Si la France est passée très proche de se faire surprendre dès son premier match de qualifications au Mondial 2027, les Pays-Bas, autre nation favorite de ce groupe 2, ont eux moins bien démarré leur campagne. En cause ? Une rugueuse équipe de la Pologne, qui a accroché un match nul 2-2 sur ses terres, après avoir ouvert le score. Au point que Vivianne Miedema ne reconnaisse au coup de sifflet final : "En première période nous avons laissé la Pologne faire son jeu. Elles sont très bonnes en contre-attaque. Je pense que nous nous sommes créé suffisamment d'occasions pour gagner, mais elles ont bien joué et méritaient le match nul."
Des mots qui ont eu un certain écho en Pologne, les supporters étant fiers de voir qu'une telle idole du football féminin mondial pouvait reconnaître les forces des Aiglesses. Le beau visage affiché par la 24e nation au classement FIFA est loin d'être une surprise : la Pologne avait déjà fait sensation lors du dernier Euro en s'imposant 3-2 face au Danemark lors de la dernière journée des poules, dans une compétition que le pays découvrait pour la première fois.
Si le championnat local est encore en pleine mutation et loin de pouvoir rivaliser avec le top 5 européen, il connaît tout de même un essor relatif. Au point que la Pologne s'était portée candidate pour accueillir le prochain Euro féminin en 2029, s'inclinant finalement face à la proposition allemande.
Un derby "à domicile" pour la Pologne
Les joueuses de l'équipe nationale elles évoluent à travers l'Europe : l'attaquante Ewa Pajor, véritable star de l'équipe, fait les beaux jours du FC Barcelone, la gardienne Kinga Szemik garde les cages de West Ham, Ewelina Kamczyk a tout juste été transférée à l'AC Milan en provenance... de Fleury, en France.
Ce deuxième match de qualification au Mondial 2027 va même ressembler à un derby pour certaines, tant la France a été et est encore aujourd'hui une terre d'accueil privilégiée pour les Polonaises. Elles sont cinq dans le groupe à évoluer en Première Ligue actuellement et parmi elles deux joueuses (Nadia Krezyman et Gabriela Grzybowska) évoluent même... à Dijon et joueront donc cette rencontre "à domicile", alors qu'aucune internationale tricolore n'évolue en Bourgogne.
"Ça me fera bizarre de me changer dans le vestiaire des visiteurs et non celui des hôtes, commente même Nadia Krezyman auprès de la fédération polonaise avant la rencontre. Le bon côté, c'est qu'avec Gabriela, on connaît chaque brin d'herbe." Dijon fait partie de ces clubs, avec Fleury, qui misent depuis plusieurs saisons désormais sur les talents venus de Pologne pour renforcer leurs effectifs, dans un football féminin toujours plus concurrentiel et où les joueuses polonaises sont moins onéreuses que celles d'autres nations. À l'image de la jeune Jagoda Cyraniak, qui a rejoint l'OM cet hiver.
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Au total 9 joueuses du groupe de Nina Patalon, sélectionneure de ce jeune groupe depuis 2021 après avoir gravi tous les échelons des U15 aux A, jouent ou ont déjà joué dans le championnat français. "Nos aînées ont ouvert la voie. En France, on sait désormais que les Polonaises ont un bon niveau et qu'on peut compter sur nous, explique Grzybowska. Cela profite à la sélection : plus on joue dans de bons clubs, plus on arrive en confiance lors des rassemblements."
Agents doubles et chambrages en club
Si la France a dû visionner entre 10 à 15 matchs de cette sélection polonaise qui reste sur six matchs consécutifs sans défaites, la Pologne a donc pu s'appuyer sur ses joueuses qui croisent le fer avec bon nombre d'internationales françaises tous les week-ends en Première Ligue. Voire les côtoient au quotidien en club. "Quand nous sommes parties en sélection après le dernier match, on se disait : "À bientôt !" Et pas seulement après la trêve hivernale, mais littéralement dans quelques jours", retrace Klaudia Jedlinska, attaquante du Paris FC qui connaît donc très bien Clara Mateo, Melween N'Dongala, Anaële Le Moguédec et Mylène Chavas, internationales avec les Bleues.
"Je connais bien leur style de jeu, appuie l'ancienne de Dijon. Je peux aussi partager mon ressenti sur leur comportement quotidien à l'entraînement ou sur leurs points forts." Avec ses agentes infiltrées, la Pologne a de quoi faire peur à la France. Et Laurent Bonadei s'en méfie : "On prend ce match très au sérieux. On respecte l'adversaire. On va essayer de développer notre football du mieux possible pour marquer des buts et aller chercher les trois points."
En face la Pologne rêve de créer à nouveau la surprise, avec des joueuses locales surmotivées. "On peut les surprendre par notre collectif et notre style compact, prévient Grzybowska. Elles devront se méfier ! (...) On entrera sur le terrain avec de l'ambition, en sachant que face à un tel adversaire, il faut transformer la moindre occasion."
Même son de cloche pour Jedlinska qui ne compte pas se faire chambrer par ses coéquipières du Paris FC en retour de trêve : "Nous voulons montrer que la Pologne est capable d'imposer un défi physique de taille. Ce ne sera pas une promenade de santé pour elles." La France est prévenue.
