Le coup d'envoi des demi-finales de la Coppa Italia sera donné au Sinigaglia, où le Como recevra l'Inter. Dans l'autre partie du tableau, la Lazio et l'Atalanta se livreront dès le lendemain une double confrontation qui s'annonce électrique pour décrocher le second billet pour la finale.
Pour les protégés de Cesc Fàbregas, ce dernier carré revêt déjà un caractère historique. Si le chemin parcouru ces deux dernières années a radicalement changé le statut du club, transformer ce rêve en épopée légendaire passera par l'exorcisme d'une véritable malédiction sportive : l'Inter, une bête noire que le Como n'a plus domptée depuis plus de quarante ans.
Il faut en effet remonter à 1985 pour trouver trace du dernier succès des Lariens. Depuis, le bilan des 14 confrontations suivantes est sans appel : 12 défaites pour seulement 2 matchs nuls. Une hégémonie statistique qui pèse de tout son poids, d'autant plus que le Como actuel, en pleine mutation, n'a plus rien à voir avec celui des décennies passées.
De la Serie B aux nuits de Coupe
Propulsé en Serie A après sa montée lors de la saison 2023-24, le Como a d'emblée affiché ses ambitions : refuser le rôle de simple figurant. Porté par un projet d'envergure, des investissements massifs et une philosophie de jeu audacieuse, le club a brûlé les étapes.
Fàbregas, technicien émergent aux principes déjà bien ancrés, a su polir de jeunes pépites pour forger une identité de jeu séduisante, hissant les Lariens parmi les trouble-fête du haut de tableau.
Initialement programmé pour le maintien, le Como s'est mué en candidat crédible à l'Europe. Cette montée en puissance a été validée par un parcours héroïque en Coppa Italia, marqué par l'élimination de Naples aux tirs au but en quarts de finale. Un exploit fondateur qui a ouvert les portes d'une demi-finale aux allures de consécration.
En championnat, les preuves de maturité se sont multipliées : un scalp mémorable contre la Juventus, des nuls de prestige face à l'Atalanta, Naples et l'AC Milan, sans oublier des succès probants contre la Lazio et l'AS Roma dès la saison dernière. Le tableau de chasse est impressionnant.
Pourtant, un géant manque toujours à l'appel : l'Inter. C'est précisément face aux Nerazzurri de Cristian Chivu que le Como doit désormais franchir ce dernier palier symbolique.
Le dernier tabou : 8-0 et cage inviolée
Depuis son retour dans l'élite, le Como a croisé le fer à trois reprises en championnat avec l'Inter, pour autant de revers. Au-delà des points perdus, c'est l'ampleur du fossé qui interpelle : les Milanais ont systématiquement frappé au moins deux fois, s'imposant 2-0 lors des deux premières joutes avant de punir les Lariens 4-0 lors de la plus récente.
Huit buts encaissés, aucun marqué. L'Inter a systématiquement verrouillé sa surface, affichant un 8-0 cumulé sur les derniers précédents. Ce mur nerazzurro constitue aujourd'hui le dernier plafond de verre pour la progression de l'escouade de Fàbregas.
Le Sinigaglia, un carrefour décisif
Mardi soir, le Sinigaglia sera le théâtre d'un tournant majeur. Face à l'ogre milanais, le Como va étalonner ses ambitions en s'appuyant sur le génie créatif de Nico Paz, la maestria de Baturina et le sens du but de Douvikas.
Pour renverser la vapeur, il faudra de l'intensité, du cran et une efficacité clinique : seul un match parfait permettra de fissurer le bloc interiste et de tromper la vigilance d'un Sommer resté invaincu lors des derniers duels.
L'enjeu ? Aborder la manche retour au Stade Giuseppe Meazza avec toutes les chances de qualification. Plus qu'une finale, le Como veut prouver qu'il a enfin sa place à la table des grands, non plus comme un invité surprise, mais comme un prétendant légitime.
