Avant l'arrivée d'O'Neil, Enciso semblait parfois perdu dans un système qui l'exilait sur les ailes ou l'enfermait dans des tâches défensives trop rigides. L'ancien coach des Wolves a immédiatement identifié le problème. En installant un système hybride, O'Neil a replacé Enciso dans le cœur du jeu de son 4-2-3-1 dans un rôle de "numéro 10 moderne" ou de second attaquant mobile. Cette position lui permet de décrocher pour organiser, tout en restant assez proche de la surface pour faire parler sa frappe de balle chirurgicale.
"Je suis très content d'avoir marqué deux buts, c'est une motivation pour moi. Je dois aussi remercier l'entraîneur, Gary O'Neil, qui me donne beaucoup de confiance. Je pense que c'est en grande partie grâce à lui aussi. Et je suis reconnaissant envers tous mes partenaires, qui me soutiennent également au quotidien. (...) Je me sens vraiment bien dans cette équipe, je suis très heureux de jouer avec mes coéquipiers, car ils me donnent beaucoup de confiance. Et je crois que ça se voit sur le terrain", a apprécié l'ex-talent de Brighton.
"Il doit montrer ses qualités, il n'y a plus d'excuses"
Depuis la nomination d'O'Neil, le bilan est sans appel : 5 matchs, 5 titularisations, 5 buts, 2 passes décisives. Avec notamment un chef-d'œuvre contre Monaco (3-1) en 8es de finale de Coupe de France. Enciso a plié le match en six minutes. Son premier but, une subtile élimination du gardien Philipp Köhn, et son second, un petit piqué plein de sang-froid, ont montré un joueur en totale maîtrise de ses émotions. Au-delà des buts, Enciso touche en moyenne 15 ballons de plus par match dans le dernier tiers adverse par rapport à la première partie de saison.
Cette renaissance est le fruit d’un replacement tactique oui, mais aussi d’un retour progressif en pleine forme, après être arrivé en France avec des restes de sa blessure au ménisque. Mais Liam Rosenior commençait à s’impatienter de voir son compteur de stats être bloqué à 0 en Ligue 1 en 9 rencontres. "C'est un joueur incroyablement talentueux. Il est revenu d'une grosse blessure, on lui a laissé le temps de se préparer. Maintenant, il doit montrer ses qualités, il n'y a plus d'excuses. On attend plus, clairement", lançait l’ancien entraîneur du Racing le 14 décembre.
Un avertissement entendu par l’intéressé : face à Breidablik au match suivant, le Paraguayen marque et délivre une passe décisive en 29 minutes de jeu, puis marque de nouveau face à Dunkerque en Coupe de France. Des statistiques qui se confirment depuis, cumulant aujourd’hui huit réalisations toutes compétitions confondues sous le maillot bleu, soit déjà le double de son meilleur total en Europe, lors de sa saison de découverte à Brighton en 2022-2023.
Un jeu qui doit encore évoluer
"La saison dernière, je l'avais suivi à Ipswich tout particulièrement, a expliqué O'Neil, qui l'a affronté plusieurs fois et qui l'avait vu marquer avec Brighton lorsqu'il était sur le banc de Bournemouth. Il est impressionnant. Il a beaucoup de qualités, notamment en tant que meneur de jeu, lorsqu'il est entre les lignes. Mais on oublie qu'il est tout jeune parce qu'on le voit sur les terrains depuis longtemps." Si l’entraîneur anglais a donné les clés de son jeu à Enciso depuis son arrivée, il n’oublie pas de lui rappeler quelques essentiels : "On a besoin de tout le monde pour défendre, Julio y compris."
Une façon de rappeler à son playmaker que s’il fait partie du gratin de la Ligue 1 pour les tentatives de tirs et les dribbles, il est très loin des autres milieux de terrain et ailiers du championnat en matière d’interceptions (2 seulement) et de ballons perdus (20). Mais sa capacité à conserver le ballon et à faire la différence sur un seul geste suffit pour l’instant à persuader O’Neil d’en faire un de ses hommes forts.
