plus de deux titres. Slovan détient le record avec 15 sacres, soit près de la moitié des saisons. Le club a remporté les sept dernières éditions, autant que Zilina dans son histoire.
Trnava n’a été champion qu’une fois, en 2017/18, dernier club sacré avant la domination de Slovan. DAC n’a jamais remporté le championnat, mais a fini deuxième à quatre reprises.
Fait intéressant, la moitié des champions slovaques ont disputé la phase de groupes de la Ligue des champions. Slovan l’a fait la saison passée, après VSS Kosice, Petrzalka (ex-Artmedia Bratislava) et Zilina. Aucun n’a dépassé ce stade, même si Petrzalka a fini troisième en 2005/06.
La prochaine journée proposera sans doute le plus gros match de la saison régulière, avec l’affiche entre Slovan et DAC qui s’affronteront. Trnava jouera contre Michalovce, tandis que Zilina tentera de renouer avec la victoire à domicile face à Komarno.
Mentions honorables
Grèce : Pour conclure, quelques mentions honorables. D’abord la Grèce, où la Super League tient toutes ses promesses. Le champion en titre Olympiakos a concédé un match nul lors de ses deux derniers matchs, tandis que PAOK a perdu lors de son avant-dernier match de l’année. Cela a permis à AEK Athènes de passer devant et d’aborder 2026 en tête. Gardez un œil sur cette lutte à trois jusqu’à la fin de la saison.
Suivez la Super League grecque sur Flashscore.
Kosovo : La Superliga du Kosovo est aussi à mi-parcours, avec le tenant du titre Drita qui a refait son retard et n’est plus qu’à quatre points de Ballkani. Entre les deux derniers champions, on retrouve le club le plus titré Prishtina et Dukagjini. Avec 18 journées restantes, il est difficile de prédire qui sera sacré fin mai.
Suivez la Superliga du Kosovo sur Flashscore.
Moldavie : Enfin, la course au titre en Moldavie s’annonce très intéressante. Profitant de quelques changements dans un format de championnat assez complexe, Petrocub tente de résister à Zimbru Chisinau, Sheriff Tiraspol et Milsami Orhei pour décrocher un deuxième titre. Zimbru, de son côté, espère faire de la Moldavie le quatrième pays d’Europe à avoir quatre champions différents sur les quatre dernières saisons, dans une lutte passionnante entre les seuls clubs encore existants à avoir remporté la Super Liga moldave.
