Champions d'Afrique, les Lions de la Teranga prêts à rugir sur la France

Champions d'Afrique, les Lions de la Teranga prêts à rugir sur la France
Champions d'Afrique, les Lions de la Teranga prêts à rugir sur la FrancePhoto par ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP

Le sacre du Sénégal, vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations dimanche face au Maroc, donne une nouvelle envergure au premier match de la France au Mondial-2026, où les Bleus affronteront les Lions de la Teranga.

Si, au Sénégal, l'heure est encore à la fête, les Bleus attendent avec un peu plus de méfiance encore l'entrée en lice des deux équipes lors de la Coupe du monde en Amérique du Nord, le 16 juin au Metlife Stadium dans le New Jersey, avec en tête la déconvenue de la seule opposition entre les deux équipes: une victoire 1-0 des Sénégalais face aux tenants du titre en ouverture du Mondial-2002.

Gernot Rohr, sélectionneur du Bénin, battu 3-0 par les Lions de la Teranga lors de leur dernier match de groupe à Tanger (nord), dit avoir été impressionné par la vitesse de leurs ailiers: "Sadio Mané évidemment, mais aussi Iliman Ndiaye, qui nous ont fait très mal. Ils ont plusieurs solutions pour déséquilibrer une défense".

"Pendant longtemps durant le match, on a bien résisté, a encore constaté le technicien franco-allemand passé par Bordeaux ou Nice. Mais on a d'abord buté sur un très grand gardien Edouard Mendy, et cédé ensuite à cause de leur qualité athlétique".

Homogénéité 

Au Maroc, tout le monde a souligné l'homogénéité du groupe sénégalais, co-meilleur défense du tournoi avec deux buts encaissés, et 2e meilleure attaque avec 11 buts inscrits.

Le Sénégal est désormais la nation africaine la plus régulière avec ses deux titres et trois finales lors des quatre dernières CAN.

"Kalidou Koulibaly, Krépin Diatta et Habib Diarra étaient absents, ceux qui les ont remplacés au pied levé ont été très bons. C'est la force du Sénégal, sa profondeur de banc, on peut changer les joueurs sans perdre en qualité", a abondé dimanche Mamadou Niang, l'ancien capitaine sénégalais qui a passé un mois auprès de la sélection.

"Du gardien à la pointe, il y a de la qualité sur chaque ligne, dans chaque secteur", renchérit Alain Giresse, sélectionneur des Lions de 2013 à 2015, période durant laquelle il a dirigé Idrissa Gueye et Sadio Mané.

On disait la star sénégalaise vieillissante à 33 ans, moins compétitive depuis son départ pour le championnat saoudien en 2023: mais Mané, élu meilleur joueur de la CAN marocaine, a été le leader des Lions.

Son impact est visible sur le terrain avec deux buts et trois passes décisives, mais aussi au-delà du jeu, comme lorsqu'il a enjoint, en plein chaos, ses coéquipiers à revenir sur le terrain pour terminer la finale face au Maroc.

"Son apport est décisif sur le but de Gueye en finale, ajoute Giresse. Il récupère le ballon et change l'orientation du jeu avec sa talonnade pour Idrissa Gueye. Sadio n'a peut-être plus les mêmes aptitudes physiques qu'avant, mais avec la maturité et l'expérience, il prend les bonnes décisions au bon moment".

"La fleur au fusil" 

Le Sénégal, qui avait déjà renouvelé son effectif lors de son premier sacre africain en 2021, s'est appuyé au Maroc sur ses quatre mousquetaires trentenaires: Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Gueye et Mané, au sommet de leur art et secondés par les deux générations suivantes prêtes à récupérer le leadership de l'équipe le temps venu.

Ismaïla Sarr, Pape Gueye ou Iliman Ndiaye sont des cadres de l'équipe, Lamine Camara (21 ans) et Ibrahim Mbaye (17 ans) étant eux des "supersub" décisifs lorsque le sélectionneur Pape Thiaw a fait appel à eux.

"Solides, athlétiques, complet", les Sénégalais ne sont pas intrinsèquement encore au niveau de la France, qui dispose encore "d'une plus grande expérience de la Coupe du monde", affirme Gernot Rohr, "même si on ne pourra pas y aller la fleur au fusil", selon Alain Giresse.

Mais avec quelle équipe les Lions se présenteront-ils au Mondial? Après avoir brièvement quitté puis regagné la pelouse du stade Moulay Abdellah dimanche, certains joueurs pourraient être sanctionnés par la Confédération africaine (CAF), qui a diligenté une enquête. Ils encourent jusqu'à six matches de suspension et pourraient être ainsi privés de tout ou partie de la Coupe du monde.