Au cœur de la polémique, une tribune publiée dans le média El Debate, dans laquelle l'ancien chef du gouvernement espagnol (Parti populaire, conservateur), analyse l'équipe de France, à quelques jours d'un choc contre la Roja, en demi-finale du Mondial (mardi).
Il estime que la France "dispose, en outre, d'un effectif de très haut niveau" toutefois "sans Français".
"L'équipe de France ne comprend que des Français. La France n'est pas une nation ethnique, elle n'a pas de couleur de peau ou de religion. C'est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N'en déplaise à la droite raciste", a vertement répliqué le patron du Parti socialiste Olivier Faure (sur X).
"Hier une sénatrice du Paraguay, maintenant l'ancien Premier ministre d'Espagne : ils ne peuvent pas s'empêcher d'exprimer un racisme crasseux pour tenter d'énerver notre belle équipe de France", a abondé son homologue du Parti communiste français, Fabien Roussel.
Des membres du gouvernement français ont aussi réagi.
"À chaque victoire des Bleus, les mêmes obsessions et insultes racistes ressurgissent. Ce ne sont pas des 'dérapages'. C'est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu'elle est", a tancé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou (Horizons), invitant la Fédération française de football à engager des "poursuites".
Sa collègue Aurore Bergé (Lutte contre les discriminations, Renaissance), a, elle, critiqué des "dérapages racistes répétés" : "Il est temps qu'ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère".
Également interrogé sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a estimé que si cette déclaration "est exacte", elle "est absolument inacceptable".
La sortie de l'ancien dirigeant espagnol, dont le gouvernement avait chuté en 2018 sur fond de poursuites pour financement illégal de son parti, a aussi fait réagir en Espagne.
Le ministre des Transports du gouvernement socialiste espagnol, Oscar Puente, l'a qualifié d'"idiot post-franquiste", n'ayant selon lui jamais été "modéré".
L'ambassade de France à Madrid a aussi réagi sur les réseaux sociaux : "Tous les joueurs de l'équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les trois qui sont nés à l'étranger sont également français".
