"Dans ces moments-là, on peut compter sur Jude, il adore les matches à enjeu, cela fait ressortir le meilleur de lui", a affirmé Tuchel après la victoire 4-2 contre la Croatie lors du premier match de poules le 17 juin.
Et si c'était finalement sur son sélectionneur que les Three Lions pouvaient surtout compter ? Au fil des rencontres, le technicien allemand prouve qu'il maîtrise son sujet et donne de plus en plus d'espoir à une Angleterre qui rêve évidemment toujours de ramener le trophée à la maison…
D'emblée, le collectif de Tuchel a enchanté par ses intentions avec et sans ballon face aux Croates. Mais le soufflet est retombé ensuite lorsqu'on a retrouvé une équipe anglaise trop incapable d'emballer son match. Contre le Ghana (0-0) et le Panama (2-0), Harry Kane et ses coéquipiers ont tardé à faire la différence. Surtout, ils n'ont pas produit énormément sur le plan offensif, alors qu'ils affrontaient des sélections bien moins armées à tous les niveaux.
Cela n'a pas empêché la qualification pour la phase à élimination directe. Et la République démocratique du Congo a fait extrêmement peur à Tuchel et son staff. C'est leur N°9 et capitaine qui est parvenu à délivrer les siens (2-1). Là encore, l'animation de base de l'ex-entraîneur du Paris Saint-Germain n'a pas fait vraiment mouche. Néanmoins, c'est là que ça devient intéressant : il a su agir directement sur l'issue de la partie.
Et, il a de nouveau réalisé des changements victorieux en 8ᵉ de finale contre le Mexique dans une rencontre très difficile à manœuvrer (3-2).
Arrivé sur le banc de cette sélection anglaise il y a un an et demi, il devait parvenir à donner une identité de jeu plus reconnaissable à un collectif doté de nombreux talents assez extraordinaires. Par le passé, les Three Lions n'ont pas souvent su exploiter leurs qualités, Tuchel devait réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. L'Allemand de 52 ans est peut-être sur la route d'un succès inestimable…
Tuchel et ses coups d'avance...
Pendant plusieurs années – malgré les beaux parcours –, Gareth Southgate a probablement manqué d'une ligne de conduite claire pour soulever un trophée majeur.
Cela s'est vu lors de la Coupe du monde 2018 en demi-finale, puis lors des deux finales des Euro 2021 et 2024, ainsi que durant le quart de finale de la Coupe du monde 2022. Avec Thomas Tuchel, l'idée est de conjurer cette série tragique, puisque l'Angleterre n'a pas triomphé depuis son Mondial 1966.
Le pays qui a inventé le football veut (et doit) remettre l'église au centre du village en se hissant de nouveau au sommet de la hiérarchie. Maintenant, que faut-il faire pour y parvenir ? Battre la Norvège, puis potentiellement l'Argentine au tour suivant – qui aura lieu mercredi prochain. Avec Tuchel aux commandes, l'idée est de produire un football plus moderne où les efforts physiques ne sont pas comptés, où l'intensité est érigée comme consigne de chaque instant. Pour le moment, cela fonctionne plutôt bien, d'autant que Jude Bellingham et ses coéquipiers font preuve d'une abnégation à toute épreuve.
Le Mexique en a fait les frais, tout comme la RD Congo qui a craqué dans le dernier quart d'heure. Et pour permettre à Kane de mettre son doublé magistral, son sélectionneur a notamment fait rentrer un homme : Anthony Gordon.
Globalement, l'Angleterre peine à se montrer vraiment efficace sur les ailes. Pourtant, sur le papier, le réservoir est très qualitatif avec Bukayo Saka, Marcus Rashford, Noni Madueke et donc Gordon. En 16ᵉ, ce sont Rashford et Madueke, mais le premier a échoué devant le gardien adverse Lionel Mpasi-Nzau et le second n'a pas fait une bonne prestation. À l'heure de jeu, le nouveau joueur du FC Barcelone est rentré et a su faire la différence en onze minutes en délivrant un très bon centre, puis en trouvant son capitaine dans l'axe aux abords de la surface.
Un choix payant de Tuchel qui en a appelé un autre en 8ᵉ quand il a fallu défendre en nombre face aux assauts mexicains à la suite de l'expulsion de Jarell Quansah à la 54ᵉ minute de jeu. Avec un but d'avance à ce moment-là, puis deux six minutes plus tard grâce à Kane, les Three Lions ont résisté jusqu'au bout, malgré la réduction du score de Raul Jimenez.
C'est probablement le choix de faire rentrer le défenseur central de Newcastle Dan Burn à la place du milieu de terrain Elliot Anderson à la 75ᵉ qui a fait la différence.
Sur les nombreux centres du Mexique, le géant de 2,01 m a repoussé le siège dans un stade Azteca pourtant gonflé à bloc pour soutenir son équipe. C'est d'autant plus impactant quand on sait que le choix d'intégrer Burn dans le groupe a provoqué de nombreuses interrogations outre-Manche avant le début de la compétition.
Reste à savoir ce que Tuchel pourrait élaborer pour permettre à l'Angleterre de disputer seulement la quatrième demi-finale de son histoire en Coupe du monde… Un Allemand pourrait bientôt être le héros des Anglais.
