"1 % de chance, 99 % de foi" : le Barça s’accroche à l’esprit remontada

Lamine Yamal et le Barça vont-ils remonter leur déficit ?
Lamine Yamal et le Barça vont-ils remonter leur déficit ?REUTERS

Battus lourdement lors de la demi-finale aller de la Coupe du Roi par l'Atlético de Madrid (0-4), les hommes de Hansi Flick devront inscrire au moins quatre buts pour rallier la finale de la Coupe du Roi. Privé de cadres mais porté par sa jeunesse, le club catalan croit encore à une remontada, comme il y a neuf ans face au PSG.

La dernière fois que Lamine Yamal avait surpris ses coéquipiers avec une toute nouvelle coupe de cheveux, c’était le 25 avril, veille de finale de la Coupe du Roi face au Real Madrid. Le lendemain, le Barça s’imposait 3-2 et remportait l’un de ses trois trophées de la saison. Faut-il y voir donc une coïncidence quand le numéro 10 catalan s'affiche en ce lundi 2 mars, veille de demi-finale retour, avec des cheveux fraîchement tondus et un dégradé loin de ses boucles ordinaires ?

Le meilleur buteur du Barça en Liga cette saison avec 13 buts est le premier des joueurs catalans à avoir lancé cette idée de remontada. Juste après son triplé face à Villarreal, Lamine Yamal commente son carrousel de célébrations sur Instagram avec cet adage : "1 % de chance, 99 % de foi". Reprenant par la même occasion le slogan utilisé à l'époque par son idole Neymar Jr avant la remontée historique contre le PSG en 2017. Et déjà à l’époque, le Barça était mené 4-0.

"Ils ont marqué 4 buts contre nous et nous sommes capables d'en marquer davantage"

Et comme en 2017, le mot "remontada" commence à faire son chemin au sein des esprits des supporters, galvanisés par une communication globale du Barça qui entretient l’espoir. Le soir même de cette lourde défaite à Madrid, Eric Garcia lançait la mission d’une folle remontée, à laquelle il ne participera pas, étant suspendu pour ce retour : "Ils ont marqué 4 buts contre nous et nous sommes capables d'en marquer davantage. Il nous reste encore 90 minutes, à domicile, avec nos supporters."

La saison passée déjà, le Barça s’est mis en difficulté en demi-finales de Copa, en ne faisant qu’un match nul 4-4 à domicile face à… l’Atlético. Et si le match retour et une victoire 4-2 des hommes de Hansi Flick au Metropolitano avaient permis aux Catalans d’accéder à la finale, la tâche est nettement plus ardue cette fois-ci. Pour espérer défendre leur titre en finale, à Séville, le 18 avril prochain, contre la Real Sociedad ou l’Athletic Club, les Blaugranas devront marquer au moins quatre buts.

"Ce sera difficile, mais pas impossible. Le plus important c'est de croire que nous sommes capables de remonter. Nous devons tout donner pendant ces 90 minutes, voire plus. Nous devons nous battre jusqu'au bout, a déclaré l'entraîneur allemand avant la rencontre. Il nous reste un match pour revenir. Nous avons deux mi-temps de 45 minutes. Gagner chaque mi-temps 2-0 sera notre objectif. Nous allons nous battre pour ça."

"S'il y a bien une équipe capable de le faire c'est nous"

Hansi Flick a des raisons d’être positif : depuis son arrivée, son Barça tourne à une moyenne de 3 buts par match, soit juste un de moins que ce que devront inscrire ses hommes mardi soir. Porté par une jeune équipe qui n’a cessé de croire aux scénarios les plus improbables la saison passée, comme cette victoire 4-3 lors du Clasico en Liga après avoir été mené 2-0 ou cette remontée lors de la demi-finale retour face à l’Inter après avoir concédé le match nul 3-3 à l’aller à domicile. Une remontada non-aboutie, mais qui laisse voir une chose : ce jeune groupe barcelonais sait croire en ses chances.

"S'il y a bien une équipe capable de le faire c'est nous, assure Pedri, de retour de blessure. L'an dernier, nous nous sommes retrouvés de nombreuses fois menés au score, parfois de deux buts, et nous sommes parvenus à renverser la rencontre en 20 minutes. Donc pourquoi pas en remonter quatre en 90 ?" Hansi Flick emboîte le pas à son maître à jouer et assure qu’il n’a "pas peur"

"Nous devons rendre l’impossible possible, mais nous n’abandonnerons pas avant la toute fin. Il est important de ne pas encaisser de but", rappelle-t-il, alors que son arrière-garde a largement subi les appels entre les lignes d’Antoine Griezmann et de ses coéquipiers lors du match aller. Outre la suspension d’Eric Garcia, le Barça devra en plus faire sans Robert Lewandowski, blessé au visage, et Frenkie de Jong, touché à la cuisse droite.

Le retour de la Grada d'Animació au meilleur moment

Mais les Blaugranas pourront compter sur le retour de la Grada d'Animació dans les tribunes. Ces supporters qui, comme leur nom l’indique, sont chargés d’animer le stade étaient en conflit depuis des semaines avec le club en raison d’amendes infligées par l’UEFA et étaient donc absents des travées de Montjuic puis du Camp Nou. En cette veille de remontada décisive pour la suite de la saison, les deux entités ont trouvé un accord et la police a validé la présence de 700 membres des différents groupes de supporters qui pousseront l’équipe mardi.

Un geste autant sportif que politique, les élections pour la présidence du Barça battant leur plein à moins de deux semaines du scrutin et les supporters présents récemment au Camp Nou pointant du doigt cette ambiance "de cimetière" qui y règne. Flick lui accueille évidemment la nouvelle avec le sourire : "Pour moi, il est important que tous ceux qui veulent nous soutenir puissent le faire pendant le match. Nous devons créer un lien parfait entre l'équipe et les supporters. Nous adorons ça."

Outre cette atmosphère hostile, le Barça pourra compter sur un Lamine Yamal en pleine forme, qui a assuré ne plus ressentir de gêne liée à sa pubalgie et qui sort donc de son premier triplé en carrière. Et Diego Simeone a déjà prévu un plan pour limiter son influence : "La meilleure solution c'est de l'amener dans une position où il se sent le moins à l'aise, en le forçant à défendre et en tentant de profiter de nos opportunités en attaquant de son côté."

Plus de 10 ans sans finale pour l'Atlético

Le sujet d’une éventuelle remontada lui a été balayé d’un revers de main par l’entraîneur argentin, pourtant relancé à plusieurs reprises par un journaliste qui voulait savoir ce qu’il pensait d’un tel scénario. "Je ne commente pas ce que les autres disent, assure-t-il passablement agacé. Nous envisageons ce match comme tous les autres, comme tous ceux que nous avons disputés contre eux. Nous connaissons leurs atouts et nos chances de mener le match comme nous le souhaitons."

L’Atlético de Madrid n’a plus atteint une finale de Coupe du Roi depuis 2013 et n’entend pas perdre cet avantage colossal après un match aller très abouti. D’autant que cet exercice 2025-26 pourrait être le dernier d’un certain Antoine Griezmann sous le maillot des Colchoneros. Le chouchou de Simeone n’a cessé de marteler que son plus grand rêve était de gagner un trophée avec son club de toujours. Et cette Copa del Rey semble aujourd’hui le chemin le plus court pour un Atlético hors de course en Liga, mais toujours en lice en Ligue des champions.