Les médias suisses célèbrent désormais Yakin sous le surnom de "YaKing" ou même de "Unique One". À 51 ans, il est passé du statut de sélectionneur national à celui de sujet de discussion internationale, suscitant l’enthousiasme par sa personnalité, son attitude et ses succès.
Vers le Match-Center : Suisse vs. Argentine
La Suisse écrit l’histoire de la Coupe du monde – et Yakin est au centre de l’attention
Sur le plan sportif, la Suisse a franchi un cap historique sous la direction de Yakin. La "Nati" a remporté pour la première fois deux matchs à élimination directe lors d’une Coupe du monde et se retrouve en quart de finale pour la première fois depuis 1954. Elle y affrontera le champion du monde Argentine et Lionel Messi, l’un des plus grands défis du tournoi.
L’attention ne se porte désormais plus uniquement sur l’équipe. Le Blick titrait, face à l’engouement international autour du sélectionneur : "Le monde entier s’extasie devant Murat Yakin." Le coach suisse est devenu le visage de la réussite et se retrouve soudainement au centre de la couverture médiatique.
Même en dehors du terrain, Yakin fait sensation. Son allure marquante, avec ses cheveux poivre et sel, son regard posé et ses lunettes remarquables, lui a déjà valu un statut culte lors de l’Euro 2024. Désormais, le Suisse est célébré dans le monde entier – la presse populaire parle du "renard argenté", dont l’attitude séduit les fans aux quatre coins du globe.
De l’outsider sur le banc à l’"YaKing" adulé
Qu’un jour Yakin atteigne un tel statut n’était pas prévisible lors de sa prise de fonction en 2021. L’ancien international a succédé au brillant Vladimir Petkovic, mais sa nomination n’était pas considérée comme le choix idéal. D’autres candidats comme Urs Fischer, Lucien Favre ou Arsène Wenger étaient également évoqués.
Le choix s’est finalement porté sur Yakin, qui a disputé 49 matchs internationaux pour la Suisse entre 1994 et 2004. Comme entraîneur, il arrivait du FC Schaffhausen, alors en deuxième division, et avait déjà connu plusieurs passages difficiles.
Le Tages-Anzeiger avait qualifié à l’époque la décision de la fédération suisse de choix courageux. Dans le même temps, certains soulignaient que Yakin devait vivre avec le reproche de ne pas faire partie des entraîneurs les plus travailleurs de sa profession. Le scepticisme l’a accompagné au début de son mandat.
Critiques, charisme et stratégie : le parcours singulier de Yakin vers le succès
Malgré les voix critiques, il est impossible de nier la réussite de Yakin avec la sélection suisse. L’entraîneur est considéré comme un stratège tactique avisé, qui, par son calme, contraste avec les moments d’émotion au sein du groupe.
Sa décontraction et son charisme lui donnent souvent l’image d’un point d’ancrage – même lorsque la pression est à son comble. Après le 1-1 contre le Qatar lors du match d’ouverture de la Coupe du monde, l’ambiance autour de l’équipe est devenue agitée, notamment à cause des propos forts du leader Granit Xhaka. Yakin et Xhaka ont toutefois répété à plusieurs reprises que leur relation était bonne.

"En tant qu’entraîneur, je joue sur tous les tableaux. Je fais preuve d’empathie et d’humour. Mais je peux aussi faire preuve de fermeté et prendre des décisions difficiles", a expliqué Yakin à propos de son style de management. Un nouveau défi attend désormais le stratège Yakin : sans doute la partie la plus exigeante de son parcours en Coupe du monde. Il devra trouver la bonne stratégie face à un adversaire qui compte un nom très particulier dans ses rangs : Lionel Messi.
La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.
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