Le football féminin en Espagne a connu une croissance extraordinaire. Mais il commence à ressembler dangereusement au handball masculin. L’écart de niveau entre Barcelone et le reste est tel que, sauf énorme catastrophe, les titres semblent déjà attribués avant même d’être disputés. C’est pourquoi les Catalanes peuvent se permettre le luxe, même si elle n’est pas encore à 100 % après sa grave blessure, de laisser sur le banc la meilleure joueuse du monde, Aitana Bonmatí.
Avec la quantité de stars dont dispose Pere Romeu, la qualité finit toujours par s’imposer. Cela s’est vérifié aussi lors de cette finale de Coupe. La possession, la domination territoriale, le rythme, les occasions… tout laissait penser que le but n’allait pas tarder. Et il est arrivé, logiquement, à la 22e minute, signé par Claudia Pina. La numéro 9 blaugrana a trouvé l’ouverture dans un angle fermé pour inscrire le 1-0 après un siège constant sur le but madrilène.
Une fois la boîte de Pandore ouverte, la résistance de l’Atlético, dont le seul plan était de défendre dans sa surface, s’est totalement effondrée après ce but. Les Colchoneras doutaient à chaque action, les failles étaient évidentes dans leur organisation, et un centre de Vicky López repris de la tête par Brugts dans la surface a aggravé la situation. Que la latérale gauche se retrouve seule à cet endroit en dit long sur l’Atlético, dépassé et incapable de contester le monologue blaugrana. L’action a été vérifiée pendant près de cinq minutes, mais il n’y avait pas de hors-jeu. Le but était valable.
Mais le 2-0 n’était pas le pire. Le Barça voulait plier le match au plus vite et a inscrit un troisième but avant la pause. Sur une action confuse, avec Andrea Medina au sol se plaignant d’une faute, Fiamma Ianuzzi, au lieu de dégager, a tenté de contrôler dans la surface. Mais elle a perdu le ballon et Salma Paralluelo, attentive au bon endroit, a puni l’innocence madrilène pour porter le score à 3-0.
Sursaut d’orgueil de l’Atlético
L’Atleti est revenu des vestiaires avec plus d’agressivité. Et a été récompensé après trois grosses alertes : deux tirs sur la barre, de Mapi León et Patri Guijarro, et un superbe arrêt de Lola Gallardo sur une tentative de Pajor, qui auraient pu sceller définitivement la finale. Mais ces occasions n’ont pas abouti, contrairement à la frappe puissante de Boe Risa. La Norvégienne a sorti un geste exceptionnel pour surprendre Cata Coll et redonner un peu d’espoir aux Madrilènes avec le 3-1.
Les changements opérés par José Herrera, notamment l’entrée de Luany, et le fait de ne pas se contenter de défendre mais de chercher à exploiter les faiblesses adverses, ont apporté un nouvel élan à l’Atlético. Cela n’a toutefois pas suffi à mettre réellement en danger un Barça qui, avec l’entrée sous ovation d’Aitana et malgré une attention déjà tournée vers la prochaine finale de Ligue des champions, a continué à se projeter vers le but de Lola Gallardo, qui a dû s’employer à plusieurs reprises pour éviter un nouveau but blaugrana.
Au final, 3-1 et le Barça qui s’adjuge à nouveau la Coupe de la Reine, son 12e titre dans la compétition.

Joueuse Flashscore du match : Claudia Pina (Barcelone).
